Sommaire
Article publié le 21/09/2021 à 02:00 | Lu 1888 fois

Ined : le vieillissement des s'accélère en France et dans les pays développés (partie 1)




À partir des données démographiques de quarante pays à « longévité élevée »*, des chercheurs de l’Institut national d’études démographiques (Ined) soulignent les grandes évolutions à venir en matière de santé, de situations familiales ou encore, de transferts entre générations. Ils évoquent aussi, les défis liés par exemple, au financement des retraites ou à l’autonomie de nos anciens.


Photo Max Harlynking on Unsplash
On le sait le monde vieillit. Ainsi, d’ici trente ans, d’ici 2050, les Nations unies le doublement du nombre de personnes de 65 ans et plus dans le monde qui devrait passer de 700 millions en 2020 à 1,5 milliard d’ainés ! Dans le même temps, leur part dans la population mondiale augmenterait ainsi de 9% à 16%.
 
Avec la poursuite de l’allongement de l’espérance de vie et l’arrivée aux âges avancés des générations issues du baby-boom, la France compte actuellement trois aînés supplémentaires toutes les cinq minutes. Et ce qui est vrai dans l’Hexagone l’est aussi dans de nombreux pays du monde « créant de nouveaux équilibres auxquels les sociétés doivent s'adapter ».
 
La France n’est pas le pays le plus vieillissant
Le vieillissement de la population des pays développés repose sur une évolution démographique à plusieurs composantes : d’un côté, l’arrivée aux âges avancés des générations du baby-boom avec de surcroit, l’allongement de leur vie. Et de l’autre, les nombres de jeunes.
 
Selon l’Ined, sur l’ensemble des pays étudiés, les plus 65 ans sont près de quatre fois plus nombreuses en 2020 qu’en 1950, passant de 54 millions à 222 millions. Dans le même temps, la France a connu une augmentation soutenue de sa population âgée, avec une accélération importante depuis 2011.
 
Selon le scénario central de projection des Nations unies (relativement récent puisqu’il date de 2019), cette « croissance grise » devrait se poursuivre dans ces 40 pays dans les trois prochaines décennies : on compterait ainsi, en 2050 près de 324 millions de 65 ans et plus.
 
Cependant, compte-tenu du fait des effectifs des plus jeunes, relativement plus importants que dans d'autres pays (notamment avec une immigration soutenue), l’Hexagone ne devrait pas faire partie des pays où le vieillissement sera le plus impressionnant.

Dans ce contexte, la part des 65 ans et plus serait en 2050 de 28% en France contre 36% dans les pays du Sud de l'Europe et 38% au Japon et en Corée du Sud. Cette dernière surpasserait donc le Japon pour devenir le pays le plus « vieux » en 2050, alors qu’elle faisait partie des plus jeunes en 1950 !
 
Des années de vie en situation de perte d'autonomie « contenues »
Toujours selon cette enquête de l’Ined, la « notion d'âge évolue avec le vieillissement » : ainsi, on considère qu’en termes d'années "restant à vivre", les septuagénaires d'aujourd'hui sont semblables aux "sexagénaires" d'hier.
 
Par ailleurs, les années de vie gagnées au fil des décennies se sont accompagnées pour partie de troubles fonctionnels, car les progrès médicaux, sanitaires et sociaux ont permis à bien plus de personnes, y compris certaines fragiles, d'atteindre les grands âges, auxquels les problèmes de santé sont courants. Ces troubles entraînent parfois des difficultés dans certaines activités.
 
Pour autant, différentes études internationales semblent indiquer que les situations les plus complexes, conduisant à une perte d'autonomie, restent contenues alors que l'espérance de vie s'allonge.
 
La prévention et l'accompagnement des troubles courants pour en limiter l'impact sur les activités les plus élémentaires constituent ainsi des leviers pour limiter les situations de perte d'autonomie. Si la prévention de ces situations est un enjeu majeur aujourd'hui, leur prise en charge demeure une priorité des politiques publiques.