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Article publié le 05/03/2019 à 02:21 | Lu 1639 fois

INCa : nous ne sommes pas impuissants face aux cancers

Alors que le cancer est considéré par les Français comme étant la maladie la plus grave qui soit, l’Institut national du cancer (INCa) vient de lancer une grande campagne de communication qui rappelle que nous ne sommes pas impuissants face au cancer et qui revient sur les actions simples que chacun d’entre nous peut mettre en œuvre pour prévenir 40 % des cancers.


INCa : nous ne sommes pas impuissants face aux cancers
Chaque année en France près de 400 000 personnes sont touchées par un cancer et plus de 157.000 en décèdent. De fait, un tiers des Français reste persuadé qu’il n’y a aucun moyen pour éviter la maladie.
 
Or, la dernière étude menée par l’Institut national du cancer et le Centre international de recherche contre le Cancer (CIRC), publiée en juin 2018, confirme que chacun d’entre nous peut agir sur son risque de cancer grâce à des changements de comportements et habitudes de vie.
 
Le cancer reste, dans la perception des Français, la maladie la plus dangereuse. Dans le dernier baromètre cancer, les sondés citaient dans plus de 96% des cas, le cancer parmi les trois maladies les plus dangereuses devant le VIH-SIDA (40,5%) et les maladies cardio-vasculaires (31,5%).
 
Dans ce même Baromètre, l’évocation du cancer reste encore rattachée à la sémantique de la mort (après celle du champ médical). Il est associé à une maladie sévère et potentiellement mortelle (« décès », « incurable »).
 
Par ailleurs, des mots évocateurs de la sévérité de la maladie et de sa potentielle évolution négative (« métastase », « généralisé »), soulignent également que le danger associé au cancer demeure très présent.
 
Pourtant, sans occulter certains cancers qui restent de mauvais pronostic, notamment les cancers liés au tabac et/ou à l'alcool (poumon, oesophage, tête et cou...), des progrès considérables en termes de survie ont été réalisés.

Par ailleurs, un tiers des personnes interrogées pensent que « l’on ne peut rien faire pour éviter un cancer » alors que des changements de comportements et habitudes de vie individuels peuvent nous permettre de prévenir 40% des cancers.
 
Enfin, l’opinion selon laquelle le cancer est héréditaire reste majoritaire (61,7% d’opinion en ce sens, soit une augmentation de presque 10 points depuis 2010 où les perceptions semblaient plus partagées). En réalité, la part de cancers résultant de facteurs internes, liés à la transmission d’une mutation génétique prédisposant au cancer, est estimée à moins de 10%.
 
En 2017, plus d’un tiers (31,9 %) de la population métropolitaine âgée de 18 à 75 ans fumait encore au moins occasionnellement. Avec plus de 7.000 substances chimiques, dont 70 cancérogènes, le tabac est le premier facteur de risque de cancer. Chaque année, il est responsable de plus de 68.000 nouveaux cas de cancers et de 45.000 décès chez les adultes âgés de 30 ans et plus.
 
La durée du tabagisme est encore plus délétère que la quantité consommée. Pourtant, 33,7% des personnes interrogées, dans le Baromètre cancer 2015, continuent à penser que « fumer ne peut provoquer un cancer que si l’on fume beaucoup et longtemps ».

Par ailleurs, ils sont 70% à adhérer à l’idée que « le sport permet de se nettoyer les poumons » ou que « respirer l’air des villes est aussi mauvais pour la santé que de fumer des cigarettes ».
 
Le tabac peut être la cause directe ou un facteur favorisant pour 17 localisations de cancers. Si celui du poumon est largement évoqué par le grand public (80% de ces cancers sont provoqués par le tabac), ses effets délétères sur 16 autres localisations restent méconnus ; le tabac est notamment responsable de 70% des cancers des voies aérodigestives supérieures (bouche, larynx, pharynx, œsophage), de 50% des cancers de la vessie et de 30% des cancers du pancréas.
 
La meilleure stratégie pour réduire son risque individuel de cancers est de ne pas commencer à fumer, ou de s'arrêter.
 
La consommation d’alcool en France reste l’une des plus élevées d’Europe et dans le monde. En 2017, la quantité d’alcool par habitant âgé de 15 ans est de 11,7 litres par an, soit en moyenne 2 verres et demi « standard » ou « unité d’alcool » chaque jour, par habitant (un verre standard contient 10 g d’alcool pur).
 
Deuxième facteur de risque évitable de cancers, la consommation d’alcool est responsable, chaque année, de 28.000 nouveaux cas de cancers et de 16 000 décès en France.

Parmi les sept localisations de cancers attribuables à ce facteur de risque, l’alcool, quel que soit son type, est la cause de 8.081 cancers du sein, 6.654 cancers du côlon et du rectum, 5.675 cancers de la cavité buccale et du pharynx, 4.355 cancers du foie, 1.807 cancers de l’œsophage et 1.284 cancers du larynx.
 
La connaissance du risque de sa consommation sur la survenue d’un cancer reste insuffisante voire erronée au sein de la population française.
 
Les résultats du Baromètre cancer indiquent que les consommateurs quotidiens sont moins nombreux à la fois à percevoir un risque de cancer dans le cas d’une consommation journalière supérieure à 2 ou 3 verres et à considérer qu’il est important de réduire ou de limiter sa consommation d’alcool en cas de cancer.
 
Par ailleurs, 84,9 % des sondés pensent que « le principal risque avec l’alcool, sont les accidents de la route et la violence » ; les trois-quarts pensent que « boire des sodas ou manger des hamburgers est aussi mauvais pour la santé que de boire de l’alcool ».
 
Enfin, une personne sur deux adhère à l’affirmation selon laquelle « ce sont surtout les alcools forts qui sont mauvais pour la santé ». Or le risque de cancer intervient quel que soit le type d’alcool consommé. Pour diminuer efficacement son risque de cancers, il est recommandé de ne pas boire plus de 2 verres par jour et pas tous les jours.
 
En 2015 en France, parmi les adultes de 18 à 74 ans, 54% des hommes et 44% des femmes étaient en surpoids ou obèses. Les hommes ont plus tendance à être en surpoids que les femmes mais le nombre de personnes obèses est sensiblement égal pour les deux sexes. La même année, on estime à 18.000 le nombre de cancers attribuables à un excès de poids.
 
La nutrition intègre, selon la définition de l’OMS, l’alimentation, l’activité physique et inclut le statut nutritionnel de la personne (amaigrissement, poids normal, surpoids ou obésité). L’étude CIRC-INCa sur le poids des facteurs de risque de cancers montrent que 5,4% des cancers en France en 2015 sont attribuables à une alimentation déséquilibrée et 5,4 % au surpoids et à l’obésité.
 
Si une très large majorité (90,8%) des sondés pense que le rôle de l’alimentation dans la survenue d’un cancer est important, les perceptions sur les facteurs protecteurs ou les facteurs de risques de certains aliments varient.
 
Le caractère protecteur des fruits et légumes semble connu pour 58% des personnes interrogées, toutefois, elles sont 33,5% à penser que la viande rouge n’a pas d’influence sur le risque de cancer. Or la consommation de viandes rouges a été classée comme probablement cancérogène pour l’homme par le Centre international de Recherche contre le Cancer. Des études ont montré une association positive entre sa consommation et le développement d’un cancer colorectal.
 
Par ailleurs, le surpoids et l’obésité sont également largement perçus comme facteurs de risque de cancers pour 76% des personnes (+ 12 points par rapport au Baromètre cancer 2010). Toutefois, les personnes présentant un surpoids ou une obésité perçoivent moins ce risque que celles ayant une corpulence normale (respectivement 71,3%, 73,6% et 77,6%).
 
Ce décalage dans les perceptions de risque de cancers peut renforcer le sentiment d’impuissance face à la maladie. Pourtant, chaque concitoyen peut prévenir son risque de cancer en modifiant certains comportements et habitudes de vie.
 
Face à ces constats, l’INCa, en lien avec le ministère des Solidarité et de la Santé, poursuit ses actions de communication autour d’un message qu’il développe depuis 2016 : prévenir 40% des cancers. Pédagogique et factuelle, la campagne d’information qu’il déploie tout au long du mois de mars permet de lutter contre certaines idées reçues. Elle permet à chacun d’agir sur ses comportements en toute connaissance de cause.