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Article publié le 21/08/2019 à 09:04 | Lu 743 fois

Hypoglycémie : attention au sur-traitement

Pour les patients diabétiques, la prise de médicaments et le suivi de leur glycémie font partie du rythme de leur vie quotidienne. Toutefois, selon une nouvelle étude de la Mayo Clinic, aux États-Unis, plus de 2,3 millions de patients adultes sont probablement traitées de façon trop intensive. Cela a entrainé des milliers de visites aux services d'urgence qui auraient pu être évitées et des hospitalisations pour hypoglycémie (insuffisance de glucose dans le sang).


Hypoglycémie : attention au sur-traitement
L'équipe en charge de cette étude, dirigée par Rozalina McCoy, une endocrinologue et médecin traitant de la Mayo Clinic, a voulu comprendre les véritables conséquences du traitement de l’hypoglycémie à travers les États-Unis.
 
L'équipe a démontré qu'un traitement hypoglycémiant excessif était non seulement chose commune aux USA, mais que cela avait aussi directement contribué à 4.774 hospitalisations et à 4.804 visites aux urgences en deux ans. « Il est important de noter que ces chiffres représentent une sous-estimation importante de l'ampleur réelle des épisodes d'hypoglycémie induits par le surtraitement » précise le Dr McCoy.
 
Les personnes atteintes de diabète peuvent présenter une hypoglycémie pour de nombreuses raisons. Selon la Dr McCoy, les personnes les plus exposées sont celles qui souffrent de plusieurs maladies chroniques, les plus âgées, celles qui sont atteintes de diabète de type 1 ou qui suivent des traitements à base d'insuline ou de sulfonylurées.
 
« Alors que certains épisodes d'hypoglycémie sont inévitables, surtout s'ils sont causés par des facteurs de risque indépendant de notre volonté tels que le besoin d'un traitement d'insuline, d'autres pourraient être évités, comme ceux provoqués par un surtraitement », a-t-elle déclaré.
 
Une augmentation persistante des taux de glucose sanguin accentue les risques de complications du diabète, comme les maladies cardiovasculaires, la rétinopathie (maladie des yeux), la néphropathie (maladie des reins) et la neuropathie. Les médicaments destinés à baisser le glucose réduisent énormément ces risques mais le programme de soins devrait être individuel et basé sur des données, poursuit le Dr McCoy.
 
Et de préciser : « Il est important non seulement de veiller à ne pas sous-traiter nos patients atteints de diabète, mais de ne pas les sur-traiter non plus, car les traitements insuffisants comme les traitements excessifs peuvent nuire à nos patients ».
 
 « L'hypoglycémie, ou un taux de glucose trop bas dans le sang, est l'un des effets indésirables graves les plus courants du traitement du diabète. Il entraîne des effets néfastes immédiats et à long terme sur les patients qui en souffrent » déclare le Dr McCoy.

« Une hypoglycémie grave, définie par la nécessité du patient d'avoir une personne pour l'aider à se soigner en cas d'épisodes d'hypoglycémie, est associée à un risque accru de décès, de maladies cardiovasculaires, de troubles cognitifs, de chutes et fractures et d'une mauvaise qualité de vie. »
 
Afin d'avoir une vision plus approfondie, l'enquête a également sous-classé les patients comme complexes sur le plan clinique si le patient :
• Était âgé de 75 ans ou plus
• Avait au moins deux ou plus limitations des activités quotidiennes, telles que l'impossibilité de se vêtir, de se nourrir, de se promener d'une pièce à l'autre, d'aller au lit ou de se lever du lit
• Avait une maladie des reins au stade final
• Avait trois ou plus maladies chroniques
Sur 10,7 millions de patients, un tiers (32,3%) était sur le plan clinique complexe. Bien que cela ne semblait pas un facteur déterminant, le fait de savoir si la personne était traitée de manière intensive, aurait donné une information majeure remarque la Dr McCoy.
 
« Les personnes âgées et les personnes que nous considérons complexes sur le plan clinique ont plus de risques de développer une hypoglycémie, aussi bien que d'être victime d'épisodes indésirables dus à un traitement intensif ou excessif. Mais en même temps, il est peu probable que ces patients bénéficient d'un traitement intensif plutôt que d'un contrôle glycémique mesuré » affirme encore le Dr McCoy.
 
Les résultats de cette étude ont été publiés en ligne le 15 août dans le journal Mayo Clinic Proceedings.