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Article publié le 18/04/2018 à 01:00 | Lu 1817 fois

Hypersensibilité électromagnétique : vers une meilleur prise en charge

Téléphones portables, antennes relais et wifi... Depuis le début des années 1980, la littérature scientifique rapporte des cas de personnes se plaignant de troubles divers qu'elles attribuent à une exposition à des champs électromagnétiques. L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) vient d'y consacrer une expertise approfondie.


Les observations
Fatigue, troubles du sommeil, anxiété, nausées, irritabilité, troubles de l'attention et de la mémoire, isolement social, sont les principaux maux que les personnes souffrant d'électrohypersensibilité (EHS) attribuent à leur exposition aux radiofréquences des téléphones portables, antennes relais et wifi.
 
Afin de répondre à leurs préoccupations, l'Anses vient de publier une expertise basée sur l'analyse de la littérature scientifique publiée au cours des quinze dernières années, sur l'audition de médecins hospitaliers et généralistes, de chercheurs, d'associations et de personnes concernées, ainsi que sur les données issues de commentaires complémentaires recueillis lors d'une consultation publique ouverte du 27 juillet au 15 octobre 2016.
 
Cette expertise met en évidence la grande complexité de la question de l'électrohypersensibilité. En effet, il n'existe pas, à ce jour, de critères de diagnostic validés ni de preuves expérimentales solides permettant d'établir un lien de causalité entre l'exposition aux champs électromagnétiques et les symptômes décrits par les personnes se déclarant EHS.
 
À noter : l'électrohypersensibilité (EHS) est également appelée intolérance environnementale idiopathique attribuée aux champs électromagnétiques (IEI-CEM).
 
Les recommandations de l'Anses
Parmi les recommandations aux pouvoirs publics :
- pérenniser le financement de l'effort de recherche, notamment fondamentale, sur les effets sanitaires des radiofréquences et sur l'EHS en particulier ;
- soutenir la mise en place d'infrastructures de recherche adaptées à l'EHS ;
- veiller à la réduction des niveaux d'exposition pour la population générale.
 
Parmi les recommandations aux acteurs sanitaires et sociaux :
- développer la formation des médecins sur la problématique des effets des radiofréquences sur la santé et mettre à leur disposition des informations leur permettant de répondre aux attentes des personnes se déclarant EHS ;
- demander à la Société française de médecine du travail d'étudier la faisabilité d'un guide de bonnes pratiques de prise en charge des personnes se déclarant EHS en milieu professionnel ;
- demander à la Haute autorité de santé (HAS) d'examiner la pertinence de formuler des recommandations de prise en charge adaptées aux personnes se déclarant EHS et de développer la formation des professionnels de santé et des acteurs sociaux à l'accueil et à l'écoute des personnes, ainsi qu'à la prise en compte, dans leurs pratiques, des questions et attentes de ces personnes notamment en ce qui concerne leur qualité de vie ;
- favoriser le rapprochement et la coordination des acteurs impliqués dans la prise en charge des personnes se déclarant EHS (médecins, centres de consultation de pathologies professionnelles et environnementales -CCPP-, Maisons départementales des personnes handicapées -MDPH-, etc.).

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