HAS : quels diagnostic et prise en charge en cas d'épaule douloureuse ?

Particulièrement fréquentes et gênantes au quotidien, les douleurs de l'épaule sont dans près 70% des cas liées aux pathologies de la coiffe des rotateurs (tendinopathie, rupture…). Or, les études effectuées par l'Assurance Maladie et la HAS montrent que la prise en charge de la tendinopathie de la coiffe des rotateurs est souvent inadaptée, avec un recours trop fréquent à la chirurgie... D’où ces nouvelles recommandations.


Avant d’aller plus loin, rappelons que la coiffe des rotateurs est un ensemble musculaire et tendineux qui joue un rôle crucial dans notre épaule. Pour ses mouvements et sa stabilité.
 
Comme on le sait, les atteintes dégénératives deviennent fréquentes et augmentent avec l'avancée en âge. Si elles ne sont pas toujours symptomatiques, elles le deviennent un jour ou l’autre et représentent jusqu'à 70% des douleurs d'épaule.
 
Les patients peuvent alors présenter une douleur, une raideur ou une faiblesse de l'épaule, ce qui retentit sur la vie quotidienne…Ainsi, en 2019, les atteintes de la coiffe des rotateurs représentaient près du tiers des maladies professionnelles reconnues.
 
Alors que la HAS a déjà émis trois recommandations pour améliorer la prise en charge de cette pathologie, l'Assurance Maladie a constaté en 2016 qu'elles n'étaient pas suffisamment suivies. En effet, un quart des patients était opéré de la coiffe des rotateurs sans avoir reçu, au préalable, le traitement médical adapté.
 
La HAS met donc en place de nouvelles recommandations pour améliorer les soins prodigués aux patients souffrant de douleurs de l'épaule. Elle rappelle l'importance de l'examen clinique, essentiel pour poser un diagnostic et recommande la mise en place de traitements non chirurgicaux (médicamenteux et non médicamenteux) pour optimiser leur prise en charge.
 
Devant une épaule douloureuse récente et non traumatique, il convient de prioriser l'examen clinique pour poser un diagnostic, éliminer les diagnostics alternatifs et évaluer le retentissement des symptômes sur le quotidien du patient.
 
La prescription d'imagerie ne doit être envisagée que si l'examen clinique conduit à suspecter une pathologie sévère. En première intention, il est recommandé de procéder à des radiographies de l'épaule douloureuse afin de rechercher des calcifications et d'autres pathologies pouvant expliquer la douleur.
 
En l'absence d'élément évocateur d'une pathologie sévère à l'examen clinique, et sachant qu'environ un quart des douleurs d'épaule s'amélioreront spontanément en 4 à 6 semaines, ces radiographies sont indiquées en cas de persistance des symptômes au-delà de ce laps de temps, avec ou sans traitement. En l'absence de nouveaux événements cliniques, il n'est pas nécessaire de les renouveler.
 
En premier lieu, la HAS rappelle que la chirurgie n'a pas d'intérêt dans la tendinopathie non rompue de la coiffe des rotateurs. Elle recommande l'association d'un traitement médicamenteux et non médicamenteux (kinésithérapie, éducation et conseils de prévention) prescrit en plusieurs étapes, selon l'évolution des symptômes.
 
Le recours à un médecin spécialiste de l'épaule (rhumatologue, médecin de médecine physique et de réadaptation, médecin du sport ou chirurgien orthopédique) est utile en l'absence d'évolution favorable des symptômes.
 
Si le traitement par kinésithérapie et injections de dérivés cortisonés échoue, une échographie de l'épaule peut être prescrite pour affiner le diagnostic et adapter la prise en charge thérapeutique.
 
Dans les cas où l'échographie ne fournit pas une explication satisfaisante des symptômes ou en présence d'une forte suspicion de rupture tendineuse, une IRM, réalisée par un radiologue peut être envisagée, sauf en cas de contre-indication à l'IRM.

Publié le 22/09/2023 à 01:00 | Lu 3073 fois