Quel est le sujet du film ?
Gloria Bell parle d’une femme d’un certain âge et, d’une certaine manière, on pourrait croire qu’elle ne « mérite » pas qu’on lui consacre un film. Mais le film ne cesse de lui dire « Vous méritez un film ! Vous êtes un film ! ».
Du coup, Gloria Bell s’apparente à une lettre d’amour adressée à la protagoniste mais il s’agit aussi d’une étude psychologique si bien qu’on perçoit sa part d’ombre et de lumière.
Y a-t-il une filiation entre Gloria, que vous avez tourné en 2013, et Gloria Bell ?
J’ai bien entendu tourné Gloria sans me douter que j’allais en réaliser une nouvelle version cinq ans plus tard. Avec le recul, j’ai aujourd’hui l’impression qu’en 2013, Gloria était un peu en avance sur son temps et qu’il préfigurait, en quelque sorte, la place centrale des femmes dans notre société.
Et j’ai le sentiment que cette nouvelle version est totalement ancrée dans son époque parce que nous avons eu cinq ans de débats et que l’aspiration des femmes d’un certain âge à être entendues, vues et respectées – et leur revendication à jouir de la vie – a soudain un caractère d’urgence.
Votre point de vue a-t-il évolué depuis l’époque du premier Gloria ?
Je ne sais pas si mon point de vue a tant changé que ça, mais le débat autour du sujet qu’aborde le film a évolué. C’est mon sentiment.
Comment la rencontre avec Julianne Moore s’est-elle passée ?
J’habitais à Berlin et on s’est vus à Paris, où elle était de passage. J’ai été très touché par sa passion pour Gloria et sa compréhension intime du personnage : elle était prête à tourner le remake du film à condition que je le réalise ! Après lui avoir expliqué que j’avais deux autres films à tourner, je lui ai demandé de me donner le temps de réécrire le scénario en anglais et de le transposer dans le contexte de Los Angeles.
Après ce rendez-vous, j’étais à la fois enthousiaste et terrorisé –car qui tourne son propre remake ? Mais je pense que les tournages d’Une femme fantastique et de Désobéissance m’ont aidé car j’avais désormais le sentiment d’avoir davantage de légitimité morale à m’attaquer moi-même au remake.
À donner une nouvelle vie à ce personnage grâce à une actrice épatante et à faire en sorte que cette histoire soit ancrée dans son époque. Après avoir vaincu mes appréhensions initiales à l’idée de diriger Julianne, je me suis surtout attaché à insuffler de la vie dans le film. Ce projet est donc né de manière très naturelle et n’était pas motivé par des raisons stratégiques.
J’étais très emballé et très ému par le postulat de départ et c’est toujours le signe qu’on va dans la bonne direction. Par ailleurs, nous avons rencontré pas mal d’obstacles et je sentais que je n’avais pas mes repères habituels – et j’aime être bousculé.
Parlez-nous de John Turturro, qui campe Arnold, et de sa relation avec Gloria.
Je dirais que Gloria Bell est l’histoire d’une femme d’un certain âge en quête de sens ou d’amour en dehors d’elle et qui, à la fin de son périple, est prête à fouiller en elle-même. Du coup, au début, on la voit danser en observant les hommes autour d’elle, et à la fin, elle danse dans un tout autre lieu, seule.
Cette évolution résume la simplicité et la complexité de sa trajectoire. Au cours de sa quête, elle rencontre Arnold, ils se plaisent et il y a quelque chose chez lui qui la touche profondément. J’adore l’alchimie qui se produit entre ces deux comédiens. Cette étincelle qu’on remarque quand ils dansent ou qu’ils passent un bon moment.
Arnold écoute Gloria avec attention, il semble sincèrement s’attacher à elle et de toute évidence il commence à éprouver des sentiments à son égard. Ils se rapprochent mais il y a des choses qu’il ne dévoile pas et qui paraissent liées à son passé.
Peu à peu, ce passé ressurgit. Et lorsque ce passé le rattrape, Gloria est dévastée et doit trouver le moyen de se relever une fois encore. J’étais franchement emballé par la perspective que John campe Arnold, d’autant que c’était un choix inattendu et qu’ils allaient se donner la réplique pour la première fois au cinéma.
Gloria Bell parle d’une femme d’un certain âge et, d’une certaine manière, on pourrait croire qu’elle ne « mérite » pas qu’on lui consacre un film. Mais le film ne cesse de lui dire « Vous méritez un film ! Vous êtes un film ! ».
Du coup, Gloria Bell s’apparente à une lettre d’amour adressée à la protagoniste mais il s’agit aussi d’une étude psychologique si bien qu’on perçoit sa part d’ombre et de lumière.
Y a-t-il une filiation entre Gloria, que vous avez tourné en 2013, et Gloria Bell ?
J’ai bien entendu tourné Gloria sans me douter que j’allais en réaliser une nouvelle version cinq ans plus tard. Avec le recul, j’ai aujourd’hui l’impression qu’en 2013, Gloria était un peu en avance sur son temps et qu’il préfigurait, en quelque sorte, la place centrale des femmes dans notre société.
Et j’ai le sentiment que cette nouvelle version est totalement ancrée dans son époque parce que nous avons eu cinq ans de débats et que l’aspiration des femmes d’un certain âge à être entendues, vues et respectées – et leur revendication à jouir de la vie – a soudain un caractère d’urgence.
Votre point de vue a-t-il évolué depuis l’époque du premier Gloria ?
Je ne sais pas si mon point de vue a tant changé que ça, mais le débat autour du sujet qu’aborde le film a évolué. C’est mon sentiment.
Comment la rencontre avec Julianne Moore s’est-elle passée ?
J’habitais à Berlin et on s’est vus à Paris, où elle était de passage. J’ai été très touché par sa passion pour Gloria et sa compréhension intime du personnage : elle était prête à tourner le remake du film à condition que je le réalise ! Après lui avoir expliqué que j’avais deux autres films à tourner, je lui ai demandé de me donner le temps de réécrire le scénario en anglais et de le transposer dans le contexte de Los Angeles.
Après ce rendez-vous, j’étais à la fois enthousiaste et terrorisé –car qui tourne son propre remake ? Mais je pense que les tournages d’Une femme fantastique et de Désobéissance m’ont aidé car j’avais désormais le sentiment d’avoir davantage de légitimité morale à m’attaquer moi-même au remake.
À donner une nouvelle vie à ce personnage grâce à une actrice épatante et à faire en sorte que cette histoire soit ancrée dans son époque. Après avoir vaincu mes appréhensions initiales à l’idée de diriger Julianne, je me suis surtout attaché à insuffler de la vie dans le film. Ce projet est donc né de manière très naturelle et n’était pas motivé par des raisons stratégiques.
J’étais très emballé et très ému par le postulat de départ et c’est toujours le signe qu’on va dans la bonne direction. Par ailleurs, nous avons rencontré pas mal d’obstacles et je sentais que je n’avais pas mes repères habituels – et j’aime être bousculé.
Parlez-nous de John Turturro, qui campe Arnold, et de sa relation avec Gloria.
Je dirais que Gloria Bell est l’histoire d’une femme d’un certain âge en quête de sens ou d’amour en dehors d’elle et qui, à la fin de son périple, est prête à fouiller en elle-même. Du coup, au début, on la voit danser en observant les hommes autour d’elle, et à la fin, elle danse dans un tout autre lieu, seule.
Cette évolution résume la simplicité et la complexité de sa trajectoire. Au cours de sa quête, elle rencontre Arnold, ils se plaisent et il y a quelque chose chez lui qui la touche profondément. J’adore l’alchimie qui se produit entre ces deux comédiens. Cette étincelle qu’on remarque quand ils dansent ou qu’ils passent un bon moment.
Arnold écoute Gloria avec attention, il semble sincèrement s’attacher à elle et de toute évidence il commence à éprouver des sentiments à son égard. Ils se rapprochent mais il y a des choses qu’il ne dévoile pas et qui paraissent liées à son passé.
Peu à peu, ce passé ressurgit. Et lorsque ce passé le rattrape, Gloria est dévastée et doit trouver le moyen de se relever une fois encore. J’étais franchement emballé par la perspective que John campe Arnold, d’autant que c’était un choix inattendu et qu’ils allaient se donner la réplique pour la première fois au cinéma.




