Les évolutions intervenues dans le champ de la maladie d’Alzheimer et des maladies apparentées depuis les années 1980 touchent à quatre grandes problématiques : la perception de la personne malade, le parcours de soin, la recherche scientifique, l’aide aux aidants familiaux. Pour chacun de ces thèmes, ce document propose une synthèse non exhaustive des faits marquants et évolutions de fond sur la période. Ces repères thématiques sont complémentaires aux repères chronologiques.
1/ la perception de la personne malade
- Dans les années 1980, la maladie était considérée comme une conséquence naturelle de la vieillesse. On parlait alors communément de « démence sénile » et « démence sénile précoce » pour les malades jeunes. Le mot « Alzheimer » était rarement prononcé. La lutte contre ces vocables très connotés a contribué à faire évoluer positivement le regard de la société sur les personnes malades.
- La réflexion éthique sur la maladie s’est développée, avec notamment pour objectifs d’assurer le respect de l’humanité de la personne malade et de lutter contre la maltraitance. Au fil des ans s’est affirmée l’idée que la personne malade était un sujet et non un objet passif de soins.
- La maladie, au départ cantonnée à l’espace intime de la famille, est progressivement devenue un enjeu de société. Les médias se sont progressivement emparés du sujet. Les trois Plans Alzheimer successifs ont érigé la maladie au rang de priorité de santé publique.
- Avec son inscription sur la liste des affections de longue durée de la Sécurité sociale en 2004, la maladie d’Alzheimer a été reconnue comme une maladie à part entière, non réductible à une conséquence naturelle du vieillissement.
2 Le parcours de soin
- Au début des années 1980, deux nouvelles disciplines on émergé : la gériatrie et la gérontologie. La gériatrie s’intéresse aux maladies associées au vieillissement. La gérontologie est la science touchant l’étude de la vieillesse sous tous ses aspects, biologiques, psychologiques, ou sociaux.
- Dans les années 1980, la maladie n’était pas aisément identifiable. La maladie était diagnostiquée à un stade dévolution avancé, et le diagnostic était rarement annoncé à la famille. Le premier Plan Alzheimer (2001-2005) a mené à la création des premières consultations mémoire, lieux référents de diagnostic et de suivi. Le troisième Plan Alzheimer (2008-2012) prévoit la généralisation de ces consultations sur tout le territoire. Le diagnostic est une voie d’entrée vers un encadrement médico-social adapté.
- En 1985, il n’existait aucun médicament disponible contre la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées. Il en aujourd’hui quatre. Depuis 2004, les soins médicaux et paramédicaux (médicaments, examens, orthophonie, kinésithérapie, soins infirmiers à domicile) sont remboursés par la Sécurité sociale à 100%.
- Les thérapies non médicamenteuses se sont développées. Elles font intervenir des orthophonistes, des psychologues et neuropsychologues, des psychomotriciens, des artthérapeutes, ergothérapeutes, etc.
- Dans les années 1980, hormis quelques lieux de vie type « Cantou », les structures d’accueil dédiées aux personnes malades étaient inexistantes. Les maisons de retraite étaient encore réservées aux « personnes valides et semi-valides ». N’étant pas du tout médicalisées, elles ne pouvaient accueillir les personnes malades d’Alzheimer. Celles-ci étaient souvent accueillies dans les hôpitaux psychiatriques.
- Le mouvement de médicalisation des établissements s’est amorcé, de grandes disparités subsistant toutefois entre les établissements. La mise de en place de conventions tripartites, signées entre l’établissement, l’assurance-maladie et le conseil général, a transformé les établissements en EHPAD : établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes. Les grilles PATHOS et AGGIR ont permis de mettre en adéquation les besoins des personnes accueillies et les réponses apportées. La tendance sur la période est à l’homogénéisation des pratiques et des standards en établissement.
3/ La recherche scientifique
- L’imagerie à résonance magnétique (IRM) a fait son apparition en milieu hospitalier au début des années 1980. Cette technologie permet d'avoir une vue en deux ou trois dimensions du cerveau. Elle n’a cessé de s’améliorer, permettant ainsi, avec le développement des marqueurs biologiques, d’affiner le diagnostic précoce et d’identifier les altérations morphologiques du cerveau.
- 1984/1985 : identification du peptide A-Bêta responsable de la formation des plaques amyloïdes, l’une des deux lésions caractéristiques de la maladie d’Alzheimer.
- 1985 : identification de la protéine Tau, responsable des dégénérescences neurofibrillaires, l’autre lésion caractéristique de la maladie d’Alzheimer.
- 1991 : identification du premier gène précurseur de l’APP sur le chromosome 21. Ce gène est présent dans la majorité la majorité des cas de la forme héréditaire de la maladie d’Alzheimer, qui concerne moins de 2% des personnes malades.
- En 1994, le premier médicament disponible contre la maladie (Cognex®) est apparu sur le marché français. Il a servi de catalyseur à l’implication des médecins (gériatres et neurologues) dans la prise en soins des personnes malades.
- En 2001, un traitement par immunothérapie - un « vaccin » - est testé sur des êtres humains, après une étude prometteuse sur des souris. L’étude est arrêtée car 18 des 298 des personnes participantes ont développé une méningo-encéphalite. Le recherche sur les traitements par immunothérapie se poursuit en 2010 (voir pour plus de détails, voir le document joint au dossier « Trois enjeux pour demain »).
- Les chercheurs ont développé les modèles animaux pour affiner les connaissances de la maladie.
4/ L’aide aux aidants familiaux
- Dans les années 1980, la notion de répit n’existait pas. Le répit de l’aidant commence aujourd’hui à être pris en considération mais la France continue à enregistrer un lourd déficit dans les établissements et services dédiés au répit, accueils de jour en particulier. Le troisième Plan Alzheimer est censé combler ce déficit.
- France Alzheimer a largement contribué à faire reconnaître le rôle crucial que jouent les aidants familiaux auprès des personnes malades. La reconnaissance officielle des aidants familiaux a été initiée par la loi du 11 février 2005 mais elle reste encore incomplète.
- La formation des aidants familiaux, mise en place sur tout le territoire par France Alzheimer dans le cadre du troisième Plan Alzheimer, améliore la transmission de compétences aux familles qui, auparavant, se faisait de manière plus informelle, souvent entre familles.
1/ la perception de la personne malade
- Dans les années 1980, la maladie était considérée comme une conséquence naturelle de la vieillesse. On parlait alors communément de « démence sénile » et « démence sénile précoce » pour les malades jeunes. Le mot « Alzheimer » était rarement prononcé. La lutte contre ces vocables très connotés a contribué à faire évoluer positivement le regard de la société sur les personnes malades.
- La réflexion éthique sur la maladie s’est développée, avec notamment pour objectifs d’assurer le respect de l’humanité de la personne malade et de lutter contre la maltraitance. Au fil des ans s’est affirmée l’idée que la personne malade était un sujet et non un objet passif de soins.
- La maladie, au départ cantonnée à l’espace intime de la famille, est progressivement devenue un enjeu de société. Les médias se sont progressivement emparés du sujet. Les trois Plans Alzheimer successifs ont érigé la maladie au rang de priorité de santé publique.
- Avec son inscription sur la liste des affections de longue durée de la Sécurité sociale en 2004, la maladie d’Alzheimer a été reconnue comme une maladie à part entière, non réductible à une conséquence naturelle du vieillissement.
2 Le parcours de soin
- Au début des années 1980, deux nouvelles disciplines on émergé : la gériatrie et la gérontologie. La gériatrie s’intéresse aux maladies associées au vieillissement. La gérontologie est la science touchant l’étude de la vieillesse sous tous ses aspects, biologiques, psychologiques, ou sociaux.
- Dans les années 1980, la maladie n’était pas aisément identifiable. La maladie était diagnostiquée à un stade dévolution avancé, et le diagnostic était rarement annoncé à la famille. Le premier Plan Alzheimer (2001-2005) a mené à la création des premières consultations mémoire, lieux référents de diagnostic et de suivi. Le troisième Plan Alzheimer (2008-2012) prévoit la généralisation de ces consultations sur tout le territoire. Le diagnostic est une voie d’entrée vers un encadrement médico-social adapté.
- En 1985, il n’existait aucun médicament disponible contre la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées. Il en aujourd’hui quatre. Depuis 2004, les soins médicaux et paramédicaux (médicaments, examens, orthophonie, kinésithérapie, soins infirmiers à domicile) sont remboursés par la Sécurité sociale à 100%.
- Les thérapies non médicamenteuses se sont développées. Elles font intervenir des orthophonistes, des psychologues et neuropsychologues, des psychomotriciens, des artthérapeutes, ergothérapeutes, etc.
- Dans les années 1980, hormis quelques lieux de vie type « Cantou », les structures d’accueil dédiées aux personnes malades étaient inexistantes. Les maisons de retraite étaient encore réservées aux « personnes valides et semi-valides ». N’étant pas du tout médicalisées, elles ne pouvaient accueillir les personnes malades d’Alzheimer. Celles-ci étaient souvent accueillies dans les hôpitaux psychiatriques.
- Le mouvement de médicalisation des établissements s’est amorcé, de grandes disparités subsistant toutefois entre les établissements. La mise de en place de conventions tripartites, signées entre l’établissement, l’assurance-maladie et le conseil général, a transformé les établissements en EHPAD : établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes. Les grilles PATHOS et AGGIR ont permis de mettre en adéquation les besoins des personnes accueillies et les réponses apportées. La tendance sur la période est à l’homogénéisation des pratiques et des standards en établissement.
3/ La recherche scientifique
- L’imagerie à résonance magnétique (IRM) a fait son apparition en milieu hospitalier au début des années 1980. Cette technologie permet d'avoir une vue en deux ou trois dimensions du cerveau. Elle n’a cessé de s’améliorer, permettant ainsi, avec le développement des marqueurs biologiques, d’affiner le diagnostic précoce et d’identifier les altérations morphologiques du cerveau.
- 1984/1985 : identification du peptide A-Bêta responsable de la formation des plaques amyloïdes, l’une des deux lésions caractéristiques de la maladie d’Alzheimer.
- 1985 : identification de la protéine Tau, responsable des dégénérescences neurofibrillaires, l’autre lésion caractéristique de la maladie d’Alzheimer.
- 1991 : identification du premier gène précurseur de l’APP sur le chromosome 21. Ce gène est présent dans la majorité la majorité des cas de la forme héréditaire de la maladie d’Alzheimer, qui concerne moins de 2% des personnes malades.
- En 1994, le premier médicament disponible contre la maladie (Cognex®) est apparu sur le marché français. Il a servi de catalyseur à l’implication des médecins (gériatres et neurologues) dans la prise en soins des personnes malades.
- En 2001, un traitement par immunothérapie - un « vaccin » - est testé sur des êtres humains, après une étude prometteuse sur des souris. L’étude est arrêtée car 18 des 298 des personnes participantes ont développé une méningo-encéphalite. Le recherche sur les traitements par immunothérapie se poursuit en 2010 (voir pour plus de détails, voir le document joint au dossier « Trois enjeux pour demain »).
- Les chercheurs ont développé les modèles animaux pour affiner les connaissances de la maladie.
4/ L’aide aux aidants familiaux
- Dans les années 1980, la notion de répit n’existait pas. Le répit de l’aidant commence aujourd’hui à être pris en considération mais la France continue à enregistrer un lourd déficit dans les établissements et services dédiés au répit, accueils de jour en particulier. Le troisième Plan Alzheimer est censé combler ce déficit.
- France Alzheimer a largement contribué à faire reconnaître le rôle crucial que jouent les aidants familiaux auprès des personnes malades. La reconnaissance officielle des aidants familiaux a été initiée par la loi du 11 février 2005 mais elle reste encore incomplète.
- La formation des aidants familiaux, mise en place sur tout le territoire par France Alzheimer dans le cadre du troisième Plan Alzheimer, améliore la transmission de compétences aux familles qui, auparavant, se faisait de manière plus informelle, souvent entre familles.




