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Article publié le 19/05/2020 à 01:00 | Lu 1361 fois

Être grincheux ou mal luné protégerait-il de la maladie d'Alzheimer ?




On se souvient tous du vieux monsieur grincheux du dessin animé Là-haut, de Disney, sortir il y a une dizaine d’années… Eh bien selon une récente étude suisse, ce papi grognon auront moins de risque de développer la maladie d’Alzheimer !


On le sait déjà depuis quelques années, la maladie d’Alzheimer (et les pathologies neuro-dégénératrices) concernent très majoritairement les plus de 65.

Et si l’on ne connait pas exactement les causes exactes on sait que certains facteurs augmentent les risques de développer cette  maladie : à part l’âge, être une femme, un faible niveau d’éducation, une HTA non traitée, le diabète, les troubles du sommeil, des problèmes cardiovasculaires, des antécédents familiaux et des épisodes dépressifs non traités.
 
A l’inverse, on sait aussi que les relations sociales avec les autres, la pratique d’un ou plusieurs langues étrangères, les jeux qui font fonctionner nos cellules grises, certaines thérapies douces peuvent limiter les risques de développer la maladie et/ou ralentir sa progression.
 
Désormais, il semblerait également qu’être grognons protège aussi notre cerveau ! C’est en tout cas ce que des chercheurs suisses de l’Université de Genève et des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) ont observé lors de leur dernière étude !
 
Pour parvenir à ce constat, ces scientifiques ont utilisé « l’imagerie cérébrale couplée à des entretiens d’évaluation psycho-cognitive sur plusieurs années sur une cohorte de personnes âgées que certains traits de personnalité protégeaient les structures cérébrales contre la neuro-dégénérescence ».
 
Ainsi, selon les résultats de cette étude, « les personnes peu agréables mais dotées d’une curiosité naturelle et peu conformistes montrent une meilleure préservation des régions du cerveau qui s’atrophient habituellement, tant dans le vieillissement normal que dans la maladie d’Alzheimer ».
 
De plus, cette protection contre la maladie ne se manifesterait pas n’importe où, mais précisément dans les circuits de la mémoire, ceux-là mêmes endommagés par la maladie d’Alzheimer !
 
Reste maintenant à savoir pourquoi ! Ce à quoi va s’attacher cette équipe de chercheur… Comment utiliser ces résultats dans une optique de prévention? « S’il paraît difficile de modifier profondément sa personnalité, surtout à un âge avancé, sa prise en compte dans une optique de médecine personnalisée est essentielle afin de pondérer tous les facteurs de protection et de risque face à la maladie d’Alzheimer. C’est un élément important d’un puzzle complexe » concluent les auteurs.
 
Ces résultats sont parus dans la revue Neurobiology of Aging.
 
La maladie d’Alzheimer, principale cause de démence chez les personnes âgées, est une maladie neurodégénérative due à la destruction irréversible des réseaux neuronaux dans certaines structures cérébrales affectant notamment la mémoire. Elle touche près de 900.000 personnes en France et ne cesse de progresser, accentuée par le phénomène de vieillissement de la population.