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Article publié le 15/07/2021 à 01:00 | Lu 1100 fois

Être grand-parent de nos jours : grand sondage Notre Temps




Depuis plus d’un an, les grands-parents ont du jonglé avec l’obligation de se protéger tout en assurant le besoin vital de rester en relation avec les leurs et en continuant à jouer leur rôle pivot au sein de la famille. Une situation qui a généré de la frustration mais qui n’a pas n'altéré pas la puissance ni le bonheur des liens familiaux. Le point avec ce sondage Notre Temps de l’IFOP avec l’EGPE*.


Selon ce récent sondage, une large majorité (83%) des grands-parents (sans trop de surprise d’ailleurs) a moins vu ou n’a pas vu du tout leurs petits-enfants durant cette crise sanitaire… Naturellement, comme on peut l’imaginer, cet éloignement a été très mal vécu puisque les trois-quarts (73%) considèrent qu’ils sont « les plus affectés par la réduction des relations familiales ».
 
A noter toutefois, que la décision de réduire les contacts a été prise en concertation avec leurs enfants dans les deux-tiers (65%) des cas et par les seuls enfants dans 22% des cas seulement (mais 78% des grands-parents ont compris la décision) et par eux-mêmes dans un peu plus d’un cas sur dix (13%).
 
Toujours selon cette enquête, ce qui leur a manqué le plus ce fut de « rater des moments clés de la vie des petits-enfants » dans 39% des cas et « la tendresse » pour 38% des sondés. Cet attachement vital, voire fusionnel dans certains cas, explique probablement que 39% s’estimaient prêts à transgresser les règles pour les voir !
 
Pour autant ces grands-parents ne se sont pas laissés abattre ! A ce sujet, ils ont massivement utilisé les nouvelles technologies pour rester en contact avec leurs petits-enfants, soit en maintenant ces échanges (44 %), soit en les augmentant (42%). Seuls 14% des 15,1 millions de grands-parents français (source Insee 2013) n’y ont pas eu recours, faute d’être équipés (6%) ou d’être mal à l’aise avec l’outil (8%).
 
Présents et ouverts, les grands-parents d’aujourd’hui souhaitent construire « un lien affectif durable, sur lequel leurs petits-enfants peuvent compter et dont ils se souviendront toute leur vie » pour près de la moitié d’entre-eux (48%). D’ailleurs, cet engagement affectif devance des notions comme l’éducation ou comme « la politesse » (qui pourtant se perd) qui n’arrive qu’en troisième position des valeurs qu’ils souhaitent transmettre derrière « la confiance en soi » et « la tolérance ».
 
Toujours selon ce sondage Notre Temps, plus de la moitié des grands-parents sondés (57%) considèrent qu’ils ont été « infantilisés, pris de haut par le discours ambiant ». Un constat partagé par 51% de leurs enfants. Par ailleurs, pour 53% des ainés, ce « discours ambiant » aurait « changé le regard de la société » sur eux, négativement en les présentant « comme des personnes fragiles et inutiles » (47%), mais aussi positivement « en montrant l’importance du rôle qu’ils continuent à tenir » (53%). Bref, on constat partagé à ce sujet…
 
Autre point : l’implication des grands-parents montre la force d’une relation qui englobe leurs enfants : avec l’arrivée du premier petit-enfant, elle est devenue plus « confiante » (45%), « complice » (40%) et « tendre » (39%). D’ailleurs, les rapports entre générations semblent globalement très bons, malgré quelques sujets  d’agacement pour les grands-parents : en tête, un grand classique depuis toujours, « ne pas avoir de nouvelles des petits-enfants » (41%) et un autre grand classique (de moins en moins bien accepté) : le sentiment d’être toujours considéré comme « disponibles » (36%).
 
Ce deuxième baromètre confirme la place des grands-parents au cœur des familles. Disponibles, aimants, ils souhaitent contribuer à l’épanouissement de leurs petits-enfants. La quasi-totalité (94%) d’entre-eux est heureux lorsqu’ils pensent à leurs relations avec leurs enfants et petits-enfants. Un sentiment stable par rapport à 2018.
 
Par ailleurs, les trois-quarts (76%) indiquent être le plus heureux lorsque les petits-enfants sont jeunes (vs 73% en 2018). Un peu plus d’un sur dix –12%- préfère les bébés, 7% les adolescents et 5% les jeunes adultes.
 
Un très large majorité (93%) aime passer du temps avec leurs petits-enfants (vs 95% en 2018). C’est notamment le cas des 55-64 ans et des 75 ans et plus (95%). Globalement (85%) ils entretiennent une relation de complicité avec eux et un petit tiers (32%) met « les petits plaisirs » en tête de ce que leur apportent leurs petits-enfants (vs 34% en 2018). Viennent ensuite le sentiment d’être utile (28%, une baisse de 5 points) et celui de rester dans le coup (26%, une hausse de 7 points).
 
Pourtant 90 % des parents assurent tenir compte des « capacités » des grands-parents avant de leur confier leur progéniture, un avis plus optimiste que la perception des aînés (84 %)… Quant aux règles fixées par les parents, une majorité (85%) des grands-parents les adaptent, seuls 15% les respectent même si elles sont très strictes ! Et certains assouplissent ces consignes (37%), voire n’en tient pas compte pour près de la moitié (48%).
 
*Sondage IFOP pour le compte de Notre Temps, en partenariat avec l’EGPE, réalisé en ligne du 15 au 22 mars 2021, auprès d’un échantillon représentatif de 1 008 grands-parents et d’un autre de 512 parents ayant au moins un enfant scolarisé et un parent ou beau-parent vivant.