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Article publié le 19/04/2019 à 05:02 | Lu 782 fois

Epidémie de grippe : les personnes âgées encore largement touchées cette année

Depuis le début de la surveillance de la grippe (semaine 40, 2018) et jusqu’en semaine 13 (mars 2019), le nombre de morts estimé à cause de la grippe s’élèverait à 9.900 décès tous âges confondus, dont 7.700 pendant l’épidémie de grippe. Ces décès concernent pour 87% d’entre eux des personnes âgées de 75 ans et plus.


Selon Santé publique France, cette épidémie a duré au total 8 semaines à l’échelle nationale : elle a donc été plus courte que la moyenne des épidémies depuis la saison 2010-11 (11 semaines).
 
L’ampleur de l’épidémie a été modérée en médecine ambulatoire, avec une estimation de près de 1,8 millions de consultations pour syndrome grippal. Cette grippe 2018-2019 aurait entrainé 65.622 passages aux urgences pour syndrome grippal, dont 10.723 ont conduit à une hospitalisation, avec un pic d’activité en semaine 06.
 
La proportion d’hospitalisation après passage aux urgences pour grippe était de 16% sur l’ensemble de la période épidémique. Elle a atteint des valeurs supérieures à 20% pendant 3 semaines consécutives (S08-10), valeurs jamais atteintes sur la période 2010-2018, indiquant une proportion importante de formes sévères de grippe
 
Entre les semaines 40/2018 et 15/2019, 1.523 foyers d’infections respiratoires aiguës (IRA) survenus en maisons de retraite ont été signalés dont 720 (47%) ont été attribués à la grippe. Ce chiffre est supérieur à celui de la saison 2017-18, durant laquelle 1 433 épisodes avaient été signalés, mais durant laquelle l’épidémie de grippe avait été beaucoup plus longue (16 semaines).
 
Parmi les signalements pour lesquels ces données étaient renseignées, la couverture vaccinale moyenne chez les résidents était de 87% et celle du personnel soignant de 32%, valeurs en hausse par rapport aux deux années précédentes (respectivement 86% et 28% en 2017-18, et 83% et 21% en 2016-17).
 
Au niveau national, un excès de mortalité toutes causes et tous âges confondus a été observé entre les semaines 01 à 09. Cet excès de mortalité est estimé à 11,8% soit environ 13.100 décès, dont 12.300 décès survenus au cours de l’épidémie de grippe (estimation extrapolée à la France entière à partir des données issues de l’échantillon de 3 000 communes).
 
Il a concerné principalement les personnes âgées de 85 ans et plus, et dans une moindre mesure les 65-84 ans. Les régions les plus touchées sont la Bourgogne-Franche-Comté (+12,3%), la Corse (+13,9%), les Hauts-de-France (+14,2%), l'Ile-de-France (+13,7%), la Normandie (+15,7%), l’Occitanie (+14,8%) et Provence-Alpes-Côte d’Azur (+14,5%).
 
L’excès de mortalité observé au cours de l’épidémie de grippe 2018-19 est inférieur à celui des saisons 2014-15 (18 300 décès), 2016-17 (21 200 décès) et 2017-18 (17 900 décès). Il est cependant nettement supérieur à celui de la saison 2015-16, malgré une épidémie de plus courte durée.
 
En moyenne, on estime qu’environ 10 000 décès sont attribuables à la grippe chaque année, avec 13 000 décès lors de l’épidémie de 2017-18, et 14 400 décès en 2016-17. L’épidémie de grippe 2018-19 est donc marquée par une mortalité moins élevée que la moyenne, mais toutefois importante compte-tenu de sa courte durée (8 semaines).
 
L'AD-PA (association des directeurs de maisons de retraite) partage l'analyse de l'agence sanitaire Santé publique France : 7 700 décès au cours de l'épidémie grippale demeure trop important. « Cette surmortalité hivernale, qui touche principalement les personnes âgées de plus de 75 ans, est proprement intolérable » estime l’AD-PA dans son communiqué qui ajoute que « les pouvoirs publics ne peuvent se contenter d’en faire chaque année le triste constat, il faut agir et maintenant. Il faut se rendre à l’évidence : la vaccination ne saurait répondre seule à cet enjeu de santé publique ».

L'AD-PA comme l’ensemble des organisations syndicales attend donc de l'Etat qu'il prévoit le renforcement des équipes professionnelles, à domicile comme en établissement, au quotidien et tout au long de l’année.
 
« S’emparer de la question de la surmortalité des personnes âgées, c’est montrer à quel point nos aînés comptent pour le pays et faire un premier pas vers la lutte contre l’âgisme » conclut le communiqué de l’AD-PA.





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