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Article publié le 15/01/2020 à 01:00 | Lu 1810 fois

Des neurones électroniques et de l'espoir pour les patients atteintes de DMLA

La jeune société lilloise Axorus développe depuis deux ans un dispositif qui se glisse sous la rétine biologique des patients atteints de DMLA dans laquelle des neurones électroniques se substituent aux neurones dégénérés pour faire l'interface entre la lumière externe et le nerf optique. Ce dispositif a déjà fait l'objet d'un prototype. Explications.


Depuis plusieurs années, la perspective de restaurer la vision des patients souffrant de dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) ou de rétinopathies pigmentaires devient de plus en plus tangible. En voici donc un nouvel exemple.
 
Mais avant d’entrer dans le détail, expliquons en quelques mots, ce qu’est la DMLA. Maladie du vieillissement particulièrement invalidante, la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) se caractérise par une dégradation de la rétine pouvant mener à une perte de la vision centrale.
 
Jusqu’à 30% des personnes âgées de plus de 75 ans seraient concernées. Depuis des années, plusieurs groupes de chercheurs œuvrent pour développer une rétine artificielle qui pourrait redonner la vue à ces patients, ainsi qu’aux individus atteints de rétinopathie pigmentaire.
 
La rétine est composée de cellules sensibles à la lumière appelées photorécepteurs, dont le but est de transformer les signaux lumineux reçus par l’œil en signaux électriques acheminés vers le cerveau. Ce sont ces cellules qui sont détruites au cours de ces pathologies, ce qui peut mener à la cécité.
 
Lire aussi : DMLA : les promesses de la rétine artificielle pour redonner la vue se concrètisent
 
Axorus développe depuis deux ans ce dispositif -un prototype existe déjà- qui se glisse sous la rétine biologique des patients dans laquelle des neurones électroniques se substituent aux neurones dégénérés pour faire l'interface entre la lumière externe et le nerf optique. Actuellement, l’équipe recherche des financements pour sa phase préclinique visant à tester la solution sur des animaux. Elle bénéficiera pour cela du savoir-faire de l'Institut de la Vision à Paris.
 
« Axorus a des différenciants forts par rapport à ses concurrents comme l'autonomie en énergie (l'énergie électrique requise est renouvelée par la lumière qui passe à travers la rétine biologique via des photorécepteurs) doublée d'une faible consommation (jusqu'à 1 000 fois moins que le marché) » assure le communiqué de presse.
 
Mais surtout, le niveau d'acuité restitué par sa solution pourrait être inédit grâce à la taille particulièrement faible de ses neurones électroniques. Or c'est bien là que le bât blesse aujourd'hui, les solutions existantes ne redonnant la vue qu'en deçà du seuil minimum pour voir sans assistance.
 
La société qui met au point cette rétine artificielle pour lutter contre la DLMA recherche actuellement 368.000 euros en complément de sa première tranche réussie en collecte privée de 828.000 euros.