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Article publié le 23/01/2018 à 01:00 | Lu 963 fois

De l'impact de la pollution sur la santé respiratoire

En France, chaque année, il faut le savoir, on estime à 48.000 décès le nombre de décès prématurés qui sont liés à la pollution atmosphérique. De nombreuses études font désormais état du lien de causalité entre l’environnement et la santé, en provoquant notamment la genèse, l’aggravation ou l’exacerbation de maladies cardiorespiratoires. Le point avec Pr Bruno Housset, président de la Fondation du Souffle et chef du service de pneumologie au CHI de Créteil.


L’impact de la pollution atmosphérique sur notre santé est un fait désormais avéré : selon l'OMS, la pollution de l’air serait à l’origine du décès de trois millions de personnes, ce qui représente 5% des décès annuels mondiaux -tout de même !
 
Si elle provoque des troubles cardiovasculaires, elle est également la cause de maladies respiratoires, notamment chez les personnes les plus sensibles : femmes enceintes, enfants et bien sûr, personnes âgées. Toutefois, et heureusement, ses effets varient selon le degré d’exposition : par exemple les personnes qui vivent à proximité d’un axe à forte circulation seront plus affectées que les autres.
 
De nombreuses études font désormais état du lien de causalité entre l’environnement et la santé, en provoquant notamment la genèse, l’aggravation ou l’exacerbation de maladies cardio-respiratoires. Toujours selon l'OMS, « c’est dans les villes des pays industrialisés que l'on observe des niveaux de pollution élevés, avec une mortalité qui dépasse de 15 à 20% celle enregistrée dans d'autres villes où l'air est relativement plus sain ».
 
Ce sont les particules fines, ces composés solides en suspension émis notamment par la combustion des moteurs, qui constituent les principaux facteurs de pollution de l’air.

Une étude menée à Londres a comparé l'état cardiorespiratoire d'adultes sains (mais aussi de sujets atteints de BPCO ou d’insuffisance cardiaque) de plus de 60 ans marchant deux heures, soit à Oxford Street (quartier particulièrement pollué), soit à Hyde Park (quartier peu pollué de la ville). Elle a montré que deux heures de marche dans un quartier très pollué suffisent pour modifier l'état cardiorespiratoire d’un sujet sain avec des effets retardé jusqu’à 26h après l’exposition...
 
Si les particules fines sont essentiellement la conséquence de l’activité humaine (trafic routier, transport maritime, chauffage au bois, chantiers, carrières), elles peuvent aussi être issues de sources naturelles : sables (saharien), sels, feux naturels, cendres volcaniques...
 
Les particules fines sont classées en fonction de leur diamètre : les PM10 (diamètre compris entre 2,5 et 10 μm) et les PM2,5 (particules d'un diamètre inférieur à 2,5 μm), appelées aussi nanoparticules. Pour une même masse, plus les particules sont fines, plus leur nombre et surtout, plus leur surface développée augmente.
 
C’est elle qui réagit avec l’organisme et entraine la toxicité : en pénétrant profondément dans l’appareil respiratoire ou/et en passant dans le sang, ces particules en suspension dans l'atmosphère entrainent avec elles allergènes, métaux lourds et hydrocarbures. Ensuite, leur élimination de l’organisme peut prendre du temps !
 
Pour le vérifier, une étude a exposé pendant deux heures des hommes sains à des nanoparticules d'or en inhalation (non toxiques pour l’organisme et détectables). L'étude a montré que les nanoparticules d'or se retrouvaient dans les urines de la plupart de ces sujets 15 minutes après l’inhalation et pouvaient être détectées jusqu'à 3 mois après. Cela pourrait contribuer à expliquer les manifestations cardiovasculaires en rapport avec la pollution (diesel, par exemple).
 
Par ailleurs, le réchauffement climatique constituerait aussi un autre facteur de risque d’exacerbation des maladies respiratoires, avec des pics plus fréquents de pollution à l’ozone, notamment dans les périodes de fort ensoleillement. Parmi les conséquences les plus fréquentes, on observe une augmentation des crises d’asthme ou/et des allergies respiratoires liées à une saison pollinique plus longue et plus intense.
 
De fait, toute vague de chaleur se solderait par une augmentation à la fois des hospitalisations pour problèmes respiratoires et par une plus grande mortalité chez les personnes de plus de 75 ans. Les patients atteints de maladies cardiovasculaires, d’insuffisance respiratoires, les nourrissons, jeunes enfants sont également plus vulnérables. 

​Naissance du Guapo, observatoire mondial de la qualité de l’air

Parmi les actions concrètes à mener pour diminuer les effets de la pollution sur les populations et protéger notamment les personnes vivant près d’un axe de circulation, il convient de réduire l’utilisation du diesel et plus généralement des moteurs thermiques.
 
Cela fait partie des préconisations portées par un consortium de grandes métropoles mondiales (GUAPO-Global Urban Air Pollution Observatory) qui se réunit régulièrement au sein d’un projet d’observatoire mondial de la qualité de l’air urbain.
 
Mis en place par le Clean Air Forum qui s’est déroulé à Paris en novembre dernier, il permet notamment le partage des bonnes pratiques à travers le monde et peut proposer des solutions innovantes pour combattre le fléau de la pollution.





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