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Article publié le 04/06/2020 à 09:42 | Lu 2670 fois

Covid-19 et canicule : état des lieux et recommandations de la SFGG




L’épidémie de Covid-19 est en régression, alors que les températures sont déjà élevées. La menace de vagues de chaleur semble présente. Nous en connaissons les conséquences chez les personnes âgées. Quels conseils proposer pour gérer au mieux une situation associant Covid-19 et canicule ?


Le Haut Conseil de Santé Publique (HSCP) a délivré un « Avis relatif à la gestion de l’épidémie de Covid-19 en cas d’exposition de la population à des vagues de chaleur ». La SFGG y a contribué. Ce travail d’analyse et de préconisations a été organisé suffisamment en amont pour en permettre la diffusion la plus large possible.
 
La Covid-19 disparue cet été ?
En conclusion de la revue de la littérature disponible sur ce sujet, il est peu probable que le Covid-19 disparaisse cet été. En revanche, il est raisonnable de penser que son RO se maintienne sous la barre de 1, d'autant plus que des mesures de distanciation physique et de restriction des déplacements seront maintenues et respectées.
 
Ce taux inférieur à 1 signifie que le nombre de cas diminue à chaque génération et la chaîne de transmission finit par s’interrompre. Tous les modélisateurs insistent sur l'importance de ces quelques mois de répit estival relatif pour préparer les structures de soin à un pic d'incidence au cours de l'hiver prochain, pic qui pourrait être plus intense ou, plus probablement, plus durable que celui que nous avons connu ces dernières semaines.
 
Les pathologies liées à la chaleur.
Il existe deux pathologies liées à la chaleur : la déshydratation et les coups de chaleur.
 
Les deux peuvent survenir dès les premiers jours de chaleur et sont potentiellement mortelles. Une étude de Santé Publique France (SPF) sur la mortalité liée à la chaleur et au froid dans 18 villes françaises a conclu qu’au-delà de températures moyennes allant de 23 à 28°C selon la ville, chaque degré supplémentaire se traduit par une augmentation très rapide et immédiate du risque de décès, justifiant une action particulière en cas de très fortes chaleurs.
 
Ces deux pathologies peuvent être prévenues par des mesures de prévention simples (protection vis-à-vis de la chaleur avec notamment brumisation/ventilation corporelles et protection de l’habitat /hydratation mises en œuvre dans le plan national canicule).
 
Canicule et Covid-19 : les recommandations
L’utilisation de la climatisation
Veiller au respect de la maintenance et rechercher le filtre le plus performant sur le plan sanitaire pour un système de climatisation, en lien avec la compatibilité technique de l’installation. En effet, l’objectif "santé" devra, au niveau local, être prioritaire à celui des économies d’énergies, dans les lieux où vivent les personnes vulnérables par rapport à la chaleur.
 
En revanche, le HCSP souligne le caractère inutile, voire contre-productif de climatisations excessives, mal adaptées et ce dans les lieux privés ou ouverts au public. Des comportements de cette nature ne sont pas utiles à la santé et compromettent les équilibres énergétiques au niveau national.
 
Concernant l’utilisation de ventilateurs et brumisateurs
Dans les espaces collectifs de petit volume, clos ou incomplètement ouverts, l’utilisation de ventilateur à visée de brassage/rafraichissement de l’air en cas d’absence de climatisation est contre-indiquée dès lors que plusieurs personnes sont présentes dans cet espace (notamment salle de classe, établissements pour personnes âgées…), même porteuses de masques.
 
L’utilisation de ventilateur est préconisée, y compris en association avec une brumisation, dans une pièce où se trouve une seule personne. Le ventilateur doit être stoppé avant qu’une autre personne n’entre dans la pièce.
 
Dans les espaces ouverts, l’utilisation de systèmes collectifs de brumisation est possible sous réserve de maintenir la distanciation physique recommandée.
 
Leur mise à disposition doit cibler avant tout les populations les plus à risque vis-à-vis de la chaleur (îlots urbains, habitats inadaptés à la chaleur, personnes isolées…). Une communication adaptée et un transport vers ces lieux doivent être prévus pour ces populations.
 
Concernant les visites à domicile par des professionnels et/ou des bénévoles à destination de veille et surveillance des personnes les plus vulnérables :
 
L’augmentation de leur fréquence ne doit pas être remise en cause et doit être associées au respect strict des consignes d’encadrement de ces visites dans le contexte de l’épidémie du Covid-19 [16].
L’utilisation des dispositifs en lien avec l’e-santé vient renforcer ces visites mais ne s’y substitue pas
 
La prise en charge des personnes symptomatiques
Les dispositifs d’aide au diagnostic et à la prise en charge des personnes vulnérables (hotlines gériatriques, centres ressources maladies rares, plateformes handicap..) créés ou renforcés depuis la crise du Covid-19 doivent être maintenus et leur appui étendu à la prévention et la prise en charge des pathologies liées à la chaleur.
 
Proscrire toute automédication par paracétamol en cas de fièvre et de contexte de vague de chaleur. La prise de paracétamol doit être validée par un professionnel de santé.
 
Favoriser autant que possible la prise en charge des patients Covid-19 dans des chambres climatisées en vue de faciliter le respect du port des équipements de protections par les professionnels. En ce sens, les lieux d’hébergement pour les personnes Covid-19 doivent être choisis pour leur qualité de protection en cas de vague de chaleur.
 
En cas de pathologie Covid-19, les recommandations de prévention vis-à-vis de la chaleur continuent à s’appliquer et inversement en cas de pathologie liée à la chaleur, les mesures barrières continuent à s’appliquer.

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