Sommaire
Article publié le 17/12/2018 à 01:00 | Lu 901 fois

Comment préparer ses défenses immunitaires pour affronter l'hiver (partie 3) ?

Chaque année, les variations climatiques affectent fortement notre organisme. Nos défenses immunitaires s’affaiblissent et notre corps peine à se défendre contre les agressions extérieures. Les personnes les plus sujettes à ces infections sont les enfants, les ainés mais également les personnes dont le système immunitaire est affaibli et donc inapte à se défendre face à la virulence de certains virus ou bactéries. Quels bénéfices les plantes et les probiotiques peuvent avoir sur le renforcement de nos défenses immunitaires ?


Booster ses défenses immunitaires

Des solutions naturelles et pertinentes existent pour aider le système immunitaire à bien se défendre. Une stratégie de prévention des affections hivernales peut en effet être envisagée avec la consommation de micronutriments, de probiotiques et de plantes. Il est également possible de se prémunir des infections hivernales en suivant quelques mesures de prévention simples.
 
Les probiotiques sont des micro-organismes vivants, qui, lorsqu’ils sont administrés en quantité adéquates, confèrent un bénéfice sur la santé. Les bactéries probiotiques auraient une action stimulante sur le système immunitaire de l’hôte en agissant sur les cellules impliquées dans l’immunité innée et dans l’immunité acquise.
 
De nombreuses études réalisées chez l’adulte et l’enfant ont montré que l’administration orale de diverses souches probiotiques pouvait moduler la barrière immunitaire muqueuse et/ou systémique et conférer ainsi une protection vis-à-vis de certaines infections virales récidivantes.
 
Ainsi, une méta-analyse a mis en évidence que la consommation prophylactique de probiotiques (quelques jours à 7 mois) permettait de réduire la sévérité et la durée des infections du tractus respiratoire. Plusieurs études ont également indiqué que les probiotiques pouvaient raccourcir l’incidence et la durée des diarrhées virales entériques, de manière plus marquée chez l’enfant.
 
1- Les probiotiques, alliés naturels pour renforcer le système de défense
Ils peuvent être présents ou introduits dans certains aliments, compléments alimentaires, ou encore des médicaments. Ces bactéries ont une durée de vie limitée dans le microbiote intestinal (de quelques jours à 2 ou 3 semaines).
 
Pour être considérés comme efficaces, les probiotiques doivent répondre à plusieurs critères :
• Tolérance parfaite par l’organisme
• Capacité à résister à l’environnement de notre tractus digestif (acidité gastrique et sels biliaires notamment)
• Capacité à adhérer à la muqueuse intestinale.
 
Les probiotiques les plus connus sont les bactéries lactiques (lactobacilles, streptocoques et lactocoques) et les bifidobactéries.
 
Prise d’antibiotique, le rôle des probiotiques
Les preuves cliniques de l’intérêt des souches microbiotiques sont aujourd’hui bien documentées dans les situations suivantes :
• les diarrhées associées à un traitement antibiotique chez l’enfant, l’adulte et la personne âgée
• les diarrhées infectieuses aigües
• ou encore dans la prévention des gastro-entérites à rotavirus.
 
Les antibiotiques, bien que nécessaires pour soigner certaines infections, détruisent les bactéries bénéfiques (microbiote), hébergées dans le côlon. Le microbiote est partiellement décimé lors d’un traitement antibiotique. Il arrive parfois que des troubles intestinaux, allant des plus communs (diarrhées) aux plus préoccupants, comme des colites (inflammations du côlon) se manifestent du fait de la prolifération de certaines bactéries comme Clostridium difficile. Elles finissement par détruire l’intestin des personnes fragiles voire entraînent le décès par troubles digestifs intenses avec des défaillances d’organes vitaux.
 
Lors d’un traitement à base d’antibiotiques, le microbiote intestinal peut être mis à mal. Les souches microbiotiques peuvent alors relayer temporairement la flore. Outre le domaine digestif, la prise de souches microbiotiques spécifiques s’est révélée intéressante en cas d’allergies.
 
2- L’intérêt des immunobiotiques pendant la période hivernale
Les études sur le microbiote intestinal ont commencé dans les années 70, sans cesser de s’arrêter. Selon la dernière définition des probiotiques par l’OMS en 2001, « les probiotiques sont des micro-organismes vivants qui, lorsqu’ils sont ingérés en quantité suffisante, ont un effet bénéfique pour l’organisme ».
 
Au fur et à mesure on assiste à une segmentation des probiotiques en fonction des spécificités fonctionnelles pour arriver, in fine, au concept immunobiotique qui a pour fonction de stimuler de manière globale le système immunitaire. En plus de son action systémique sur le système immunitaire, l’immunobiotique, pour avoir une action plus optimale et complète sur les défenses, peut agir localement en formant une barrière.
 
Les bactéries immunobiotiques sont réellement intéressantes pendant la période hivernale car elles vont préparer le système immunitaire à se défendre et vont l’aider à combattre les virus et bactéries dès leur intrusion dans l’organisme par les voies aériennes supérieures.
 
3- Faire le plein de micronutriments
Certaines vitamines et minéraux sont des éléments importants pour le bon fonctionnement du système immunitaire. Lors de carences, les fonctions du système immunitaire sont altérées et prédisposent aux infections. Elles peuvent également déréguler la réponse immunitaire (production de cytokines, prolifération et différenciation cellulaire, déséquilibre dans les sous-types cellulaires, activités cellulaires…).
 
Des micronutriments peuvent contribuer à la défense de l’organisme notamment en agissant au niveau des barrières épithéliales, en favorisant le stress oxydant qui contribue à l’élimination des agents infectieux et en protégeant l’organisme de celui-ci. Ils sont également impliqués dans la synthèse protéique qui permet à la fois la production de médiateurs et la multiplication cellulaire.
 
La vitamine C
La vitamine C, retrouvée de manière très concentrée dans les leucocytes, est rapidement consommée lors d’une infection. De par son pouvoir antioxydant, la vitamine C est intéressante pour protéger les cellules immunitaires qui produisent un stress oxydant important pour combattre et éliminer les pathogènes, à la fois à l’intérieur de la cellule comme à l’extérieur. Cette propriété a été démontrée pendant la phagocytose qui génère un stress oxydant via la production de radicaux libres.
 
Des études ont montré que, chez le volontaire sain, l’administration de vitamine C conduit à une amélioration de plusieurs paramètres de l’immunité, comme les activités antimicrobiennes et NK, la prolifération des lymphocytes en réponse à une infection, la synthèse d’immunoglobulines, la production de cytokines.
 
Par ailleurs, d’autres études ont montré que les concentrations plasmatiques et leucocytaires en vitamine C diminuaient rapidement après le pic d’infection et redevenaient normales avec l’amélioration des symptômes du rhume.
 
Basé sur l’ensemble de ces arguments, des études d’intervention ont été réalisées afin d’évaluer l’effet de la vitamine C à la fois sur la prévention et le traitement du rhume.
 
La vitamine D
Une étude réalisée par l’Institut National de Veille Sanitaire (INVS) montre qu’en France 80% des Français sont carencés en vitamine D. La vitamine D a la particularité d’être à la fois apportée par notre alimentation (pour un tiers) et synthétisée par notre organisme par l’exposition de notre peau aux rayons du soleil (pour deux tiers). Cette spécificité explique les déficits fréquents en vitamine D pendant l’hiver ou pour des personnes s’exposant peu au soleil.
 
Le zinc
Le zinc est impliqué dans différents aspects de la fonction immunitaire aussi bien sur le plan de l’immunité humorale (réponse immunitaire faisant intervenir les anticorps) que cellulaire. Le zinc possède des propriétés antioxydantes, tout comme la vitamine C, il permet de protéger les membranes vis-à-vis du stress oxydant généré lors de la réponse immunitaire et est impliqué dans le système cytosolique de défense contre les radicaux libres.
 
Le zinc joue un rôle important pour le développement et le fonctionnement normal des cellules de l’immunité adaptative (lymphocytes T et B) et innée (neutrophiles, NK, macrophages). Les processus de phagocytose, de destruction intracellulaire et la production de cytokines sont également dépendants du statut en zinc.
 
Ce minéral est un cofacteur essentiel à la thymuline qui est une hormone nécessaire à la différenciation et à la maturation des lymphocytes. De plus, le zinc est indispensable à l’intégrité des différentes barrières épithéliales de l’organisme (digestive, cutanée, respiratoire), un composant important de l’immunité innée. Enfin, des données expérimentales suggèrent que le zinc pourrait avoir un effet antiviral direct en interagissant avec les agents infectieux.
 
La mélatonine
« Hormone du sommeil », la mélatonine est naturellement sécrétée par la glande pinéale pendant la nuit. Elle rythme un grand nombre de paramètres physiologiques tels que le fonctionnement de divers organes, la température du corps ou encore l’éveil et le sommeil. Un déficit en mélatonine peut entrainer une diminution de la réponse immunitaire de l’organisme et ainsi favoriser la multiplication des infections respiratoires et digestives.
 
L’échinacée - Echinacea
Des études sur l’échinacée confirment que la racine possède des propriétés immunostimulantes au niveau de la sphère ORL pulmonaire. La synergie des principes actifs augmente la production des cellules responsables de l’immunité (lymphocytes B, T et macrophages), faisant de cette plante la plante majeure dans la prévention des infections ORL pulmonaires à répétition.
 
Le cyprès - Cupressus
Les noix de cyprès renferment des principes actifs aux propriétés antivirales. Cette plante est donc indiquée en cas d’affections virales aiguës ou récidivantes. Ses molécules ont une action directe sur le virus et permettent ainsi de supprimer l’infection.
 
L’andrographis - Andrographis paniculata
Lors d’une infection virale et de l’apparition de symptômes grippaux, l’administration d’un extrait d’andrographis permet de faire diminuer le titre viral dans les cellules pulmonaires infectées et réduit l’absorption virale à la surface des globules rouges. Lors d’une infection bactérienne l’andrographis peut aussi avoir un effet immunomodulateur de la réponse immunitaire adaptative.
 
Le thym - Thymus
En Allemagne, la commission e73 considère le thym comme un broncho spasmolytique, expectorant et antibactérien. Il est utilisé en cas d’encombrement des voies respiratoires supérieures et dans les symptômes de bronchite. L’OMS souligne que la pharmacopée européenne fait mention du thym pour traiter les dyspepsies et d’autres troubles gastro-intestinaux.
 
L’eucalyptus - Eucalyptus globulus
L’eucalyptus a des propriétés antibactériennes, expectorante, décongestionnante nasal et respiratoire. La plante stimule les glandes à mucines de l’épithélium bronchique et digestif.
 
4- Le bénéfice avéré des plantes
Les plantes contiennent des principes actifs naturels qui permettent de stimuler l’immunité. L’apport de certaines d’entre elles associées à des probiotiques est particulièrement intéressant pour renforcer l’activité antivirale.

Il est possible de se prémunir des infections hivernales en suivant quelques mesures de prévention simples.

Pour lutter efficacement contre la propagation des virus, L’INPES recommande ainsi quatre gestes barrières :

Le lavage des mains : c’est l’un des moyens les plus efficaces pour limiter la diffusion des germes. Ce geste simple est à effectuer plusieurs fois dans la journée, surtout si l’on s’occupe d’enfants et/ou de personnes âgées, qui sont plus vulnérables.
 
Il est impératif de se laver les mains après s’être mouché, avoir toussé ou éternué ou encore après avoir rendu visite à une personne malade, après chaque sortie à l’extérieur et bien sûr avant de préparer les repas, de les servir ou de les prendre.
 
Mouchoirs en papier : se couvrir la bouche avec un mouchoir à usage unique ou l’intérieur du coude quand on tousse est un bon réflexe à apprendre aux enfants. il en va de même pour le mouchoir en papier à jeter dans une poubelle fermée tout de suite après usage sans oublier de se laver les mains ensuite.
 
Limiter les contacts directs : éviter de serrer les mains, d’embrasser, de partager ses effets personnels (couverts, verre, brosse à dents, serviette de toilette…). Dans la mesure du possible, il est recommandé de ne pas amener les nourrissons et les enfants dans les lieux très fréquentés comme les centres commerciaux ou les transports en commun.
 
Aérer : il est primordial d’aérer son logement chaque jour pour renouveler l’air.