Comité ministériel sur les pratiques complémentaires : l'A-MCA publie son troisième rapport annuel

L’A-MCA a rendu public, fin février, son rapport annuel (2023-2024) sur les pratiques complémentaires en France : constats, attentes et perspectives. Elaboré à partir des regards croisés de citoyens, praticiens et experts, il identifie des grandes orientations sur la place des pratiques complémentaires dans la société et le système de santé. Un travail collaboratif qui s’inscrit dans la feuille de route ministérielle et transmis dans le cadre de l’implication de l’A-MCA au sein du comité ministériel sur le sujet.


Pour son troisième rapport annuel, l’A-MCA a décidé d’orienter sa réflexion en tenant compte de la feuille de route du groupe d’appui ministériel dans le champ des médecines complémentaires, dont elle fait partie.
 
C’est sous le pilotage du Pr Antoine Bioy, Responsable scientifique et de Véronique Suissa, Directrice Générale, que l’A-MCA a effectué une analyse croisée des attentes, réalités et difficultés exprimées par les citoyens, les praticiens et les experts dans le domaine des pratiques complémentaires.
 
Au total, 1.430 acteurs ont contribué à ce travail collectif, organisé autour de trois volets, chacun d’eux décryptant les attentes des publics sollicités.
 

Priorités propres et attentes analogues

L’apport des citoyens, praticiens et experts internes, ainsi que des experts externes, permet à l’A-MCA d’identifier des attentes analogues aux trois publics : encadrement des formations et des pratiques, délimitation des domaines d’interventions pour les praticiens, spécialisations pour l’accompagnement de publics fragiles, coopération et coordination entre les acteurs et information fiable et accessible aux différents publics.
 
« Au-delà des attentes spécifiques propres aux différents acteurs, il existe clairement des enjeux communs soulevés tant par les citoyens que praticiens et les experts, comme l’encadrement des formations, une information éclairée accessible à tous, un accès facilité aux pratiques/praticiens. Derrière ces attentes collectives, en réalité c’est un besoin de structuration du sujet qui est exprimé » précise Véronique Suissa.
 
En ce sens, le Professeur émérite Emmanuel Hirsch, parrain de l’A-MCA, pose l’enjeu sociétal dès le départ « il conviendrait enfin de s’attacher à ce qui fait de l’approche complémentaire de la médecine une de ses composantes essentielles, dans un contexte où les stratégies thérapeutiques se personnalisent au point d’ambitionner une médecine de la personne ».
 
Autre point marquant du rapport, le décalage entre les priorités ministérielles et celles des citoyens :  « les citoyens ont des attentes et priorités plus pragmatiques, parfois en décalage avec les sujets ministériels et centrées sur l’identification des praticiens qualifiés, le remboursement des pratiques, l’accès géographique et à l’information grand public.

En réalité, ils ne se soucient que très peu des questions d’évaluation ou des actions professionnelles qui intéressent davantage l’écosystème institutionnel
», précise Véronique Suissa.
 
Les praticiens expriment, quant à eux, de fortes attentes en matière de coopération avec l’écosystème de santé. Ils envisagent également l’encadrement des formations comme un levier de lutte contre les dérives. Enfin, les experts plaident pour une régulation des pratiques dans les institutions, notamment celles liées à l’univers du soin.
 
Définir les critères qualité des praticiens bien-être, homogénéiser leur formation, les inscrire dans le champ de la santé pour mieux les sécuriser, renforcer la place des pratiques détenant des normes de formation et/ou réglementaires, interdire les pratiques dangereuses, favoriser l’échange entre les acteurs, développer de l’information grand public, sont autant de pistes complémentaires proposées par l’A-MCA en sa qualité de membre au comité ministériel et dont elle sera amenée à discuter lors des prochaines réunions.

Publié le 04/03/2024 à 01:00 | Lu 1541 fois