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Article publié le 16/10/2020 à 01:00 | Lu 1178 fois

Coeur et diabète : 4 questions au professeur Michel Pinget




Un grand nombre de personnes diabétiques s’ignorent et plus d’un diabétique sur deux est également atteint d’une maladie cardiovasculaire, c’est pourquoi il est urgent de sensibiliser sur cette question de santé publique et d’informer sur les bonnes pratiques.


Quels sont les liens entre le diabète et le cœur ?
Il y a deux types de liens. D’abord le même terrain, les patients qui ont une maladie cardiovasculaires ont un peu les mêmes facteurs de risque que ceux qui ont un diabète : âge mûr, plutôt sédentaire, un peu de surpoids…

Après, il y a les effets directs du diabète sur les maladies cardiovasculaires qui sont très mal diagnostiquées : quand on a un excès de sucre dans le sang (hyperglycémie), les cellules doivent s’adapter pour fonctionner et cela déclenche une inflammation qui va s’attaquer à différents organes : cœurs, artères, reines, foie…
 
Comment éviter ces complications cardiaques ?
En effet, il est très important de dire que dans 90% des cas, les complications cardiovasculaires du diabète sont évitables. C’est une véritable pandémie aujourd’hui. Si l’on ne peut pas changer les facteurs génétiques (gênes de prédisposition), on peut agir sur les facteurs environnementaux : sédentarité, inactivité, alimentation, stress, temps sur les écrans, etc.
 
En plus, ce sont des mesures faciles à mettre en place : bouger (faire 10.000 pas par jour, se lever toutes les heures, sport d’endurance, escrime, etc.) varier son alimentation pour que le microbiote puisse jouer son rôle et éviter l’inflammation intestinale, arrêter le tabac, etc.
 
Comment mieux accompagner les personnes malades chroniques ?
Par la prévention : prévention primaire pour éviter l’apparition de la maladie, secondaire pour qu’elle n’évolue pas et tertiaire pour retarder les effets de la maladie.
 
Il faut pouvoir accompagner les malades de manière globale et tout mettre en œuvre pour qu’ils aillent mieux : éducation du patient, observance du traitement, activités physiques, alimentation, sophrologie, associations de patients/malades, etc. avec d’autres compétences que celles du médecin.
 
L’éducation du patient, qui rappelons-le est un sujet, avec l’aide des patients experts est essentielle. Il faut choisir la stratégie thérapeutique avec le patient atteint de maladie chronique pour réduire le tabac, perdre des kilos… Avec des objectifs atteignables. C’est une décision thérapeutique partagée, que le médecin va accompagner pour une meilleure qualité de vie.
 
Autre problème, l’inégalité d’accès aux soins, notamment pour les populations les plus précaires, qui ne vont pas forcément consulter ou accorder de l’importance à leur santé.
 
En 2021, vous allez fêter les 30 ans du CEED quels espoirs voyez-vous ?
Deux évènements vont marquer l’année à venir : l’ouverture du premier Centre e-santé et Diabète en novembre 2020 avec LNA Santé qui sera dédié à l’accompagnement et au suivi, en ambulatoire, de patients atteints de maladies chroniques, en particulier le diabète, avec la mise en œuvre d’un parcours de soins innovant personnalisé et une prise en charge globale (télé-suivi, activités physiques, etc.).
 
Un modèle à dupliquer sur le territoire national pour accompagner les personnes ayant des maladies chroniques. Nous avons aussi un grand projet de développement d’un médicament issu de nos recherches sur le rôle des myokines, des molécules endocriniennes secrétées par les muscles, qui ont des propriétés anti-inflammatoires, avec notre start-up Ilonov.
 
Source : Alliance du coeur





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