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Article publié le 12/03/2019 à 02:47 | Lu 1548 fois

CHU de Toulouse : nouveau traitement pour les nodules thyroïdiens bénins

Alors qu’une femme sur deux concernée par les nodules bénins de la thyroïde a plus de 60 ans, voici une information intéressante : la thermo-ablation par radiofréquence, alternative à la chirurgie, pourrait devenir à terme une technique courante dans le cadre du traitement des nodules thyroïdiens bénins. Le CHU de Toulouse vient de lancer une étude de faisabilité. Détails.


De nombreuses personnes sont sujettes à la présence de nodules de la thyroïde mais dans une très large majorité des cas (95%), ce sont des nodules bénins.

Cela signifie qu’ils ne provoquent aucune gêne la plupart du temps mais parfois, du fait de leur taille ou localisation, entrainent des signes cliniques (gêne respiratoire ou de la déglutition) ou esthétiques.
 
En France, ce type de pathologie est en grande partie traité par la chirurgie. Or, chaque année, près de 60% des ablations de la thyroïde (ou d’une partie) concernent des nodules bénins.

Si dans certains cas, la chirurgie est inévitable (ex : cancer de la thyroïde), on peut inverser la tendance dans la pathologie bénigne en proposant des traitements alternatifs à la chirurgie, moins invasifs.
 
En effet cette dernière peut engendrer un certain nombre de complications ou avoir des conséquences sur la qualité de vie des patients : chute de calcium, modification de la voix, nécessité de prendre la LThyroxine à vie…
 
Dans ce contexte, une équipe de médecins du CHU de Toulouse va mener la première étude clinique concernant cette technique. Dans la pratique, il s’agit de chauffer le nodule à un minimum de 30 à 60° afin de le détruire de manière irréversible.
 
Cela est possible en introduisant au cœur du nodule une électrode qui se trouve au bout d’une petite aiguille. Seule la partie active de l’aiguille (celle qui se trouve dans le nodule) va émettre de la chaleur, permettant ainsi un chauffage localisé et contrôlé. On épargne ainsi les tissus sains.
 
La durée peut varier en fonction de la taille du nodule, mais en général c’est moins d’une heure. Les bénéfices pour les patients sont nombreux : pas de cicatrice ou de complications liées à la cicatrisation, pas de chute du calcium sanguin, risque minime concernant la voix, pas de nécessité de prendre un traitement hormonal et enfin, la possibilité de reprendre une activité normale dès le lendemain.
 
L’acte se déroule en ambulatoire, sous anesthésie locale et/ou sous légère sédation et par un abord percutané sous contrôle échographique. Quelques heures après la thermo-ablation, le patient quitte l’hôpital.
 
Comme le précise le docteur François Blain, radiologue à l’hôpital Larrey, CHU de Toulouse : « dans notre démarche, la décision d’un traitement est collégiale et s’appuie sur une expertise pluridisciplinaire : l’expertise d’un chirurgien thoracique, l’expertise d’un radiologue et l’expertise d’un endocrinologue. Il n’y a qu’au CHU de Toulouse, que cette approche a été mise en place et c’est la meilleure manière de prendre les bonnes décisions médicales pour les patients".

Et le spécialiste de poursuivre : "Par ailleurs, j’insiste sur le fait que la procédure de thermo-ablation nécessite une collaboration très étroite entre chirurgien et radiologue. Une grande expertise des deux médecins permet une extrême précision ».
 
En tout, 40 personnes vont participer à l’étude sur les deux années à venir. Estimer la réduction du nodule et le taux de réponse un an après l’intervention, évaluer le pourcentage de patients ayant besoin tout de même d’un traitement substitutif, constater la survenue d’éventuelles complications, évaluer la disparition des symptômes… les enjeux médicaux sont nombreux.