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Article publié le 09/07/2018 à 10:37 | Lu 826 fois

Bob Escoffier, 70 ans : le doyen de la Route du Rhum se prépare

Après déjà quatre participations à la mythique Route du Rhum, Bob Escoffier, 70 ans, s’alignera de nouveau au départ de cette transat en solitaire, le 4 novembre prochain, avec en ligne de mire, la Guadeloupe. Pour le marin malouin, impensable, en effet, de manquer la course qui fête cette année ses quarante ans (elle a lieu tous les quatre ans) ! Il sera le doyen de l’épreuve. Alors, bon vent.


Malouin depuis un tiers de siècle, Bob Escoffier a naturellement un profond attachement à la Route du Rhum à laquelle il se prépare activement pour la cinquième fois. « Sur cette course, j’ai connu des hauts et des bas », note le doyen de l’épreuve.
 
De fait, outre une jolie 6e place en Classe 2 lors de l’édition 2002, il a été contraint à l’abandon à deux reprises, en 1994 puis en 2014. « Cela fait partie de la vie. Cette fois-ci, j’ai mis toutes les chances de mon côté. Je me suis préparé plus longtemps à l’avance », souligne le marin septuagénaire qui fait le pari insolite de partir sur Kriter V, le grand cigare bleu légendaire qui, lors de la première édition du Rhum en 1978, avait été coiffé au poteau par le petit trimaran jaune de Mike Birch dont trois sisterships font également partie de la course.
 
« Il y aura une course dans la course », ajoute Bob Escoffier qui se veut toutefois modeste, son ambition étant déjà de rallier Pointe à Pitre en Guadeloupe. « Si je peux arriver en 23 jours, comme l’a fait Michel Malinovski à l’époque, et grappiller quelques secondes à un trimaran jaune, je ne m’en priverais pas. Après, je n’ai pas l’ambition de rivaliser avec un Loïck Peyron », assure le navigateur qui a toutefois choisi de ne rien laisser au hasard dans sa préparation, même si un petit pépin survenu en avril dernier lui a mis un vilain petit coup de frein.
 
 « Je me suis cassé trois doigts (sept fractures ouvertes sur deux d’entres eux puis un tendon abimé, ndlr), ce qui n’est pas bénin, surtout sur une extrémité. Aujourd’hui, je parviens à fermer la main mais je manque logiquement encore de force », détaille le skipper dont les derniers contrôles effectués récemment à la clinique de la main à Vannes sont plutôt rassurants et encourageants.
 
« Les choses avancent dans le bon sens, mais elles demandent du temps », détaille Bob, à présent équipé d’une orthèse avec des élastiques qui va lui permettre d’entamer prochainement les entraînements. « Pour l’instant, je ne suis pas encore en mesure de naviguer en solitaire mais je passe néanmoins du temps sur l’eau dans le cadre de mes activités professionnelles et le bateau est prêt à 90% ».
 
« Nous avons déquillé le bateau, ce qui n’avait jamais été fait jusqu’alors. Nous avons également vérifié la structure en contre-plaqué, refait l’électricité, réalisé une vérification complète du moteur puis installé des nouveaux gennakers. Cela reste cependant un bateau de 40 ans sur lequel nous avons encore de nombreuses choses à valider », précise le skipper dont la prochaine étape est la Drheam Cup, une grande course open au départ de la Trinité-sur-Mer et à destination de Cherbourg dont le coup d’envoi est prévu le 23 juillet prochain.
 
« Nous allons effectuer le convoyage du bateau entre Saint-Malo et la Trinité entre le 19 et le 20 juillet. Dans la foulée de cette course, j’attaquerai ma qualification pour la Route du Rhum » conclut Bob Escoffier déjà impatient de tirer ses premiers bords en solitaire sur le fameux grand cigare bleu qui n’a, assurément, pas fini d’écrire de belles histoires.
 
Depuis sa première édition en 1978, la Route du Rhum est devenue l'un des trophées les plus convoités du monde de la voile. Cette course transatlantique en solitaire a lieu tous les quatre ans en novembre et couvre 6.560 km entre la côte bretonne de Saint-Malo et les rives guadeloupéennes de Pointe-à-Pitre.
 
C'est en 26 jours et 6 heures que la première édition de la Route du Rhum a été remportée par le Canadien Micheal Birch à bord de son Olympus Photo, avec une avance de 98 secondes sur le deuxième, Michel Malinovsky, à bord du Kriter V. Quarante ans plus tard, la course devrait durer environ une semaine pour les plus rapides.