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Article publié le 01/04/2019 à 01:00 | Lu 3118 fois

Bien vieillir : de l'importance de la santé bucco-dentaire

La dernière étude menée par les centres de prévention Bien vieillir Agirc-Arrco, en partenariat avec la CNAV, révèle une santé bucco-dentaire déjà fragilisée chez certains seniors et mesure l’impact des comportements de santé orale sur le bien vieillir. En voici les grandes lignes.


Bien vieillir : de l'importance de la santé bucco-dentaire
Une précédente étude publiée en 2014 par l’Agirc-Arrco avait d’ores et déjà dressé un constat sévère sur l’état de santé bucco-dentaire des résidents en maisons de retraite (EHPAD). En ce printemps 2019, soit cinq ans plus tard, une nouvelle étude menée, cette fois, auprès d’une population âgée de plus de 50 ans vivant à domicile, bénéficiaire des centres de prévention Agirc-Arrco, confirme le manque d’attention pour les soins bucco-dentaires, pourtant étroitement liés au « bien vieillir ».
 
Lorsque l’on pense santé bucco-dentaire, on pense immédiatement à celle des enfants… Mais, ce n’est pas parce qu’on vieillit qu’il faut laisser ses dents de côté, bien au contraire ! Avec l’âge il convient de faire attention et de prendre soin de ses dents, de ses gencives et plus généralement de sa bouche.
 
« Les leviers du bien vieillir résident en partie dans le lien social et l’état psychologique. L’un et l’autre sont directement préservés ou affectés par l’état bucco-dentaire, influençant la prise de parole, l’expression, la séduction, et également la confiance en soi » précise Anne Saint-Laurent directrice de l’action sociale Agirc-Arrco.
 
La santé des dents et des gencives est beaucoup plus précieuse qu’on ne le croit et les conséquences d’une mauvaise hygiène bucco-dentaire ne se limitent pas à notre bouche… En effet, elles peuvent entrainer ou plutôt favoriser le développement de maladies chroniques et multiplier les risques cardio-vasculaires. 
   
Par exemple, il faut savoir que les maladies parodontales peuvent entrainer des risques pour le cœur et avoir des complications en cas de diabète. Or, on estime que 83,5% des 65-74 ans dans le monde sont concernés par ces pathologies des gencives ! On comprend dès lors l’importance pour les seniors de faire attention à ces affections de la bouche.
 
Au cours de l'année 2017, près de 20.000 bénéficiaires d'un bilan de prévention au sein des centres de prévention Bien vieillir Agirc-Arrco ont fait état de leur santé bucco-dentaire. Pour ce faire, ils ont rempli un questionnaire portant sur l’évaluation de leur qualité de vie associée à la santé orale, leurs comportements en matière de soin (brossage des dents, fréquence du suivi par un chirurgien-dentiste…), ainsi que leur état psychologique.
 
Par ailleurs, cette étude s’est appuyée sur les données de l’évaluation clinique orale de près de 5.000 personnes, reçues en bilan par les médecins des centres, entre septembre et décembre 2017 et recensant le nombre de dents absentes et non remplacées, la présence de tartre, de plaque dentaire, de caries, de mobilités dentaires, et calculant le coefficient masticatoire.
 
L’âge moyen des participants à l’étude est de 70 ans. La quasi-totalité (94%) est retraitée et sans trop de surprise, plus de la moitié (58%) sont des femmes. Bien qu’il s’agisse d’une population se déclarant à 85% en bonne santé, des comportements de santé orale non protecteurs ont été constatés.
 
Selon cette étude, les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) et l’Union française pour la santé bucco-dentaire ne sont pas appliquées par une large partie des personnes : près de 40% des sondés ne consultent pas un dentiste tous les ans et près du tiers ne se brosse pas les dents au moins deux fois par jour. Ceci étant, ces données sont comparables à celles du Baromètre Santé 2014 pour la population globale.
 
Par ailleurs, on observe un lien entre un coefficient masticatoire faible, dû à l’absence de dents non compensées, et l‘indice de masse corporelle (IMC) augmenté, laissant supposer l’éviction d’aliments sains (fruits et légumes, viande) nécessitant une mastication correcte.
 
Autre point : les comportements de santé orale varient selon l’âge, la CSP et le sexe. Ainsi, le brossage des dents, notamment biquotidien serait plus fréquent chez les femmes (79% vs 60% pour les hommes) dont les comportements de santé sont connus pour être globalement plus orientés vers la prévention que ceux des hommes. Elles sont aussi plus nombreuses à consulter.
 
Les comportements sont aussi largement influencés par l’état psychologique et les habitudes de vie, apportant ainsi un levier accessible à tous grâce à une information visant à un changement de comportements et à une prise en compte des facteurs psycho-sociaux, comme le pratiquent les centres de prévention Bien vieillir Agirc-Arrco.
 
Enfin, l’étude montre l’impact de la santé orale sur la qualité de vie : la douleur peut amener l’exclusion de certains aliments ou la perte de plaisir. Plus du quart (28%) des sondés témoigne d’un mauvais état bucco-dentaire, impactant leur qualité de vie et nécessitant une prise en charge.
 
Les résultats de cette étude ont conforté les professionnels à s’emparer du sujet et l’inclure dans leur dispositif d’accompagnement. Des ateliers d’hygiène orale seront ainsi programmés au cours du dernier trimestre 2019, en complément des ateliers déjà existants sur l’activité physique et l’équilibre, la nutrition, la mémoire, le sommeil et la gestion du stress.





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