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Article publié le 24/01/2018 à 01:00 | Lu 1349 fois

Alzheimer : peut-être pas si neurodégénérative que ça...

Une équipe dirigée par Stéphanie Daumas, chercheuse à l’Institut de biologie Paris-Seine et Salah El Mestikawy de l’institut universitaire en santé mentale Douglas de Montréal, remet en question le dogme qui associe Alzheimer à d’importantes pertes neuronales et synaptiques.


Alzheimer : peut-être pas si neurodégénérative que ça...
On estime que la maladie d’Alzheimer touche plus de 850.000 personnes en France, avec de surcroit, plus de 225 000 nouveaux cas chaque année ; conséquence directe du vieillissement de la population française.
 
Rappelons qu’à ce jour, il n’existe encore aucun traitement réellement efficace pour traiter cette maladie dont le coût humain et social est immense. Seules des solutions médicamenteuses ou autres, permettent de ralentir le développement de ces pathologies.
 
Comme le souligne le communiqué de l’Inserm, « une règle communément admise est que cette forme de démence la plus commune chez les personnes âgées est accompagnée par une perte progressive et massive de neurones et de leurs terminaisons nerveuses ».
 
Or, contrairement à ce schéma, cette étude internationale menée sur plus de 170 sujets souffrant de cette maladie neurodégénérative suggère qu’Alzheimer et les maladies apparentées s’accompagneraient au contraire d’une faible diminution de l’expression des marqueurs neuronaux et synaptiques. L’équipe a, par ailleurs, cherché à corréler l’ensemble de ces baisses synaptiques limitées avec le niveau de démence des individus.
 
Selon leurs résultats, le constat est que les baisses de ces biomarqueurs n’auraient que peu d’impact sur les capacités cognitives des sujets. Cette recherche jette donc un éclairage neuf sur une pathologie généralement considérée comme une « maladie neurodégénérative » (avec perte de neurones).
 
Elle suggère en fait que dans la maladie d’Alzheimer, la démence serait liée à un mauvais fonctionnement des synapses plutôt qu’à leur disparition. Cette découverte et cette approche radicalement différente, ouvre la voie à de nouvelles possibilités de traitements de cette maladie qui fait si peur. Affaire à suivre.  
 
Leur étude a été publiée dans la revue Scientific Reports le 17 janvier.