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Article publié le 02/12/2019 à 02:00 | Lu 1141 fois

Aides auditives Phonak : assumer sa surdité, un défi de société...

Si chacun assume parfaitement sa perte d’efficacité visuelle comme la presbytie, il n’en n’est pas de même pour la perte d’audition. Le regard des autres, l’efficacité, le prix excessif, l’encombrement, sont autant de freins à l’utilisation des aides auditives.


En général cela débute par des remarques sur le son de la télévision que l’on met trop fort, cela continue par un déjeuner entre amis dans restaurant un peu animé et où l’on ne comprend pas ce qui se dit au bout de la table et se termine par des réponses que l’on fait répéter plusieurs fois.
 
Inutile de procrastiner, la consultation chez un spécialiste est indispensable. L’étape suivante sera de se faire équiper. C’est là que tout se complique... Choisir un audioprothésiste n’est pas simple. Si, pendant longtemps, il était nécessaire de s’adresser à un cabinet indépendant, aujourd’hui le choix s’ouvre avec l’ouverture de centres spécialisés souvent adossés à des marques d’optiques discount.
 
A cet égard, il faut savoir que les grandes marques spécialisées comme le suisse Phonak n’est pas présent chez les discounters.
 
Que votre première approche se soit portée sur un indépendant ou sur une chaîne, il faut savoir qu’une période d’essai de 30 jours doit être systématiquement proposée avant tout achat. Quant au choix du type de prothèse, c’est le médecin spécialiste qui le déterminera en fonction du type de surdité.
 
Il en existe trois sortes parfaitement distinctes. La première, qui apparaît comme la plus discrète, l’intra est installée au plus profond possible du conduit auditif. Malheureusement, elle n’est pas forcement adaptée à tous les types de surdité et ne représente que 10% des équipements. Surtout, l’intra présente l’inconvénient de ne posséder qu’un micro ce qui réduit considérablement l’angle de captation des sons. 

Deuxième équipement en perte de vitesse, le large contour d’oreille, qui représente seulement 20% des personnes. Son inconvénient : être très présent au regard des autres et également, encombrant derrière l’oreille.
 
Enfin, la troisième solution proposée est le RIC (receiver in the canal). Désormais adoptée à 70%, il permet des solutions techniques adaptées à chaque client et surtout, de l’environnement sonore dans lequel il évolue. 
 
Dans le choix final, le prix sera également un élément important. Dans l’immédiat, un appareil haut de gamme coûte aux environs de 1.800 à 2.000 euros avec des remboursements qui varient en fonction des mutuelles. En l’occurrence, demander des devis à plusieurs prothésistes est une précaution indispensable. Certaines mutuelles imposant souvent leur circuit de soin.
 
Pour compliquer la situation, la nouvelle réglementation concernant le reste à charge est assez floue et ne s’appliquera qu’à partir de 2021 et ne concernera que des produits bas de gamme pour le zéro reste à charge. Pour les autres produits, une part individuelle à payer sera appliquée.
 
Autre coût à considérer, le choix d’un modèle rechargeable ou non. Il faut savoir que les piles d’un modèle classique doivent être changées chaque semaine. Ce qui d’une part génère une dépense récurrente et d’autre part, implique de disposer de piles en permanence. La plaquette de six piles spécifiques est facturée 7 euros alors qu’un appareil rechargeable coûte environ 250 euros plus cher qu’un modèle à pile sans compter le prix du chargeur qui peut être négocié.
 
A titre d’exemple, les produits Phonak sont équipés de batterie au lithium garantie 4 ans avec une durée de vie de 6 ans. C’est dans cette gamme de produits que nous avons pu effectuer un bref essai d’une prothèse de type RIC. Légère et de dimension réduite, le RIC est constitué d’un petit boitier placé derrière l’oreille et d’un micro-tube transparent qui s’enfile dans le conduit auditif.
 
Facile à placer soi-même, il se dissimule dans les cheveux. Il faut néanmoins avoir une certaine délicatesse dans le placement de l’embout. Sur cet appareil, il est proposé deux types d’embouts. L’un est totalement fermé tandis que l’autre comporte des micros-ouvertures.
 
A l’essai la différence d’écoute est radicale. Sur le premier type à embouts fermés, la sensation est immédiatement désagréable. L’impression est celle d’avoir les oreilles bouchées et d’entendre avec une réverbération. A l’inverse, la seconde solution équipée d’embouts ouverts apporte une audition amplifiée et claire.
 
Une certaine résonnance de sa propre voix existe et sa perception est assez déroutante. Le retour de voix demande néanmoins une adaptation d’une dizaine de jours. Cela peut être comparé à l’adaptation à des verres correcteurs variables destinés aux presbytes. Mais la durée de ce test ne nous a pas permis de vérifier la réalité de ce temps d’adaptation.
 
Et si certaines personnes disent avoir renoncé à utiliser leur prothèse pour différentes raisons d’autres au contraire affirment ne plus pouvoir s’en passer. Il est clair que la gêne évidente causée par la presbyacousie peut être corrigée comme l’on corrige la perte de vision avec l’âge. L’isolement et le repli sur soi sont les principales conséquences de la surdité. Les moyens de s’en prévenir existent et pour l’instant, outre l’image apportée, le frein était des prix élevés. La nouvelle réglementation de la prise en charge devrait modifier cette situation et permettre à la majorité de s’équiper. A bon entendeur…
 
Joël Chassaing-Cuvillier

​Phonak, un acteur majeur de la prothèse auditive

Créée en 1947, la maison suisse Phonak est présente en France depuis 1978. Marque du groupe Sonova, Phonak est installé à Bron en compagnie d’une autre société du même groupe : Unitron qui produit des appareils sans marque.
 
Le site français qui intègre un important service de SAV est également le centre de formation des vendeurs et audioprothésistes. Avec une garantie de 4 ans, ce ne sont pas moins de 400 appareils qui arrivent chaque jour à la filiale lyonnaise.
 
A cet égard, Phonak possède un SAV particulièrement structuré qui possède 16 personnes à l’atelier de réparation et 6 autres personnes au contrôle qualité du SAV. Chaque appareil étant vérifié par une batterie de tests qui intègre 40 paramètres. En tout ce sont 35 techniciens qui travaillent dans la filiale de Bron.
J.C-C.





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