Six milliards à trouver, et votre abattement dans la balance
Le ministre des Comptes publics David Amiel a posé les termes du choix sur Sud Radio, vendredi 11 septembre. Selon lui, maintenir l'indexation des pensions sur les prix coûterait plus de 6 milliards d'euros en 2027, et cette somme devrait être financée par une suppression partielle ou totale de l'abattement de 10 % dont bénéficient les retraités. Rien n'est arbitré à ce jour, et Sébastien Lecornu a demandé à trois ministres de consulter les groupes parlementaires sur ce dossier.
Sur BFMTV, dimanche 13 septembre, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a assuré qu'aucun retraité ne verrait sa pension baisser et que les plus modestes seraient principalement préservés. Le projet de loi de finances doit être déposé au plus tard le 6 octobre. D'ici là, le débat oppose surtout le gel de votre pension à la hausse de votre impôt.
Sur BFMTV, dimanche 13 septembre, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a assuré qu'aucun retraité ne verrait sa pension baisser et que les plus modestes seraient principalement préservés. Le projet de loi de finances doit être déposé au plus tard le 6 octobre. D'ici là, le débat oppose surtout le gel de votre pension à la hausse de votre impôt.
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Ce que les 10 % changent sur votre avis d'imposition
Sauf que cet abattement agit à deux endroits de votre dossier fiscal.
Le premier est connu : sur les pensions déclarées par votre foyer, l'administration retire d'office 10 %, avec un minimum de 454 euros par pensionné et un maximum de 4 439 euros pour l'ensemble du foyer, sur les revenus de 2025. D'après LCP, la chaîne de l'Assemblée nationale, ce mécanisme coûte chaque année environ 6 milliards d'euros aux finances publiques.
Le second passe inaperçu. Service Public rappelle que votre revenu fiscal de référence est calculé à partir de votre revenu net imposable, c'est-à-dire après ces 10 %. Ce revenu fiscal de référence commande ensuite l'exonération de taxe foncière, l'accès au livret d'épargne populaire, certaines aides sociales, et surtout le taux de CSG appliqué à votre pension. Supprimer l'abattement, c'est gonfler d'un coup ce chiffre de 10 % de vos pensions.
Le premier est connu : sur les pensions déclarées par votre foyer, l'administration retire d'office 10 %, avec un minimum de 454 euros par pensionné et un maximum de 4 439 euros pour l'ensemble du foyer, sur les revenus de 2025. D'après LCP, la chaîne de l'Assemblée nationale, ce mécanisme coûte chaque année environ 6 milliards d'euros aux finances publiques.
Le second passe inaperçu. Service Public rappelle que votre revenu fiscal de référence est calculé à partir de votre revenu net imposable, c'est-à-dire après ces 10 %. Ce revenu fiscal de référence commande ensuite l'exonération de taxe foncière, l'accès au livret d'épargne populaire, certaines aides sociales, et surtout le taux de CSG appliqué à votre pension. Supprimer l'abattement, c'est gonfler d'un coup ce chiffre de 10 % de vos pensions.
Quatre taux de CSG, et la marche que votre pension peut franchir
Votre pension supporte l'un des quatre niveaux de prélèvements prévus par la loi. Comme le détaille la fiche officielle consacrée à la CSG sur les pensions, un retraité seul ne paie rien si son revenu fiscal de référence ne dépasse pas 13 048 euros, il paie 4,3 % au total jusqu'à 17 057 euros, 7,4 % jusqu'à 26 472 euros, puis 9,1 % au-delà. Pour un couple, les mêmes marches tombent à 20 016, 26 167 et 40 604 euros. Ces montants valent pour 2026 et s'apprécient sur les revenus de 2024.
Mais une marche franchie ne coûte pas quelques euros. Le nouveau taux s'applique à la totalité de la pension, pas seulement à la part qui dépasse le seuil. Nous avons refait le calcul pour un retraité seul de moins de 65 ans, sans autre revenu que sa pension, en supposant l'abattement supprimé sans compensation. Le calcul est le nôtre, à partir des barèmes publiés par Service Public.
Avec 1 150 euros brut par mois, ce retraité déclare 13 800 euros. L'abattement ramène son revenu fiscal de référence à 12 420 euros : il est exonéré. Sans lui, le chiffre reste à 13 800 euros, au-dessus du seuil, et la pension passe à 4,3 % de prélèvements. La perte atteint 593 euros par an, soit un peu plus d'un demi-mois de pension. Cette situation concerne, dans notre hypothèse, les pensions comprises entre environ 1 090 et 1 210 euros par mois.
Un cran plus haut, la même mécanique joue encore. À 1 550 euros brut, notre retraité passe du taux réduit au taux médian, et ses prélèvements augmentent de 577 euros par an. À 2 400 euros brut, il bascule du taux médian au taux normal, pour 490 euros de plus. Je vous laisse mesurer le paradoxe : la pension la plus modeste des trois perd le plus en euros, alors que le gouvernement promet d'épargner les plus modestes.
D'ailleurs, ces sommes s'ajoutent à la hausse d'impôt sur le revenu, que nous n'avons pas comptée ici. Après 65 ans, un second abattement réservé aux revenus modestes s'ajoute et modifie votre revenu imposable : pour savoir de quel côté de la marche vous vous trouvez, seul compte le revenu fiscal de référence inscrit sur votre avis.
Mais une marche franchie ne coûte pas quelques euros. Le nouveau taux s'applique à la totalité de la pension, pas seulement à la part qui dépasse le seuil. Nous avons refait le calcul pour un retraité seul de moins de 65 ans, sans autre revenu que sa pension, en supposant l'abattement supprimé sans compensation. Le calcul est le nôtre, à partir des barèmes publiés par Service Public.
Avec 1 150 euros brut par mois, ce retraité déclare 13 800 euros. L'abattement ramène son revenu fiscal de référence à 12 420 euros : il est exonéré. Sans lui, le chiffre reste à 13 800 euros, au-dessus du seuil, et la pension passe à 4,3 % de prélèvements. La perte atteint 593 euros par an, soit un peu plus d'un demi-mois de pension. Cette situation concerne, dans notre hypothèse, les pensions comprises entre environ 1 090 et 1 210 euros par mois.
Un cran plus haut, la même mécanique joue encore. À 1 550 euros brut, notre retraité passe du taux réduit au taux médian, et ses prélèvements augmentent de 577 euros par an. À 2 400 euros brut, il bascule du taux médian au taux normal, pour 490 euros de plus. Je vous laisse mesurer le paradoxe : la pension la plus modeste des trois perd le plus en euros, alors que le gouvernement promet d'épargner les plus modestes.
D'ailleurs, ces sommes s'ajoutent à la hausse d'impôt sur le revenu, que nous n'avons pas comptée ici. Après 65 ans, un second abattement réservé aux revenus modestes s'ajoute et modifie votre revenu imposable : pour savoir de quel côté de la marche vous vous trouvez, seul compte le revenu fiscal de référence inscrit sur votre avis.
Un effet qui arriverait avec deux ans de retard
Le prélèvement ne changerait pas le mois suivant le vote. En effet, la Caisse nationale d'assurance vieillesse précise que le taux de CSG dépend des revenus fiscaux de référence de l'avant-dernière et de l'antépénultième année. Service Public ajoute que le passage du taux réduit au taux médian ou normal n'intervient qu'après deux années consécutives au-dessus du plafond. L'effet sur votre pension arriverait donc avec retard, puis il se répéterait chaque année tant que votre revenu resterait au-dessus du seuil.
Le calcul à faire avec votre dernier avis d'impôt
Ce piège est-il nouveau ? Non, et il a déjà été désamorcé une fois. Quand l'abattement de 20 % sur les salaires et pensions a été intégré au barème de l'impôt, le ministère des Finances a expliqué au Parlement que la loi de finances pour 2006 avait relevé de 25 % les plafonds de revenu, précisément pour que des foyers modestes ne perdent pas leurs exonérations, CSG comprise. Rien n'indique pour l'instant si le projet de budget 2027 prévoira un correctif équivalent.
En attendant le texte, un calcul simple vous situe. Reprenez votre dernier avis d'impôt : le revenu fiscal de référence figure en première et en troisième page. Ajoutez-y 10 % des pensions déclarées par votre foyer, sans dépasser 4 439 euros. Si le total franchit l'un des seuils que nous avons cités, votre CSG changerait de marche, et vous faites partie des retraités que le débat sur l'impôt laisse de côté.
Le gouvernement n'a pas encore dit quels retraités porteront réellement l'effort. Les députés en débattront à partir d'octobre, et c'est sur le revenu fiscal de référence, plus que sur la ligne d'impôt, que se jouera pour beaucoup le montant versé sur votre compte.
En attendant le texte, un calcul simple vous situe. Reprenez votre dernier avis d'impôt : le revenu fiscal de référence figure en première et en troisième page. Ajoutez-y 10 % des pensions déclarées par votre foyer, sans dépasser 4 439 euros. Si le total franchit l'un des seuils que nous avons cités, votre CSG changerait de marche, et vous faites partie des retraités que le débat sur l'impôt laisse de côté.
Le gouvernement n'a pas encore dit quels retraités porteront réellement l'effort. Les députés en débattront à partir d'octobre, et c'est sur le revenu fiscal de référence, plus que sur la ligne d'impôt, que se jouera pour beaucoup le montant versé sur votre compte.



