Trois pistes pour faire payer les retraités
On imagine volontiers qu'une hausse de CSG vise d'abord les pensions les plus confortables. L'étude publiée ce lundi 28 septembre par l'Institut des politiques publiques dit autre chose. Ses quatre économistes ont simulé les trois pistes discutées pour le budget 2027 : supprimer l'abattement fiscal de 10 % sur les pensions, geler les retraites de base, ou relever la CSG des retraités au niveau de celle des salariés.
Chaque piste est passée dans un modèle qui calcule, ménage par ménage, ce que devient le niveau de vie en 2027, impôt, prestations et prélèvements sociaux compris. Leur conclusion tient en une phrase que nous n'attendions pas : aucune des trois mesures n'est à la fois la plus rentable et la mieux ciblée. Et sur la CSG, l'effort ne tombe ni en bas ni en haut de l'échelle, mais au milieu.
Chaque piste est passée dans un modèle qui calcule, ménage par ménage, ce que devient le niveau de vie en 2027, impôt, prestations et prélèvements sociaux compris. Leur conclusion tient en une phrase que nous n'attendions pas : aucune des trois mesures n'est à la fois la plus rentable et la mieux ciblée. Et sur la CSG, l'effort ne tombe ni en bas ni en haut de l'échelle, mais au milieu.
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Votre taux de CSG tient à un seul chiffre
Sur une pension de retraite, la CSG ne connaît pas un taux mais quatre : 0 %, 3,8 %, 6,6 % et 8,3 %. Le taux appliqué dépend du revenu fiscal de référence du foyer, celui qui figure sur votre avis d'impôt, et du nombre de parts. Pour 2026, la fiche officielle de Service-Public place une personne seule au taux médian de 6,6 % quand ce revenu fiscal de 2024 se situe entre 17 058 et 26 472 euros. Pour un couple à deux parts, la fourchette va de 26 168 à 40 604 euros.
Au-dessus, c'est le taux plein de 8,3 %. Les salariés, eux, acquittent 9,2 % sur leurs revenus d'activité. C'est cet écart que le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a évoqué mi-septembre l'idée de réduire, alors que le gouvernement veut demander aux retraités un effort de plusieurs milliards d'euros.
Au-dessus, c'est le taux plein de 8,3 %. Les salariés, eux, acquittent 9,2 % sur leurs revenus d'activité. C'est cet écart que le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a évoqué mi-septembre l'idée de réduire, alors que le gouvernement veut demander aux retraités un effort de plusieurs milliards d'euros.
Pourquoi le milieu du barème paierait le plus
L'Institut a simulé l'alignement complet : taux médian et taux plein portés tous deux à 9,2 %, taux nul et taux réduit laissés intacts. La mesure rapporterait 4,2 milliards d'euros nets. Mais la marche n'a pas la même hauteur pour tout le monde. Au taux plein, elle ne fait que 0,9 point, de 8,3 à 9,2 %. Au taux médian, elle bondit de 2,6 points, de 6,6 à 9,2 %.
Ce décalage dessine ce que les chercheurs appellent un profil en U. En bas de l'échelle, les retraités exonérés ou au taux réduit ne voient rien bouger. En haut, les plus aisés perdent peu, parce que leur pension ne pèse qu'une part limitée de leurs ressources. L'effort se concentre alors sur les classes moyennes de retraités, pour qui la pension reste l'essentiel du revenu. Vous voyez le paradoxe ?
Je me suis demandé ce que ces points représentent sur une pension ordinaire. Prenons une personne seule qui touche 1 800 euros bruts par mois et rien d'autre : son revenu fiscal la place aujourd'hui au taux médian. Sur 21 600 euros par an, 2,6 points de plus font 561,60 euros, soit près de 47 euros par mois. Le calcul est le nôtre, avant l'effet sur l'impôt, qui en efface une petite partie si vous êtes imposable, puisque cette hausse de CSG serait déductible.
À 3 000 euros bruts par mois, au taux plein, la même réforme coûterait 324 euros par an, soit 27 euros par mois. Le retraité le mieux payé des deux perdrait donc moins que l'autre. Sur l'ensemble des perdants, l'IPP chiffre la perte moyenne à 32 euros par mois, et près de sept retraités sur dix seraient touchés.
Ce décalage dessine ce que les chercheurs appellent un profil en U. En bas de l'échelle, les retraités exonérés ou au taux réduit ne voient rien bouger. En haut, les plus aisés perdent peu, parce que leur pension ne pèse qu'une part limitée de leurs ressources. L'effort se concentre alors sur les classes moyennes de retraités, pour qui la pension reste l'essentiel du revenu. Vous voyez le paradoxe ?
Je me suis demandé ce que ces points représentent sur une pension ordinaire. Prenons une personne seule qui touche 1 800 euros bruts par mois et rien d'autre : son revenu fiscal la place aujourd'hui au taux médian. Sur 21 600 euros par an, 2,6 points de plus font 561,60 euros, soit près de 47 euros par mois. Le calcul est le nôtre, avant l'effet sur l'impôt, qui en efface une petite partie si vous êtes imposable, puisque cette hausse de CSG serait déductible.
À 3 000 euros bruts par mois, au taux plein, la même réforme coûterait 324 euros par an, soit 27 euros par mois. Le retraité le mieux payé des deux perdrait donc moins que l'autre. Sur l'ensemble des perdants, l'IPP chiffre la perte moyenne à 32 euros par mois, et près de sept retraités sur dix seraient touchés.
L'abattement et le gel ne visent pas les mêmes retraités
À côté de la CSG, la suppression de l'abattement de 10 % rapporterait davantage, 5,4 milliards d'euros. Elle pèse surtout sur les foyers imposables, et ses pertes montent avec le niveau de vie. Sauf que l'étude relève un effet discret : les aides au logement étant calculées sur le revenu après abattement, les retraités les plus modestes qui en touchent verraient ces aides baisser.
Le gel complet des pensions de base est la piste la plus dure pour le bas de l'échelle. Il ferait économiser 6,6 milliards d'euros aux caisses de retraite, mais 5,2 milliards seulement aux finances publiques une fois retirés l'impôt et la CSG perdus et les prestations en hausse. Dans la moitié la plus modeste, la perte de niveau de vie irait de 0,8 à 1,5 %, contre 0,4 % pour les plus aisés, dont la pension de base compte peu à côté de la complémentaire et du patrimoine.
Le gel complet des pensions de base est la piste la plus dure pour le bas de l'échelle. Il ferait économiser 6,6 milliards d'euros aux caisses de retraite, mais 5,2 milliards seulement aux finances publiques une fois retirés l'impôt et la CSG perdus et les prestations en hausse. Dans la moitié la plus modeste, la perte de niveau de vie irait de 0,8 à 1,5 %, contre 0,4 % pour les plus aisés, dont la pension de base compte peu à côté de la complémentaire et du patrimoine.
Une variante qui épargnerait votre taux médian
Les chercheurs ont aussi testé une version plus étroite : relever le seul taux plein, en laissant le taux médian à 6,6 %. Elle ne rapporterait que 1,5 milliard d'euros, contre 4,2, mais les classes moyennes y seraient épargnées, et les retraités de la moitié la plus modeste de la population pratiquement aussi. Moins de rendement, moins de monde touché : tout l'arbitrage est là.
Ce que vos deux documents disent déjà
Rien n'est tranché à ce jour. Le projet de budget sera présenté en Conseil des ministres jeudi 1er octobre, selon franceinfo, et le Premier ministre Sébastien Lecornu dit vouloir préserver les petites retraites sans avoir fixé de seuil. D'ailleurs, les députés et les sénateurs pourront encore modifier ce qui sortira de ce Conseil, jusqu'au vote définitif.
En attendant, il suffit de deux documents pour savoir où vous vous situez. Sur votre avis d'impôt 2025 figurent le revenu fiscal de référence et le nombre de parts, qui se comparent aux fourchettes officielles. Votre relevé de pension affiche aussi le taux de CSG prélevé chaque mois. Si vous y lisez 6,6 %, vous êtes dans la tranche que cette étude désigne comme la plus exposée à un alignement complet. Et avez-vous vérifié si votre revenu frôle déjà le seuil du taux plein ? Car si la réforme passe, l'écart entre deux lignes de barème ne se lira plus seulement dans une note d'économistes, mais sur votre virement.
En attendant, il suffit de deux documents pour savoir où vous vous situez. Sur votre avis d'impôt 2025 figurent le revenu fiscal de référence et le nombre de parts, qui se comparent aux fourchettes officielles. Votre relevé de pension affiche aussi le taux de CSG prélevé chaque mois. Si vous y lisez 6,6 %, vous êtes dans la tranche que cette étude désigne comme la plus exposée à un alignement complet. Et avez-vous vérifié si votre revenu frôle déjà le seuil du taux plein ? Car si la réforme passe, l'écart entre deux lignes de barème ne se lira plus seulement dans une note d'économistes, mais sur votre virement.



