Une femme écarte trois romans d'une pile posée sur une table de jardin - Illustration générée par IA
461 romans, et trois sur votre table de nuit
Le décompte est tombé le 22 juin et il vaut pour onze semaines : 461 romans paraissent entre la mi-août et la fin octobre, les premiers arrivant sur les tables mercredi 19 août. Cela fait près de six nouveaux romans par jour, dimanches compris. Vous en lirez trois, peut-être quatre. Tout le reste défilera devant vous en vitrine, en pile, en quatrième de couverture, sans que vous sachiez jamais ce qu'il y avait dedans.
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Ce qui a disparu des cartons cette année
Cette rentrée est plus courte que la précédente, d'après le décompte publié par Livres Hebdo. Ils étaient 484 l'an dernier, ils sont 461 cette année, soit vingt-trois titres de moins. Le détail compte davantage que le total : les romans français ne bougent pas d'un exemplaire, 344 titres exactement comme en 2025, tandis que les romans traduits tombent de 140 à 117.
Ce recul de 16 % sur la littérature étrangère est le vrai mouvement de l'année. Un livre absent ne fait pas de trou dans un rayon. Il se verra dans ce que vous ne trouverez pas : un auteur péruvien, japonais ou hongrois que personne n'aura traduit cette saison. Les éditeurs invoquent le coût des droits et celui de la traduction.
Les premiers romans, eux, résistent : 68 primo-romanciers paraissent, cinq de moins qu'en 2025, avec une majorité de femmes. Les tirages, en revanche, se sont resserrés partout, à l'exception des valeurs sûres : Amélie Nothomb part avec 150 000 exemplaires quand un premier roman étranger dépasse rarement les 30 000.
Ce recul de 16 % sur la littérature étrangère est le vrai mouvement de l'année. Un livre absent ne fait pas de trou dans un rayon. Il se verra dans ce que vous ne trouverez pas : un auteur péruvien, japonais ou hongrois que personne n'aura traduit cette saison. Les éditeurs invoquent le coût des droits et celui de la traduction.
Les premiers romans, eux, résistent : 68 primo-romanciers paraissent, cinq de moins qu'en 2025, avec une majorité de femmes. Les tirages, en revanche, se sont resserrés partout, à l'exception des valeurs sûres : Amélie Nothomb part avec 150 000 exemplaires quand un premier roman étranger dépasse rarement les 30 000.
Vous êtes les seuls à lire encore des romans
Le portrait que dresse le Centre national du livre est sans équivoque, et il vous concerne directement. Dans son baromètre bisannuel réalisé avec Ipsos, dont la dernière édition a été conduite début 2025, l'établissement public relève que 63 % des Français ont lu au moins cinq livres dans l'année, six points de moins qu'en 2023. Une seule tranche d'âge progresse : les 65 ans et plus, à 75 %, en hausse de trois points. Chez les 50-64 ans, la chute atteint douze points.
La même exception se lit sur le temps passé. Les 65 ans et plus consacrent 5 h 23 par semaine à leurs livres, contre 3 h 40 pour la moyenne nationale, soit près de la moitié de temps en plus. Six lecteurs sur dix de cette tranche d'âge ouvrent un livre tous les jours ou presque, quand la proportion tombe à 45 % chez les lecteurs français pris dans leur ensemble, son plus bas niveau depuis dix ans.
Or c'est bien le roman qui occupe ce temps-là. Huit personnes de plus de 65 ans sur dix en ont lu un dans l'année, deuxième meilleur score de toutes les générations, et 95 % d'entre eux lisent pour le plaisir et non pour le travail. Nous sommes aussi les moins distraits : 15 % seulement font autre chose en lisant, contre plus de la moitié des moins de 25 ans.
Autrement dit, ces 461 romans ne s'adressent pas à un public introuvable. Ils s'adressent d'abord à vous, et les éditeurs le savent quand ils calent leurs sorties sur les prix d'automne.
La même exception se lit sur le temps passé. Les 65 ans et plus consacrent 5 h 23 par semaine à leurs livres, contre 3 h 40 pour la moyenne nationale, soit près de la moitié de temps en plus. Six lecteurs sur dix de cette tranche d'âge ouvrent un livre tous les jours ou presque, quand la proportion tombe à 45 % chez les lecteurs français pris dans leur ensemble, son plus bas niveau depuis dix ans.
Or c'est bien le roman qui occupe ce temps-là. Huit personnes de plus de 65 ans sur dix en ont lu un dans l'année, deuxième meilleur score de toutes les générations, et 95 % d'entre eux lisent pour le plaisir et non pour le travail. Nous sommes aussi les moins distraits : 15 % seulement font autre chose en lisant, contre plus de la moitié des moins de 25 ans.
Autrement dit, ces 461 romans ne s'adressent pas à un public introuvable. Ils s'adressent d'abord à vous, et les éditeurs le savent quand ils calent leurs sorties sur les prix d'automne.
Vos treize minutes envolées chaque jour
Sauf que ce socle s'effrite lui aussi, et personne n'en parle. Le même baromètre chiffre le temps de lecture perdu par les 65 ans et plus depuis 2023 : treize minutes par jour, le recul le plus marqué avec celui des moins de 25 ans. À ce rythme, cela représente 79 heures de lecture évaporées sur une année, l'équivalent de près de quinze semaines de lecture au rythme actuel de cette tranche d'âge.
Ces minutes ne se sont pas perdues toutes seules. Pour l'ensemble des Français, le temps passé devant un écran hors travail atteint 3 h 21 par jour, sept minutes de plus qu'en 2023, soit autant en un jour qu'une semaine entière de lecture. Chez les plus de 65 ans, le rapport reste moins brutal : 3 h 11 d'écran par jour contre 5 h 23 de lecture par semaine, six dixièmes plutôt qu'une équivalence. La bascule est néanmoins engagée, puisque 82 % d'entre eux pratiquent au moins une activité sur Internet.
Reste que la fatigue visuelle joue aussi, et elle se corrige plus facilement qu'une habitude. Une police trop petite transforme une heure de plaisir en une heure d'effort, et beaucoup d'entre nous renoncent page vingt en croyant que c'est le roman qui ne va pas.
Ces minutes ne se sont pas perdues toutes seules. Pour l'ensemble des Français, le temps passé devant un écran hors travail atteint 3 h 21 par jour, sept minutes de plus qu'en 2023, soit autant en un jour qu'une semaine entière de lecture. Chez les plus de 65 ans, le rapport reste moins brutal : 3 h 11 d'écran par jour contre 5 h 23 de lecture par semaine, six dixièmes plutôt qu'une équivalence. La bascule est néanmoins engagée, puisque 82 % d'entre eux pratiquent au moins une activité sur Internet.
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Choisir trois romans sans y laisser une pension
Alors comment trier dans ces 461 romans sans y laisser une pension ? Le baromètre donne une réponse en creux : ce qui déclenche un achat, c'est d'abord la recommandation d'un proche, citée par 87 % des acheteurs, devant le résumé au dos du livre. Le libraire arrive à 64 %, le critique à 62 %, et Internet ne pèse que 34 % chez les plus de 65 ans, contre 91 % chez les moins de 25 ans. Votre meilleur conseiller reste donc une personne, et elle se tient derrière un comptoir à quelques rues de chez vous.
Ce comptoir, d'ailleurs, tient moins bien qu'avant : dans un panel de près de 500 librairies indépendantes, les ventes ont reculé de 2,9 % en valeur entre le 1er janvier et le 28 avril 2026, selon l'observatoire du Syndicat de la librairie française. Une commande passée chez votre libraire arrive en général sous quarante-huit heures, au prix du livre, ni plus ni moins.
La bibliothèque, elle, est devenue le grand angle mort. Moins d'un lecteur sur quatre y emprunte encore des livres, quatre points de moins qu'en 2023 et le niveau le plus bas depuis dix ans. La raison la plus citée tient en une phrase : nous préférons lire des livres qui nous appartiennent. Les médiathèques reçoivent pourtant les titres de la rentrée peu après leur sortie, et beaucoup de communes assurent un portage gratuit à domicile pour ceux qui ne se déplacent plus.
Je retiens une chose de ces chiffres, et je vous la donne telle quelle : la rentrée littéraire n'est pas une liste de courses, c'est un étalage. Trois romans choisis lentement d'ici à Noël valent mieux que huit achetés en septembre et abandonnés page quarante, et le libraire qui vous connaît fera ce tri mieux qu'un bandeau rouge.
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Le livre audio, lui, gagne du terrain chez vous aussi : 21 % des plus de 65 ans en ont déjà écouté un, sept points de plus qu'en 2023, même s'il s'agit du niveau le plus bas de toutes les tranches d'âge. Courbevoie : des livres livrés chez les personnes âgées par la bibliothèque
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