Culture

Sam Neill, le Dr Grant de Jurassic Park, est mort à 78 ans après avoir vaincu son cancer

Par | Publié le 13/07/2026 à 09:09

Sydney, hôpital St Vincent's. L'acteur néo-zélandais Sam Neill s'est éteint ce lundi 13 juillet entouré de sa famille, à 78 ans. Il avait annoncé en avril avoir vaincu le cancer du sang qui le rongeait depuis plus de quatre ans.

Partager : W f X in @
©Luis Javier Villalba / Shutterstock.com
©Luis Javier Villalba / Shutterstock.com

De guéri du cancer à mort en deux mois seulement

En avril dernier, Sam Neill affirmait avec émotion devant les caméras de la chaîne australienne 7News qu'il n'avait plus aucune trace de cancer dans le corps. La nouvelle avait soulagé ses millions d'admirateurs.

Deux mois et demi plus tard, sa famille annonce sa mort. Le communiqué précise que le décès a été « soudain et inattendu » et que l'acteur « était toujours guéri de son cancer ».

La cause du décès n'a pas été communiquée.

Le paléontologue, le gangster, le pianiste

Pour une génération entière, Sam Neill restera d'abord le Dr Alan Grant, le paléontologue qui posait sa main sur le flanc d'un brachiosaure dans Jurassic Park en 1993. Le rôle, initialement proposé à Harrison Ford, a fait de lui une figure mondiale du cinéma à 45 ans.

La même année, Jane Campion lui confie le rôle d'Alisdair Stewart dans La Leçon de piano, récompensé par la Palme d'or et trois Oscars. Avant cela, il avait percé dès 1977 avec Sleeping Dogs, premier film néo-zélandais distribué aux États-Unis, puis My Brilliant Career en 1979 aux côtés de Judy Davis.

Neill a ensuite traversé tous les registres, du thriller sous-marin À la poursuite d'Octobre rouge à l'horreur cosmique de Event Horizon, en passant par les suites de la franchise Spielberg. Pressenti pour succéder à Roger Moore dans le rôle de James Bond, il avait aussi marqué la Suède où le téléfilm Ivanhoe, diffusé chaque Nouvel An depuis 1982, avait fait de lui une célébrité nationale.

Sur le petit écran, il marque les esprits dans le rôle glaçant du Major Chester Campbell de Peaky Blinders. En Nouvelle-Zélande, il incarne le fermier bourru Hector dans Hunt for the Wilderpeople de Taika Waititi, plus grand succès local de l'histoire du box-office néo-zélandais à sa sortie.

Plus de cinquante ans de carrière, cent cinquante rôles, trois nominations aux Golden Globes, deux nominations aux Emmy. Et un trait constant : Neill n'a jamais quitté l'hémisphère sud pour s'installer à Hollywood.

Quatre ans contre le cancer, sans jamais se plaindre

En mars 2022, pendant la tournée de presse de Jurassic World Dominion, Sam Neill remarque des ganglions enflés dans le cou. Le diagnostic tombe : lymphome angio-immunoblastique à cellules T, un cancer rare et agressif du sang qui représente 1 à 2 % des lymphomes non hodgkiniens et touche surtout les hommes après 60 ans.

Le cancer est déjà au stade 3. La chimiothérapie le maintient en vie pendant deux ans, au prix de séances qu'il qualifie de misérables.

Puis la chimio cesse de fonctionner. Neill raconte la scène avec son humour sec : il avait l'impression d'être sur le point de quitter la scène, ce qui n'était pas idéal.

Plutôt que de baisser les bras, il intègre un essai clinique en Australie pour une thérapie par cellules CAR-T, un traitement qui consiste à prélever ses propres lymphocytes, à les modifier génétiquement pour qu'ils ciblent les cellules cancéreuses, puis à les réinjecter. En France, cette thérapie génique est accessible dans une quarantaine de centres hospitaliers et a déjà traité plus de 5 000 patients depuis 2018.
 
Le 28 avril 2026, le résultat tombe. Plus de cancer dans le corps, déclare-t-il aux caméras australiennes, visiblement ému.

Il envisage immédiatement de reprendre le chemin des plateaux. Dans ses mémoires publiées en 2023, il avait écrit la phrase qui a fait le tour du monde : il n'avait pas peur de mourir, mais ça l'agacerait, parce qu'il voulait encore une décennie ou deux pour voir grandir ses petits-enfants et mûrir les oliviers qu'il avait plantés chez lui.

Il y racontait aussi le contrat singulier signé avec le laboratoire pharmaceutique : si le traitement le maintenait en vie au-delà de quatre mois, les séances de chimio deviendraient gratuites.

Le vigneron qui refusait la retraite

Loin des studios, Sam Neill était aussi vigneron. Son domaine Two Paddocks, planté en Central Otago dans l'île du Sud de la Nouvelle-Zélande, produisait un pinot noir qu'il décrivait comme une activité ruineuse mais jubilatoire.

Il y avait baptisé ses animaux de ferme du nom de ses collègues : Laura Dern la poule, Kylie Minogue le canard, Helena Bonham Carter la vache. Fait chevalier en 2022, Sir Sam Neill n'avait rien d'un homme qui ralentissait.

À la question de la retraite, il répondait que la perspective le remplissait d'horreur. Venir d'un petit pays au bout du monde et être invité à jouer sur la scène internationale, c'était trop séduisant pour y renoncer.

Le Premier ministre australien Anthony Albanese a salué un acteur qui a joué dans tant d'histoires australiennes chéries et occupé une place à part dans les cœurs du pays. Né en Irlande du Nord en 1947, élevé à Christchurch, mort à Sydney en 2026, Sam Neill laisse le souvenir d'un homme qui a traversé un demi-siècle de cinéma avec autant d'élégance que de dérision, et qui a refusé jusqu'au bout de se laisser définir par l'âge ou la maladie.

Partager cet article
W f X in @

Chaque vendredi, l'essentiel de l'actualité des seniors de la semaine dans votre boite mail !
Facebook
X