Une histoire simple. Vraiment ? Tout commence dans une maison de campagne, en pleine nuit. Matthieu a pris une décision : il veut partir.
Sa mère Chantal et sa sœur Audrey ne comprennent pas, s'insurgent, le questionnent, veulent comprendre. Et le spectateur, lui, commence à sentir que derrière cette volonté d'évasion se cache quelque chose de bien plus lourd à porter et assumer.
La pièce déroule alors son fil avec une habileté narrative réelle, ce qui ressemble d'abord à un caprice ou à une crise familiale banale se révèle peu à peu être une histoire grave de pudeur, de secrets qu'on garde pour protéger ceux qu'on aime.
Le pari de Romain Poli, auteur et comédien de la pièce, est audacieux : parler de choses grave sans jamais tomber dans le pathos, aborder le pire sans plomber l'atmosphère, traiter de la cellule familiale sans la caricaturer. Et son pari, il le tient.
Un texte qui sonne vrai Ce qui frappe d'emblée, c'est la langue. Pas de répliques ciselées à la manière des grands dramaturges classiques, pas de tirades lyriques. Les personnages parlent comme dans la vie, ils se coupent la parole, ils s'énervent pour des broutilles, ils se ratent et se retrouvent.
C'est volontairement ordinaire, et c'est précisément ce qui fait mouche. On reconnaît dans cette famille les nôtres : la mère qui surinvestit parce qu'elle ne sait pas comment dire autrement qu'elle a peur, la sœur qui oscille entre l'exaspération et la tendresse, le fils qui les protège en se murmurant à lui-même.
Une mise en scène au service des émotions, Aurélie Camus qui a déjà prouvé son talent en remportant le 1er Prix du Club de la Presse et le Prix de la Mise en Scène à Avignon 2023, fait ici un choix fort : ne pas encombrer le plateau.
La scénographie reste simple pour mieux laisser la place aux corps, aux silences, aux regards. La direction d'acteurs est précise, jamais appuyée. On sent une belle complicité entre les interprètes, une confiance mutuelle qui se traduit par des moments de grâce où tout sonne juste.
Les transitions entre le rire et l'émotion sont gérées avec une fluidité remarquable, pas de rupture brutale, mais un glissement naturel qui reflète la vraie texture de la vie. C'est cela qui tient le public en haleine jusqu'au bout.
Des comédiens crédibles Romain Poli, Prix du Meilleur Comédien à Avignon 2018, incarne Matthieu avec une intériorité troublante. Il dit les choses à demi-mot, retient, contient, et c'est dans cet espace entre ce qui est dit et ce qui est tue que se love l'essentiel de l'émotion.
Face à lui, Christine Gagnepain en mère Chantal est une vraie révélation de justesse : elle évite tous les pièges du rôle de la mère étouffante ou effondrée pour incarner quelque chose de bien plus nuancé et plus juste.
Cécile Covès, que l'on avait pu voir dans La Trajectoire des Gamètes, apporte à Audrey, la sœur, une vitalité et une spontanéité qui contrebalancent à merveille la gravité ambiante.
Ce qu'on retient Laisse-moi partir n'est pas une pièce qui cherche à épater. Elle cherche à nous toucher au cœur, et elle y parvient, avec honnêteté et sans artifice.
Elle parle des non-dits, de ce qu'on fait ou ne fait pas par amour, avec une douceur qui n'est jamais mièvre, qu'il y a toujours une lueur à chercher, même quand tout semble vouloir s'éteindre.
Un spectacle sincère, humain, et nécessaire.
Alex Kiev
Sa mère Chantal et sa sœur Audrey ne comprennent pas, s'insurgent, le questionnent, veulent comprendre. Et le spectateur, lui, commence à sentir que derrière cette volonté d'évasion se cache quelque chose de bien plus lourd à porter et assumer.
La pièce déroule alors son fil avec une habileté narrative réelle, ce qui ressemble d'abord à un caprice ou à une crise familiale banale se révèle peu à peu être une histoire grave de pudeur, de secrets qu'on garde pour protéger ceux qu'on aime.
Le pari de Romain Poli, auteur et comédien de la pièce, est audacieux : parler de choses grave sans jamais tomber dans le pathos, aborder le pire sans plomber l'atmosphère, traiter de la cellule familiale sans la caricaturer. Et son pari, il le tient.
Un texte qui sonne vrai Ce qui frappe d'emblée, c'est la langue. Pas de répliques ciselées à la manière des grands dramaturges classiques, pas de tirades lyriques. Les personnages parlent comme dans la vie, ils se coupent la parole, ils s'énervent pour des broutilles, ils se ratent et se retrouvent.
C'est volontairement ordinaire, et c'est précisément ce qui fait mouche. On reconnaît dans cette famille les nôtres : la mère qui surinvestit parce qu'elle ne sait pas comment dire autrement qu'elle a peur, la sœur qui oscille entre l'exaspération et la tendresse, le fils qui les protège en se murmurant à lui-même.
Une mise en scène au service des émotions, Aurélie Camus qui a déjà prouvé son talent en remportant le 1er Prix du Club de la Presse et le Prix de la Mise en Scène à Avignon 2023, fait ici un choix fort : ne pas encombrer le plateau.
La scénographie reste simple pour mieux laisser la place aux corps, aux silences, aux regards. La direction d'acteurs est précise, jamais appuyée. On sent une belle complicité entre les interprètes, une confiance mutuelle qui se traduit par des moments de grâce où tout sonne juste.
Les transitions entre le rire et l'émotion sont gérées avec une fluidité remarquable, pas de rupture brutale, mais un glissement naturel qui reflète la vraie texture de la vie. C'est cela qui tient le public en haleine jusqu'au bout.
Des comédiens crédibles Romain Poli, Prix du Meilleur Comédien à Avignon 2018, incarne Matthieu avec une intériorité troublante. Il dit les choses à demi-mot, retient, contient, et c'est dans cet espace entre ce qui est dit et ce qui est tue que se love l'essentiel de l'émotion.
Face à lui, Christine Gagnepain en mère Chantal est une vraie révélation de justesse : elle évite tous les pièges du rôle de la mère étouffante ou effondrée pour incarner quelque chose de bien plus nuancé et plus juste.
Cécile Covès, que l'on avait pu voir dans La Trajectoire des Gamètes, apporte à Audrey, la sœur, une vitalité et une spontanéité qui contrebalancent à merveille la gravité ambiante.
Ce qu'on retient Laisse-moi partir n'est pas une pièce qui cherche à épater. Elle cherche à nous toucher au cœur, et elle y parvient, avec honnêteté et sans artifice.
Elle parle des non-dits, de ce qu'on fait ou ne fait pas par amour, avec une douceur qui n'est jamais mièvre, qu'il y a toujours une lueur à chercher, même quand tout semble vouloir s'éteindre.
Un spectacle sincère, humain, et nécessaire.
Alex Kiev
Laisse-moi partir — une pièce de Romain Poli, mise en scène Aurélie Camus Avec Cécile Covès, Christine Gagnepain, Romain Poli Production : La Compagnie Camélia & La Loge Digitale
Avignon : du 4 au 26 juillet 2026 à 19h20 — Espace Saint-Martial
Avignon : du 4 au 26 juillet 2026 à 19h20 — Espace Saint-Martial


