Société

Plaque funéraire personnalisée : la fin des « Regrets éternels »

Sur une tombe ou dans une niche de columbarium, la plaque funéraire est souvent le seul objet gravé qui subsiste après la cérémonie. Les funérailles étant de plus en plus centrées sur la personnalité du défunt, la plaque endosse ce rôle. Des enquêtes sectorielles suivent cette tendance ; le Code général des collectivités territoriales définit ce que la loi autorise.

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Par | Publié le 24 Septembre 2026 à 11:00 | mis à jour le 10 Septembre 2026 à 10:33
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Ce que mesurent ces enquêtes : des adieux plus intimes, choisis par la personne elle-même

L'enquête « Les Français et les obsèques » est menée tous les cinq ans depuis 2005 par le Crédoc pour le compte de la CSNAF, la Chambre syndicale nationale de l'art funéraire, qui fédère les fabricants et fournisseurs d'articles funéraires, dont ceux des plaques commémoratives.

L'édition publiée en mai 2024 s'appuie sur une enquête menée auprès de 1 000 personnes âgées de 40 ans et plus, interrogées par téléphone en mars 2024. Elle porte sur les souhaits et les pratiques, et non sur ce qui est gravé sur les tombes :
 
  • 46 % des personnes âgées de 40 ans et plus préfèrent ainsi une cérémonie civile.
  • Parmi elles, 65 % souhaitent une musique personnalisée, contre 38 % en 2009, et 48 % souhaitent des lectures et des hommages, contre 26 %. Ces deux proportions se lisent sur les seules personnes qui souhaitent une cérémonie civile. Rapportée à l'ensemble des plus de 40 ans, la demande tombe à 29 % pour la musique et 22 % pour les lectures, contre 13 % et 9 % en 2009, selon la synthèse publiée par le Crédoc en novembre 2024.
  • La tendance de fond est celle d'adieux plus intimes.
  • Selon cette même synthèse, 30 % des personnes interrogées souhaitent une cérémonie très intime sans office religieux, contre 23 % en 2009, et le pourcentage de personnes se réclamant d'une religion est passé de 75 % à 58 %.
  • Cette démarche se généralise également : 49 % ont laissé ou souhaitent laisser des instructions concernant leurs funérailles, soit sept points de plus qu'en 2009.
 
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Pourquoi les rites funéraires traditionnels sont en déclin ? Crémation, distance et commémoration en dehors du cimetière

Lorsque la cérémonie perd son cadre religieux habituel, l'hommage rendu repose sur la personnalité de la personne. La plaque, seul témoignage écrit qui subsiste sur la tombe ou dans le columbarium, se charge alors de raconter cette histoire. Cette approche est conforme aux souhaits modestes du défunt, mais aucune enquête n'a recensé le nombre d'inscriptions.

La crémation modifie alors la nature même du mémorial. Elle représentait 42 % des décès en 2022, contre 28 % en 2009, selon le rapport CSNAF-Crédoc. Parmi les personnes qui envisagent cette option, 49 % souhaitent que leurs cendres soient dispersées. De ce fait, il n'y a souvent plus de monument funéraire ; la proportion de concessions funéraires dotées d'un monument est passée de 84 % à 79 % depuis 2009. Le souvenir s'exprime ailleurs : après la crémation, 34 % choisissent un lieu qui leur rappelle la personne (contre 20 % en 2009) et 26 % choisissent le lieu de dispersion. La plaque est alors placée sur un site commémoratif dédié à la crémation, à l'endroit choisi ou à domicile.

La distance joue également un rôle : 29 % ne se rendent jamais au cimetière ou y vont moins d'une fois par an (contre 21 % en 2009), 34 % s'y rendent régulièrement à la Toussaint, soit une baisse de douze points, et la distance est la principale raison invoquée (28 %).

Cependant, une plaque offerte par des collègues, un village ou un club n'est pas un phénomène récent : les plaques fixées sur des dalles, souvent en forme de livre ouvert, sont apparues pour la première fois à la fin du XIXe siècle, avec des dédicaces d'un proche, d'amis ou d'un club sportif. Ce qui est nouveau, c'est l'organisation industrielle de ces dédicaces par thème.
 

Les offres sont classées par thème, et voici où vous pouvez acheter une plaque funéraire à personnaliser

Les commerces en ligne ont transposé cette personnalisation en rubriques.

Le catalogue de Plaque Décès classe ainsi ses modèles par pays et régions, par loisirs (football, jardinage, pétanque), par métiers (pêcheur, militaire, routier), par lien avec la personne (grand-père, maman, enfant), par animaux et par formes, en plexiglas, granit ou marbre, avec photo possible.

D'autres sites retiennent les thèmes nature, passion, profession, régional, sport et poésie, sur granit, lave émaillée ou ardoise. Le métier, la passion et la région sont devenus des entrées de catalogue.

L'achat en lui-même reste toutefois une transaction physique. Selon l'enquête CSNAF-Crédoc de mai 2024, 67 % des acheteurs de plaques funéraires les ont prises dans un magasin de pompes funèbres, 16 % chez un marbrier, 7 % chez un fleuriste et 2 % seulement sur Internet. Dix-huit pour cent des personnes interrogées se disent prêtes à acheter un article funéraire en ligne, soit cinq points de plus qu'en 2019, mais 72 % souhaitent voir le produit au préalable.

Selon la Fédération nationale du funéraire (FNF), dans une enquête menée avec CWays et publiée le 4 novembre 2024, 48 % des Français attendent une prise en charge totale de l'organisation des obsèques par l'opérateur funéraire, soit neuf points de plus qu'en 2022.

En conséquence, une plaque funéraire commandée en ligne peut être posée par l'acheteur ou par un marbrier, à condition que l'acheteur soit le titulaire de la concession funéraire ou un représentant habilité et qu'il respecte le règlement du cimetière.

Ce que la loi autorise sur une tombe : symbole, texte et dimensions autorisées

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Trois articles du Code général des collectivités territoriales (CGCT) traitent de cette question :
 
  • L'article L2223-12 dispose que « tout particulier peut, sans autorisation, faire placer sur la fosse d'un parent ou d'un ami une pierre sépulcrale ou autre signe indicatif de sépulture ». Cette dispense d'autorisation n'est pas une dispense d'accord : le monument posé sur une concession appartient en propre au concessionnaire, et le ministère de l'Intérieur rappelle que l'accord préalable du titulaire de la concession ou de ses héritiers est requis pour toute gravure sur ce monument.
  • Un deuxième niveau concerne le texte. L'article R2223-8, dans sa rédaction issue du décret du 7 avril 2000, dispose : « Aucune inscription ne peut être placée sur les pierres tumulaires ou monuments funéraires sans avoir été préalablement soumise à l'approbation du maire. » Dans une réponse ministérielle publiée au Sénat le 26 janvier 2023, le gouvernement a réaffirmé que, sauf si l'inscription porte atteinte à l'ordre public ou à la dignité des défunts (Conseil d'État, 4 février 1949, Dame Moulis c/ le maire de Sète), le maire ne peut réglementer ni la forme ni la teneur d'une inscription. La gravure du nom d'une personne qui n'a pas été inhumée relève du choix privé du concessionnaire ou de ses ayants droit. Un texte faisant référence à une profession, à une passion, à une région ou à un lien avec la personne qui dépose la plaque ne constitue pas un motif de refus.
  • Le troisième niveau est d'ordre physique. L'article L2223-12-1, ajouté par la loi du 19 décembre 2008, autorise le maire à fixer des dimensions maximales pour les monuments érigés sur les fosses ; les dimensions, la fixation et les matériaux sont régis par le règlement du cimetière. Il s'agit d'un point important à vérifier avant de passer commande, en particulier pour une niche de columbarium, car aucune règle générale à ce sujet n'est précisée dans les textes officiels consultés.
 

Un recul réel, mais dont personne ne mesure l'ampleur

Deux tendances ont été observées sur une période de quinze ans :
 
  • la personnalisation des cérémonies,et
  • un déclin relatif de la popularité des cimetières.

Ces tendances s'appuient sur une enquête financée par la CSNAF, dont les adhérents fabriquent des plaques commémoratives ; la méthodologie est publiée, tout comme l'intérêt du commanditaire.

L'enquête classe les plaques commémoratives au deuxième rang des objets décoratifs les plus fréquemment achetés, après les fleurs fraîches, sans préciser le texte figurant sur ces plaques.

D'autre part, aucune étude ne mesure la part des plaques « à thème » dans les ventes. Il s'agit d'un déclin relatif du format traditionnel, tel qu'on peut le déduire des cérémonies et des offres de produits, mais pas sa disparition.
 
Deux points essentiels à retenir : le texte figurant sur une plaque funéraire n'est soumis à aucune restriction, si ce n'est celles liées à l'ordre public et aux bonnes mœurs. Ce sont les règlements du cimetière, et non le contenu de l'inscription, qui déterminent ce qui peut y être apposé. Le reste marque un véritable tournant, dont toute la portée reste à déterminer.

Questions fréquentes

Peut-on graver n'importe quel texte sur une plaque funéraire ? 


En principe, l'inscription est soumise à l'approbation du maire, conformément à l'article R2223-8 du CGCT. Selon la réponse ministérielle du 26 janvier 2023, le maire ne peut refuser qu'un texte portant atteinte à l'ordre public ou à la dignité des défunts. La mention d'une profession, d'une passion ou d'une région ne relève pas de ces motifs.
 

Doit-on être titulaire d'une concession pour installer une plaque funéraire ? 


L'article L2223-12 dispense d'autorisation administrative la pose d'un signe indicatif de sépulture sur la fosse d'un parent ou d'un ami. Mais le monument posé sur une concession appartient en propre au concessionnaire : selon le ministère de l'Intérieur, l'accord préalable du titulaire de la concession ou de ses héritiers est requis avant toute pose ou gravure, et le règlement du cimetière s'applique.
 

Les plaques de columbarium sont-elles soumises aux mêmes règles ?


Il n'existe aucune règle générale spécifique aux plaques de columbarium. Les dimensions, le mode de fixation et les matériaux autorisés sont régis par le règlement du cimetière, établi par la commune en application de l'article L2223-12-1.

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