Un virement plus gros que d'habitude
La ligne porte le mot « rappel » sur le relevé de paiement et ressemble à une bonne nouvelle : plusieurs mensualités de pension complémentaire versées en une seule fois. L'argent était dû. Reste que ce rattrapage n'est pas un cadeau tombé du ciel : c'est un revenu, et il entre dans le calcul de votre impôt l'année où il arrive sur le compte.
Le régime de retraite complémentaire des salariés du privé verse ces arriérés depuis début juin, par vagues successives. Selon la direction de l'Agirc-Arrco, interrogée par France Inter le 7 mai, un tiers des dossiers suspendus relevait d'une information erronée du régime et a déjà été rattrapé, un deuxième tiers attend une nouvelle enquête, et le dernier tiers correspond à des dossiers ouverts au nom de personnes réellement décédées ou enregistrées avec plus de 110 ans.
Trois mois et demi plus tard, la campagne n'est pas close. Nous sommes donc nombreux à découvrir cet été une ligne de rattrapage sur un relevé.
Le régime de retraite complémentaire des salariés du privé verse ces arriérés depuis début juin, par vagues successives. Selon la direction de l'Agirc-Arrco, interrogée par France Inter le 7 mai, un tiers des dossiers suspendus relevait d'une information erronée du régime et a déjà été rattrapé, un deuxième tiers attend une nouvelle enquête, et le dernier tiers correspond à des dossiers ouverts au nom de personnes réellement décédées ou enregistrées avec plus de 110 ans.
Trois mois et demi plus tard, la campagne n'est pas close. Nous sommes donc nombreux à découvrir cet été une ligne de rattrapage sur un relevé.
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Pourquoi votre pension avait sauté en janvier
Cette coupure n'est pas venue d'un contrôle ciblé. À l'automne 2025, l'Agirc-Arrco a croisé pour la première fois ses fichiers avec ceux de la Direction générale des finances publiques. Le dispositif a signalé près de 100 000 dossiers incohérents, et les paiements se sont arrêtés sans avertissement.
Deux profils ont payé l'addition. D'abord les retraités installés hors de France, tenus de renvoyer chaque année un certificat de vie. Ensuite les veuves et les veufs qui perçoivent une réversion, à qui le régime demande de confirmer qu'ils ne se sont pas remariés. Un courrier parti à une ancienne adresse a suffi. Et toutes les coupures ne datent pas de janvier 2026 : le régime rembourse sans limite d'ancienneté, ce qui fait remonter des dossiers bloqués depuis plusieurs exercices.
Deux profils ont payé l'addition. D'abord les retraités installés hors de France, tenus de renvoyer chaque année un certificat de vie. Ensuite les veuves et les veufs qui perçoivent une réversion, à qui le régime demande de confirmer qu'ils ne se sont pas remariés. Un courrier parti à une ancienne adresse a suffi. Et toutes les coupures ne datent pas de janvier 2026 : le régime rembourse sans limite d'ancienneté, ce qui fait remonter des dossiers bloqués depuis plusieurs exercices.
Ce que ce rappel fait à votre avis d'impôt
Or l'impôt sur le revenu se calcule année par année : un rappel versé en juin 2026 reste imposable au titre de 2026, sur la déclaration remplie au printemps 2027. Ce qui compte, c'est la date à laquelle l'argent a été mis à votre disposition.
Le problème ne s'arrête pas au montant de l'impôt. Ce rattrapage gonfle aussi votre revenu fiscal de référence, le chiffre imprimé en tête de votre avis d'imposition, qui commande le taux de CSG prélevé sur toutes vos pensions deux ans plus tard : votre revenu fiscal de 2026 décide de ce que vous paierez en 2028.
Le barème publié par l'Assurance retraite pose quatre paliers pour une personne seule : exonération jusqu'à 13 048 euros de revenu fiscal, taux réduit de 3,8 % jusqu'à 17 057 euros, taux médian de 6,6 % jusqu'à 26 471 euros, puis taux normal de 8,3 %. Un lissage protège le premier franchissement du seuil du taux réduit, mais pas le passage du médian au normal.
Le problème ne s'arrête pas au montant de l'impôt. Ce rattrapage gonfle aussi votre revenu fiscal de référence, le chiffre imprimé en tête de votre avis d'imposition, qui commande le taux de CSG prélevé sur toutes vos pensions deux ans plus tard : votre revenu fiscal de 2026 décide de ce que vous paierez en 2028.
Le barème publié par l'Assurance retraite pose quatre paliers pour une personne seule : exonération jusqu'à 13 048 euros de revenu fiscal, taux réduit de 3,8 % jusqu'à 17 057 euros, taux médian de 6,6 % jusqu'à 26 471 euros, puis taux normal de 8,3 %. Un lissage protège le premier franchissement du seuil du taux réduit, mais pas le passage du médian au normal.
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Retraité du privé, votre pension a baissé en janvier : la ligne de votre avis d'impôt qui explique tout
Prenons une personne seule au taux médian, avec un revenu fiscal autour de 21 500 euros, qui touche un rappel de 5 750 euros, la moyenne relevée sur les 12 000 dossiers formellement identifiés. Déclarée comme une pension ordinaire, cette somme ajoute 5 175 euros au revenu imposable après l'abattement de 10 % et porte le revenu fiscal à 26 675 euros, soit 204 euros au-dessus de la marche, au barème d'aujourd'hui. Sur une pension de 1 500 euros brut par mois, l'écart de 1,7 point coûte 306 euros sur l'année. Ce calcul est le nôtre : il éclaire un mécanisme, il ne décrit pas votre dossier. Retraité du privé, votre pension a baissé en janvier : la ligne de votre avis d'impôt qui explique tout
La case 2042 C qui divise l'addition
Sauf qu'une case existe précisément pour ça, et presque personne ne la remplit. Les sommes perçues avec retard sans que le décalage vienne de vous portent un nom : ce sont des revenus différés. Elles se déclarent à part, dans le cadre prévu de la déclaration 2042 C, en précisant l'année d'échéance normale de chaque montant.
Le calcul change alors de forme. On divise la part différée du rappel, celle qui correspond aux mensualités des années antérieures, par le nombre d'années civiles d'échéance concernées augmenté de 1, on ajoute cette fraction au revenu ordinaire, puis on multiplie par le même coefficient le supplément d'impôt obtenu. Un rattrapage versé en 2026 dont la part différée ne porte que sur 2025 donne donc un coefficient de 2. Les mensualités de 2026, échues dans l'année du versement, restent des pensions ordinaires. La fiche de service-public.gouv.fr sur les revenus différés détaille la ligne à remplir.
Le bénéfice le plus utile n'est pourtant pas celui-là. Le Bulletin officiel des finances publiques précise que le revenu fiscal de référence n'est majoré que de la seule fraction retenue pour le quotient. Si les 5 750 euros de notre exemple se rapportaient tous à 2025, le revenu fiscal n'augmenterait plus de 5 175 euros mais de 2 588 euros : il resterait à 24 088 euros, largement sous la marche du taux normal.
Le calcul change alors de forme. On divise la part différée du rappel, celle qui correspond aux mensualités des années antérieures, par le nombre d'années civiles d'échéance concernées augmenté de 1, on ajoute cette fraction au revenu ordinaire, puis on multiplie par le même coefficient le supplément d'impôt obtenu. Un rattrapage versé en 2026 dont la part différée ne porte que sur 2025 donne donc un coefficient de 2. Les mensualités de 2026, échues dans l'année du versement, restent des pensions ordinaires. La fiche de service-public.gouv.fr sur les revenus différés détaille la ligne à remplir.
Le bénéfice le plus utile n'est pourtant pas celui-là. Le Bulletin officiel des finances publiques précise que le revenu fiscal de référence n'est majoré que de la seule fraction retenue pour le quotient. Si les 5 750 euros de notre exemple se rapportaient tous à 2025, le revenu fiscal n'augmenterait plus de 5 175 euros mais de 2 588 euros : il resterait à 24 088 euros, largement sous la marche du taux normal.
Le prélèvement à la source ne trie rien
En attendant, le prélèvement à la source ne trie rien du tout. Votre caisse applique le taux en vigueur sur la totalité du rappel, au mois où elle le verse. Vous voyez donc partir d'un seul coup une retenue calculée sur plusieurs mois d'arriérés.
Mais ce prélèvement n'est qu'une avance. L'impôt définitif se calcule sur la déclaration, et le trop-versé revient à l'été 2027. La trésorerie du mois, elle, encaisse le choc tout de suite.
Mais ce prélèvement n'est qu'une avance. L'impôt définitif se calcule sur la déclaration, et le trop-versé revient à l'été 2027. La trésorerie du mois, elle, encaisse le choc tout de suite.
Ce qu'il vous reste à faire avant avril 2027
Alors que faire, concrètement, avant le printemps 2027 ? Connectez-vous à votre espace personnel Agirc-Arrco, téléchargez l'historique de vos paiements depuis janvier 2026 et cherchez une interruption suivie d'un virement anormalement élevé. Si les deux apparaissent, votre dossier fait partie des régularisations déjà traitées.
Si la coupure est visible mais qu'aucun rattrapage ne suit, appelez votre caisse, relevés bancaires à l'appui : le régime ne joint pas spontanément les retraités dont l'adresse n'est plus à jour. Les héritiers d'un assuré décédé avant d'avoir touché son rappel seraient, eux, en droit de le réclamer pendant cinq ans.
Si le rappel est déjà arrivé, rangez la notification avec votre avis d'imposition : elle porte les années auxquelles ces arriérés se rapportent. Je le formule comme je le pense : cet argent vous appartenait déjà, et il serait dommage qu'une case laissée vide en reprenne une part deux ans plus tard, sur une pension qui, elle, n'a pas bougé.
Si la coupure est visible mais qu'aucun rattrapage ne suit, appelez votre caisse, relevés bancaires à l'appui : le régime ne joint pas spontanément les retraités dont l'adresse n'est plus à jour. Les héritiers d'un assuré décédé avant d'avoir touché son rappel seraient, eux, en droit de le réclamer pendant cinq ans.
Si le rappel est déjà arrivé, rangez la notification avec votre avis d'imposition : elle porte les années auxquelles ces arriérés se rapportent. Je le formule comme je le pense : cet argent vous appartenait déjà, et il serait dommage qu'une case laissée vide en reprenne une part deux ans plus tard, sur une pension qui, elle, n'a pas bougé.


