Une aide-soignante de 57 ans consulte son estimation de retraite dans un vestiaire - Illustration générée par IA
Le trimestre que la CNRACL ne comptait pas
Deux mots séparent, dans le vocabulaire des caisses de retraite, un trimestre qui rapporte d'un trimestre qui ne rapporte pas. Une bonification entre dans le calcul du montant. Une majoration de durée d'assurance n'y entre pas : elle sert à atteindre le taux plein, elle ne grossit jamais la pension. Depuis 2004, les enfants des femmes fonctionnaires étaient rangés dans la seconde colonne.
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Majoration, bonification : deux mots, deux effets
Reprenons la règle telle que la CNRACL l'écrit. Un enfant né, adopté ou pris en charge avant le 1er janvier 2004 ouvre droit à une bonification de quatre trimestres, si l'agente a interrompu ou réduit son activité ; ils comptent à la fois pour la durée d'assurance et pour le calcul de la pension. Pour un enfant né à compter du 1er janvier 2004, après le recrutement, la règle a changé à la suite d'une jurisprudence européenne : deux trimestres de majoration de durée d'assurance, et rien d'autre.
Or ces deux trimestres ne servent qu'à mesurer si vous atteignez le taux plein. Ils écartent une décote, ils ne s'ajoutent pas à vos services. Une aide-soignante déjà au taux plein les recevait donc sans qu'un centime bouge sur sa pension. C'est ce point précis qu'un décret de juillet corrige au 1er septembre, comme le détaille désormais la documentation de la CNRACL.
Le décret n° 2026-699 crée une bonification d'un trimestre par enfant né à compter du 1er janvier 2004, pour les femmes ayant accouché après leur recrutement. La caisse précise le mécanisme : quand l'assurée détient déjà les deux trimestres de majoration, l'un des deux est désormais retenu aussi en liquidation. Elle garde donc deux trimestres en durée d'assurance et gagne un trimestre dans le calcul du montant. Et celle qui n'avait pas droit à la majoration, parce qu'un congé parental de plus de six mois avait déjà été pris en compte, reçoit un trimestre valable des deux côtés.
Or ces deux trimestres ne servent qu'à mesurer si vous atteignez le taux plein. Ils écartent une décote, ils ne s'ajoutent pas à vos services. Une aide-soignante déjà au taux plein les recevait donc sans qu'un centime bouge sur sa pension. C'est ce point précis qu'un décret de juillet corrige au 1er septembre, comme le détaille désormais la documentation de la CNRACL.
Le décret n° 2026-699 crée une bonification d'un trimestre par enfant né à compter du 1er janvier 2004, pour les femmes ayant accouché après leur recrutement. La caisse précise le mécanisme : quand l'assurée détient déjà les deux trimestres de majoration, l'un des deux est désormais retenu aussi en liquidation. Elle garde donc deux trimestres en durée d'assurance et gagne un trimestre dans le calcul du montant. Et celle qui n'avait pas droit à la majoration, parce qu'un congé parental de plus de six mois avait déjà été pris en compte, reçoit un trimestre valable des deux côtés.
Ce que ce trimestre ajoute à votre pension
Reste à savoir ce que pèse un trimestre liquidable. La pension CNRACL part du traitement indiciaire des six derniers mois, auquel s'applique un taux de 75 % ramené au rapport entre vos trimestres liquidables et la durée exigée pour votre génération. Un trimestre de plus vaut donc, très exactement, un cent-soixante-douzième d'une pension complète pour les générations qui doivent quarante-trois ans.
Mettons un chiffre dessus. D'après la direction des politiques sociales de la Caisse des Dépôts, la pension mensuelle moyenne des nouveaux pensionnés de droit direct de la CNRACL s'établit à 1 462 euros bruts en 2025. Rapporté aux 172 trimestres d'une carrière complète (170 pour les générations de catégorie active concernées), un trimestre liquidable vaut 8,50 euros par mois. Pour deux enfants nés depuis 2004, cela fait 17 euros par mois, 204 euros par an, et 5 100 euros sur vingt-cinq ans de retraite. Ces montants sortent d'un calcul fait pour cet article, pas d'un barème.
Modeste, donc, mais définitif, et cumulable avec ce que les deux trimestres de majoration font par ailleurs. Car sur une carrière incomplète, leur effet sur la décote pèse souvent bien davantage que le trimestre liquidable : chaque trimestre manquant coûte 1,25 % de pension à la CNRACL, dans la limite de vingt trimestres. Les deux mécanismes ne se remplacent pas, ils s'empilent.
Vient l'objection évidente : qui part en retraite en 2026 avec un enfant né après 2004 ? Les agentes de catégorie active, précisément. Aides-soignantes, infirmières en soins, agentes techniques territoriales partent à 57 ans, âge maintenu pour celles nées jusqu'au 31 août 1966. Une femme née en 1968 qui a accouché en 2004 avait trente-six ans ; elle part à 57 ans et 9 mois, donc depuis la fin 2025, et elle est au cœur de la mesure.
Mettons un chiffre dessus. D'après la direction des politiques sociales de la Caisse des Dépôts, la pension mensuelle moyenne des nouveaux pensionnés de droit direct de la CNRACL s'établit à 1 462 euros bruts en 2025. Rapporté aux 172 trimestres d'une carrière complète (170 pour les générations de catégorie active concernées), un trimestre liquidable vaut 8,50 euros par mois. Pour deux enfants nés depuis 2004, cela fait 17 euros par mois, 204 euros par an, et 5 100 euros sur vingt-cinq ans de retraite. Ces montants sortent d'un calcul fait pour cet article, pas d'un barème.
Modeste, donc, mais définitif, et cumulable avec ce que les deux trimestres de majoration font par ailleurs. Car sur une carrière incomplète, leur effet sur la décote pèse souvent bien davantage que le trimestre liquidable : chaque trimestre manquant coûte 1,25 % de pension à la CNRACL, dans la limite de vingt trimestres. Les deux mécanismes ne se remplacent pas, ils s'empilent.
Vient l'objection évidente : qui part en retraite en 2026 avec un enfant né après 2004 ? Les agentes de catégorie active, précisément. Aides-soignantes, infirmières en soins, agentes techniques territoriales partent à 57 ans, âge maintenu pour celles nées jusqu'au 31 août 1966. Une femme née en 1968 qui a accouché en 2004 avait trente-six ans ; elle part à 57 ans et 9 mois, donc depuis la fin 2025, et elle est au cœur de la mesure.
Les enfants adoptés restent à la porte
Sauf qu'une famille reste dehors, et le texte ne s'en cache pas. La CNRACL l'écrit noir sur blanc : pour les enfants adoptés à compter du 1er janvier 2004, les règles ne changent pas. Ces enfants n'ouvrent droit ni à la majoration de durée d'assurance de deux trimestres, ni à la nouvelle bonification d'un trimestre applicable au 1er septembre. La condition posée par le décret est l'accouchement après le recrutement, pas la charge de l'enfant.
Une date d'effet, pas une date de naissance
D'ailleurs, la même remarque vaut pour les pères : la bonification vise les femmes ayant accouché, et aucune déclaration conjointe ne la transfère. Ce qui se partage entre parents, ce sont les trimestres du régime général, pas ceux-là. Un père fonctionnaire reste donc à la porte du dispositif.
Vient ensuite la question du calendrier, et elle décide de tout. La mesure ne s'applique qu'aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Une radiation des cadres calée au 31 août laisse le trimestre sur la table, définitivement, puisque rien n'est rétroactif. Le même jour entre en vigueur la suspension de la réforme de 2023, qui abaisse la durée exigée à 170 trimestres pour la génération 1964 et le premier trimestre 1965, à 171 d'avril à décembre 1965, la cible de 172 n'étant atteinte qu'à partir de 1966. Ce calendrier vaut pour la catégorie sédentaire : en catégorie active, la durée exigée ne bouge que pour les générations 1969 et 1970.
Deux textes, une seule date, le même dossier. Un départ décalé d'un mois joue sur le montant liquidé pour toutes, et sur la durée exigée pour les seules générations que la suspension déplace.
Vient ensuite la question du calendrier, et elle décide de tout. La mesure ne s'applique qu'aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Une radiation des cadres calée au 31 août laisse le trimestre sur la table, définitivement, puisque rien n'est rétroactif. Le même jour entre en vigueur la suspension de la réforme de 2023, qui abaisse la durée exigée à 170 trimestres pour la génération 1964 et le premier trimestre 1965, à 171 d'avril à décembre 1965, la cible de 172 n'étant atteinte qu'à partir de 1966. Ce calendrier vaut pour la catégorie sédentaire : en catégorie active, la durée exigée ne bouge que pour les générations 1969 et 1970.
Deux textes, une seule date, le même dossier. Un départ décalé d'un mois joue sur le montant liquidé pour toutes, et sur la durée exigée pour les seules générations que la suspension déplace.
La ligne à faire vérifier par votre employeur
Nous en arrivons au geste concret, et il ne dépend pas entièrement de vous. À la CNRACL, c'est l'employeur qui instruit le dossier depuis la plateforme PEP's, où les nouveaux droits ont été intégrés cet été. Demandez donc à votre service des ressources humaines de vérifier deux choses avant la liquidation : que la date de naissance de chaque enfant figure au dossier, et qu'elle est bien postérieure à votre date de recrutement dans la fonction publique.
J'ajoute une précision qui évite un aller-retour : si vous avez commencé votre carrière dans le privé avant d'entrer à l'hôpital ou en mairie, les trimestres enfants du régime général obéissent à d'autres règles, et un seul régime vous attribuera la majoration lorsque plusieurs la prévoient. Un trimestre reste un trimestre, mais il ne vaut pas la même chose selon la caisse qui le compte. Demander la vérification maintenant coûte un courriel ; la demander après la liquidation coûte des mois.
J'ajoute une précision qui évite un aller-retour : si vous avez commencé votre carrière dans le privé avant d'entrer à l'hôpital ou en mairie, les trimestres enfants du régime général obéissent à d'autres règles, et un seul régime vous attribuera la majoration lorsque plusieurs la prévoient. Un trimestre reste un trimestre, mais il ne vaut pas la même chose selon la caisse qui le compte. Demander la vérification maintenant coûte un courriel ; la demander après la liquidation coûte des mois.

