Arnaques

Les impôts avaient prévenu 350 000 contribuables à partir du 17 août : gare au faux avis de taxe foncière qui cite la surface de votre maison

Un message arrive dans votre boîte mail avec la Marianne, votre adresse exacte et la surface de votre maison. Les avis de taxe foncière 2026 sont consultables depuis le 27 août, et le vol de données subi par les impôts cet été a fait sortir ces informations du fichier fiscal. Un seul détail sépare le vrai message officiel de la copie qui cherche votre carte bancaire.

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Article rédigé par | Publié le 30 Août 2026 à 09:07 | mis à jour le 30 Août 2026 à 10:37
©HJBC/Shutterstock.com
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Votre avis est en ligne depuis le 27 août

Depuis le jeudi 27 août, l'avis de taxe foncière 2026 est consultable dans l'espace Finances publiques des propriétaires qui règlent cet impôt en une fois. Ceux qui l'ont mensualisé attendront le 19 septembre, le temps que l'administration calcule le solde restant après les prélèvements passés. Les avis papier partent par vagues entre le 24 août et le 21 septembre pour les non-mensualisés, puis du 21 septembre au 9 octobre pour les mensualisés. Autant dire que la campagne s'étire, et que personne ne s'étonne de recevoir un message des impôts en cette rentrée.

C'est justement ce qui rend la rentrée fiscale confortable pour les escrocs. Le service-public.gouv.fr rappelle que la mise en ligne de l'avis déclenche un courriel d'information, envoyé à ceux qui ont choisi la version dématérialisée. Ce courriel est légitime, et il ressemble à ce qu'un faux message cherche à imiter.
 
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Ce que le vol de données dit de votre maison

La foire aux questions publiée par la Direction générale des Finances publiques le 24 août est précise : un peu plus de 350 000 particuliers sont concernés par le vol de données commis en juin, juillet et août, après usurpation des identifiants d'agents publics. La liste des informations sorties du système est longue : identifiant fiscal, état civil, adresse postale, téléphone, courriel, situation de famille et revenu fiscal de référence.

S'y ajoute une ligne qui concerne directement les propriétaires. Des données cadastrales relatives aux adresses et aux surfaces de biens immobiliers ont également été consultées, écrit l'administration dans le même document, au titre de vols constatés en parallèle du premier. Le périmètre des deux ne se recouvre donc pas exactement. Un escroc qui dispose de ce fichier ne se contente plus d'écrire « Madame, Monsieur » : il peut nommer votre rue et citer la surface de votre pavillon avant toute demande.

Or c'est exactement sur ce terrain que se joue un hameçonnage réussi. Le message frauduleux classique se repérait à ses fautes et à son adresse d'expédition douteuse. Celui qui s'appuie sur des données volées commence par prouver qu'il vous connaît, et cette preuve désamorce la méfiance avant que le lien apparaisse. La DGFiP le dit sans détour : les conséquences portent principalement sur des escroqueries rendues plus crédibles par la mention de vos données personnelles.
  Reste que les avis eux-mêmes n'ont pas bougé. Ni les montants, ni les paiements, ni les espaces personnels sur impots.gouv.fr n'ont été touchés, et le mot de passe de votre compte n'a pas été dérobé. Ce qui a fuité, c'est le portrait fiscal qui permet de fabriquer un faux convaincant.
 

Le vrai courriel des impôts ne demande rien

Le vrai message de l'administration fiscale ne vous demande jamais rien. Le courriel envoyé aux personnes concernées par le vol, à partir du 17 août, ne contient aucun lien vers l'espace fiscal et ne réclame aucune donnée confidentielle. Celui qui annonce la mise à disposition de votre avis se contente de vous dire qu'il est consultable en ligne.

Tout ce qui va au-delà trahit la copie. Un courriel qui réclame un paiement immédiat, un formulaire à compléter ou vos identifiants de connexion ne vient pas des impôts, quelle que soit la qualité de sa mise en page. La règle est écrite noir sur blanc dans la notice de la DGFiP : l'administration ne demande jamais d'informations confidentielles par courriel, par SMS ni par téléphone.

D'ailleurs, le geste qui protège tient en dix secondes. Vous ne cliquez sur aucun lien reçu par message, vous ouvrez votre navigateur, vous tapez impots.gouv.fr et vous vous connectez. Si un avis vous attend, il y est. Sinon, le message reçu était faux, et vous n'avez rien perdu.
 

L'hameçonnage, première plainte des particuliers

Le contexte, lui, n'a rien d'anecdotique. D'après le rapport d'activité 2025 de Cybermalveillance.gouv.fr, la plateforme a traité 504 000 demandes d'assistance en un an, dont 93 % émanant de particuliers. Chez les particuliers, l'hameçonnage occupe la première place avec près d'un tiers des demandes, en hausse de 71 % sur un an. Les fuites de données à répétition nourrissent directement cette vague : plus les fichiers circulent, plus les faux messages deviennent personnalisés.
 

Les 54 jours pendant lesquels le faux avis passe

Et cette vague dispose cette année d'une fenêtre confortable. Entre la mise en ligne du premier avis, le 27 août, et la date limite de paiement en ligne, le 20 octobre à minuit, il s'écoule cinquante-quatre jours pendant lesquels un message qui vous parle de taxe foncière ne surprend personne. Ceux qui règlent par chèque ou en espèces ont cinq jours de moins, la date butoir tombant au 15 octobre, et seulement pour un montant inférieur ou égal à 300 euros.

Ces dates sont votre meilleur filtre. Un SMS qui annonce une échéance différente, une pénalité imminente ou un règlement à effectuer sous quarante-huit heures se trompe de calendrier, et ce décalage suffit à le disqualifier. Même chose pour la somme prélevée : quand vous adhérez au prélèvement à l'échéance, elle part de votre compte dix jours après la date limite, jamais dans l'heure qui suit un courriel.
 

Ce qu'il faut faire si vous avez cliqué

Si vous avez saisi vos identifiants sur un site imitant celui des impôts, changez votre mot de passe depuis impots.gouv.fr et prévenez votre banque si vous avez communiqué un numéro de carte. Conservez tout, captures d'écran, adresse du site, références de la transaction : ces éléments font avancer une plainte. L'administration renvoie vers le service 17Cyber, la plateforme cybermalveillance.gouv.fr et le dépôt de plainte en ligne THÉSÉE, comme le détaille sa page sur la réaction en cas d'arnaque.

Deux numéros valent d'être notés avant d'en avoir besoin. Le 0 805 805 817, gratuit, est celui d'Info Escroqueries, la plateforme du ministère de l'Intérieur, ouverte en semaine de 9 heures à 18 h 30 ; le 0809 401 401 est celui des conseillers des Finances publiques. Nous conseillons de les inscrire à côté du téléphone plutôt que de les chercher dans l'urgence, après avoir cliqué. Le faux avis de cette rentrée ne se distingue pas par son allure, mais par ce qu'il vous demande, et cette différence-là reste lisible même quand tout le reste est parfaitement imité.

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