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EHPAD et Résidences Seniors
EHPAD Alzheimer : UPG, PASA, UHR, le guide des unités spécialisées en 2026Plus de 268 000 résidents d'EHPAD sont atteints d'Alzheimer ou d'une maladie apparentée. Un guide essentiel pour comprendre les quatre types d'unités qui leur sont dédiées.Pourquoi des unités spécialisées en EHPAD ?
En France, plus d'un résident d'EHPAD sur trois est atteint de la maladie d'Alzheimer ou d'une maladie apparentée. Selon la DREES (Direction de la Recherche, des Études, de l'Évaluation et des Statistiques), environ 268 000 personnes hébergées en établissement sont concernées. Un chiffre en hausse constante avec le vieillissement de la population.
Face à cette réalité, tous les EHPAD (Établissements d'Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes) sont en principe équipés pour accueillir ces résidents. Mais certains disposent d'unités spécialisées, conçues pour offrir un environnement sécurisé, un personnel formé et des activités thérapeutiques adaptées. Ces dispositifs, issus du plan Alzheimer 2008-2012, restent pourtant mal connus des familles. Concrètement, un résident atteint d'Alzheimer peut se retrouver dans une chambre classique, sans accompagnement spécifique, faute d'information sur les alternatives. Connaître l'existence de ces unités permet d'exiger la prise en charge la plus adaptée dès l'entrée en établissement. Pour une vision globale du fonctionnement des maisons de retraite, consultez notre guide complet de l'EHPAD en 2026. Les différents types d'unités spécialisées
Quatre types de dispositifs existent au sein des EHPAD pour accompagner les résidents atteints de troubles cognitifs. Chacun répond à un niveau de besoin différent.
UPG Unité de Vie Protégée Type d'accueil Hébergement jour et nuit Capacité 12 à 18 résidents Troubles ciblés Modérés (déambulation, désorientation) PASA Pôle d'Activités et de Soins Adaptés Type d'accueil Journée uniquement Capacité 12 à 14 résidents Atout clé Aucun surcoût pour les familles UHR Unité d'Hébergement Renforcé Type d'accueil Hébergement jour et nuit Capacité 12 à 14 résidents Troubles ciblés Sévères (agitation, agressivité) Cantou Unité de vie familiale Type d'accueil Hébergement jour et nuit Capacité 12 à 16 résidents Atout clé Ambiance familiale, vie participative L'Unité de Vie Protégée (UPG), aussi appelée unité Alzheimer ou Cantou (Centre d'Activités Naturelles Tirées d'Occupations Utiles), est un espace sécurisé qui héberge les résidents jour et nuit. Elle accueille en moyenne 12 à 18 personnes dans des chambres individuelles, réparties autour d'une salle de vie commune. L'accès est contrôlé pour éviter les risques de fugue. Le personnel, spécifiquement formé, propose un accompagnement individualisé : stimulation cognitive, ateliers mémoire, activités du quotidien comme la cuisine ou le jardinage. L'objectif est de maintenir les capacités restantes dans un cadre rassurant. Le Pôle d'Activités et de Soins Adaptés (PASA) fonctionne différemment. Il accueille en journée uniquement 12 à 14 résidents de l'EHPAD qui présentent des troubles du comportement modérés. Le soir, chacun regagne sa chambre habituelle dans l'établissement. Des professionnels spécialisés — ergothérapeute, psychomotricien, assistant de soins en gérontologie — proposent des activités thérapeutiques non médicamenteuses. En France, plus de 1 900 PASA sont recensés, mais leur répartition reste inégale selon les territoires. L'Unité d'Hébergement Renforcé (UHR) s'adresse aux situations les plus complexes. Elle accueille jour et nuit 12 à 14 résidents dont les troubles du comportement sont sévères et ne peuvent plus être gérés dans une unité classique. L'encadrement médical y est renforcé, avec un personnel présent en permanence, y compris la nuit. L'admission en UHR n'est pas définitive : lorsque les troubles s'atténuent, le résident peut réintégrer une unité traditionnelle. Le Cantou, terme issu de l'occitan signifiant « le coin du feu », désigne historiquement les premières unités de vie adaptées apparues dans les années 1970. Aujourd'hui, ce nom est souvent utilisé comme synonyme d'unité protégée. Ces petites structures de 12 à 16 places privilégient une ambiance familiale, avec des activités quotidiennes participatives. Comment accéder à une unité spécialisée ?
L'accès à une unité spécialisée n'est pas automatique. Plusieurs conditions doivent être réunies.
D'abord, un diagnostic confirmé de maladie d'Alzheimer ou d'une maladie neurodégénérative apparentée est indispensable. Ensuite, le médecin coordonnateur de l'EHPAD évalue les troubles du comportement à l'aide de l'échelle NPI-ES, un outil qui mesure l'intensité et la fréquence des symptômes. Le niveau de dépendance du résident, mesuré par la grille AGGIR et les niveaux GIR, entre également en compte : les résidents classés GIR 1 ou GIR 2 sont prioritaires. L'orientation vers l'unité adaptée — PASA pour les troubles modérés, UPG pour un hébergement sécurisé, UHR pour les troubles sévères — est décidée par le médecin coordonnateur, en lien avec le médecin traitant et l'équipe soignante. Une équipe mobile de gériatrie ou une consultation mémoire peut aussi intervenir dans la décision. Attention toutefois : les places sont limitées. On dénombre environ 333 UHR en France et la liste d'attente peut être longue. Pour les PASA, 29 % des EHPAD équipés jugent leur capacité insuffisante au regard de la demande. Il est donc conseillé de se renseigner en amont, dès la recherche d'un EHPAD, sur la présence de ces unités. Quel impact sur le tarif ?
La question du coût est souvent la première inquiétude des familles. La bonne nouvelle : l'accompagnement en PASA n'entraîne aucun surcoût. Le financement est assuré par l'Agence Régionale de Santé (ARS) dans le cadre de l'enveloppe soins, prise en charge à 100 % par l'Assurance maladie.
Pour les unités protégées et les UHR, la tarification suit la même logique qu'en section classique de l'EHPAD : tarif hébergement plus tarif dépendance. Le surcoût, lié au taux d'encadrement plus élevé, représente en moyenne 8 à 12 % du prix de revient selon la CNSA. Concrètement, une chambre en unité protégée peut coûter de 60 à 900 € de plus par mois qu'en section traditionnelle. Pour alléger la facture, l'Allocation Personnalisée d'Autonomie (APA) en établissement couvre une partie du tarif dépendance. L'Aide Sociale à l'Hébergement (ASH) peut également intervenir sous conditions de ressources. Consultez notre guide des montants de l'APA en 2026 et notre article sur les tarifs EHPAD en 2026 pour connaître les aides disponibles. Enfin, pensez à interroger l'EHPAD sur la présence d'un PASA ou d'une unité protégée dès la visite de pré-admission. Le site officiel pour-les-personnes-agees.gouv.fr propose un annuaire filtrable par type d'accompagnement spécifique, un outil précieux pour cibler les établissements les mieux équipés près de chez vous. Sources :
- DREES, enquête EHPA 2023, « Les résidents en établissement pour personnes âgées », novembre 2025 - IGAS, « Évaluation des dispositifs spécialisés de prise en charge des personnes atteintes de maladies neurodégénératives », juillet 2023 - Pour-les-personnes-agees.gouv.fr, « Alzheimer en EHPAD : quel accompagnement ? », 2025 - Pour-les-personnes-agees.gouv.fr, « Les PASA : des espaces aménagés au sein des EHPAD », 2024 - Cahier des charges PASA et UHR, Ministère de la Santé (circulaire DGAS 2009)
Par Fabrice Crozier | Publié le 17/02/2026 à 12:48La rédaction vous conseille
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