Actualité Médicale

Canicule et seniors : ces réflexes méconnus que votre médecin n'a jamais mis sur ordonnance

Par | Publié le 17/06/2026 à 11:02

Cinquante départements en vigilance, des pointes à 40 °C annoncées ce week-end, et toujours les mêmes conseils : buvez de l'eau, fermez vos volets. Quand vous avez 65 ans et un pilulier de cinq comprimés, ça ne suffit plus.

Partager : W f X in @
Une retraitée applique un linge humide sur sa nuque pendant la canicule
Une retraitée applique un linge humide sur sa nuque pendant la canicule

Deux gestes à faire avant la première alerte

Le premier réflexe n'a rien à voir avec l'eau ou les volets. Si vous prenez un traitement chronique, appelez votre pharmacien avant la vague de chaleur et demandez-lui une chose simple : parmi vos comprimés, lesquels posent un problème par forte chaleur ?

Le deuxième réflexe est encore plus méconnu. Rendez-vous au CCAS de votre mairie et demandez votre inscription sur le registre communal des personnes vulnérables.

Ce formulaire gratuit déclenche un protocole d'appel pendant les canicules : la mairie vous téléphone régulièrement, et si vous ne répondez plus, les services de secours interviennent.

Ces deux gestes se font en cinq minutes chacun, à froid, avant que le thermomètre ne monte. Une fois la canicule installée, il est trop tard pour les accomplir sereinement.
 

Votre pilulier cache trois pièges que la chaleur réveille

Troisième réflexe : identifiez les familles de médicaments à risque dans votre pilulier.

L'ANSM a publié fin mai 2026 son alerte annuelle. Trois familles de médicaments pris quotidiennement par des millions de seniors changent de comportement dès que le thermomètre dépasse 30 °C.

Les diurétiques, prescrits contre l'hypertension ou l'insuffisance cardiaque, accélèrent l'élimination d'eau par les reins. Quand votre corps transpire déjà moins qu'à 40 ans, cette double perte hydrique peut provoquer une chute de tension, des vertiges ou une insuffisance rénale en quelques heures.

Les neuroleptiques perturbent la capacité du cerveau à percevoir la chaleur. Vous surchauffez sans vous en rendre compte, et c'est le piège le plus dangereux : le signal d'alerte interne est coupé.

Les sartans et les IEC, deux autres familles d'antihypertenseurs fréquemment associés à un diurétique sur la même ordonnance, aggravent la baisse de tension provoquée par la déshydratation. La liste complète des classes à risque est consultable sur le site de l'ANSM.

Quatrième réflexe : ne prenez jamais d'ibuprofène de votre propre initiative par forte chaleur. Les anti-inflammatoires fatiguent les reins, qui travaillent déjà à plein régime pour maintenir votre hydratation, et un mal de tête dû à la chaleur se traite par le froid et l'eau, pas par un comprimé.

Cinquième réflexe : vérifiez le stockage de vos médicaments sensibles. L'insuline et les bandelettes de glycémie se dégradent au-delà de 25 °C : si votre logement surchauffe, placez-les dans un sac isotherme, jamais sur le rebord de la fenêtre ni dans la boîte à gants.

Boire de l'eau ne suffit pas quand on a 70 ans

Sixième réflexe, et c'est le plus contre-intuitif : ne buvez pas que de l'eau. L'eau pure en grande quantité peut provoquer une hyponatrémie, c'est-à-dire une chute du sodium dans le sang, un risque réel chez les seniors sous diurétiques.

Alternez eau plate, soupes froides, compotes, melons et tomates. Ces aliments apportent à la fois l'eau et les sels minéraux que votre corps perd par la transpiration résiduelle, même quand vous ne transpirez pas visiblement.

Septième réflexe : mangez même sans appétit. La chaleur coupe la faim chez tout le monde, mais chez une personne de plus de 65 ans, trois repas sautés suffisent à déclencher un malaise.

Nous qui connaissons bien cette perte d'appétit estivale, nous savons qu'un gaspacho ou une assiette de fruits froids passe mieux qu'un plat chaud.

Refroidir le corps, pas seulement la pièce

Huitième réflexe : oubliez le ventilateur au-delà de 32 °C. Il ne fait que brasser l'air chaud sans le refroidir, et il accélère la déshydratation en évaporant l'eau de votre peau.

Ce qui marche : un linge humide sur la nuque, les avant-bras et les chevilles, renouvelé toutes les heures. Ce geste fait baisser la température corporelle de 1 à 2 °C en quelques minutes. Les maisons anciennes sans isolation accumulent la chaleur après 48 heures de canicule, et le linge humide reste en effet le recours le plus efficace en attendant la nuit.

Neuvième réflexe : si votre logement dépasse 32 °C en intérieur, quittez-le pour un lieu rafraîchi (bibliothèque municipale, supermarché climatisé, salle paroissiale, ou salle dédiée ouverte par la mairie). Le numéro Canicule Info Service, 0 800 06 66 66, est gratuit et activé pendant toute la durée de la vigilance.

Le signe d'alerte que personne ne vous apprend à reconnaître

Dixième réflexe, et c'est le plus vital : un coup de chaleur chez une personne de plus de 65 ans ne ressemble pas à ce que vous imaginez.

Le premier signe n'est ni la fièvre ni la peau rouge : c'est une confusion mentale soudaine. Propos incohérents, désorientation dans l'espace, somnolence inhabituelle en pleine journée.

Si votre proche présente ces signes, la réponse n'est pas un verre d'eau : c'est le 15, immédiatement. Santé publique France a comptabilisé 24 000 passages aux urgences pour pathologies liées à la chaleur pendant l'été 2025, et les plus de 75 ans représentaient 53 % de ces admissions.

Nous sommes tous concernés par la canicule qui s'installe cette semaine, mais pour ceux qui ont passé 65 ans, ces dix gestes concrets peuvent faire toute la différence.
 

Partager cet article
W f X in @

Chaque vendredi, l'essentiel de l'actualité des seniors de la semaine dans votre boite mail !
Facebook
X