L'appel commence toujours par un prénom
« Bonjour, c'est Guillaume à l'appareil, j'ai essayé de vous appeler mercredi dernier. » La phrase crée un faux sentiment de rendez-vous manqué. D'autres variantes circulent : « Bonjour, c'est Valérie » ou « Bonjour, c'est Maxime ». Le ton est fluide, naturel, sans la moindre hésitation.
Un détail trahit l'imposture : votre interlocuteur ne cite jamais le nom d'un organisme. Aucun conseil régional ne propose d'« aide régionale » par téléphone pour réduire votre facture d'électricité.
Un détail trahit l'imposture : votre interlocuteur ne cite jamais le nom d'un organisme. Aucun conseil régional ne propose d'« aide régionale » par téléphone pour réduire votre facture d'électricité.
Du compteur Linky aux panneaux solaires en trois questions
Le script suit un enchaînement précis. « Guillaume » évoque d'abord un récapitulatif de votre consommation trimestrielle reçu via votre compteur Linky, puis enchaîne sur une prétendue « aide régionale du mois de mai » qui ouvrirait des droits à une réduction de votre facture.
L'expression « aide régionale » est un habillage inventé par les plateformes de démarchage frauduleux. Les factures d'électricité ont bondi de plus de 40 % entre 2022 et 2024, et une nouvelle hausse d'environ 1 % est actée au 1er août 2026 par la Commission de régulation de l'énergie : « réduire considérablement sa facture » sonne forcément comme une promesse en or.
Sauf que la mécanique s'emballe dès la deuxième question : « Êtes-vous propriétaire de votre logement ? » La réponse oriente la suite vers un argumentaire commercial sur l'isolation, les panneaux solaires ou les pompes à chaleur.
L'appel se termine par une annonce cordiale : vous allez être rappelé « par un conseiller ». Cette fois, un être humain décroche, muni de votre numéro et de votre statut de propriétaire.
Le robot a fait son travail : vous qualifier. Le vendeur, lui, n'a plus qu'à conclure la vente avec un prospect déjà convaincu.
L'expression « aide régionale » est un habillage inventé par les plateformes de démarchage frauduleux. Les factures d'électricité ont bondi de plus de 40 % entre 2022 et 2024, et une nouvelle hausse d'environ 1 % est actée au 1er août 2026 par la Commission de régulation de l'énergie : « réduire considérablement sa facture » sonne forcément comme une promesse en or.
Sauf que la mécanique s'emballe dès la deuxième question : « Êtes-vous propriétaire de votre logement ? » La réponse oriente la suite vers un argumentaire commercial sur l'isolation, les panneaux solaires ou les pompes à chaleur.
L'appel se termine par une annonce cordiale : vous allez être rappelé « par un conseiller ». Cette fois, un être humain décroche, muni de votre numéro et de votre statut de propriétaire.
Le robot a fait son travail : vous qualifier. Le vendeur, lui, n'a plus qu'à conclure la vente avec un prospect déjà convaincu.
Un démarchage interdit depuis le 1er juillet 2025
Ce que l'appelant ne dit évidemment pas, c'est que la loi lui interdit formellement ce qu'il fait. Depuis le 1er juillet 2025, la loi n° 2025-594 du 30 juin 2025 interdit tout démarchage téléphonique, par SMS ou par courriel dans le secteur de la rénovation énergétique.
L'interdiction couvre l'offre de prestations de services, la vente d'équipements ou la réalisation de travaux en vue de réaliser des économies d'énergie ou de produire de l'énergie renouvelable, comme le détaille service-public.gouv.fr. Proposer une pompe à chaleur, des panneaux solaires ou de l'isolation par téléphone est donc illégal, quel que soit le ton employé.
La conséquence directe est redoutable pour l'escroc comme pour le vendeur qui l'emploie : tout contrat signé à la suite d'un tel appel est nul de plein droit. Vous pouvez en demander l'annulation à tout moment dans les délais légaux.
Les sanctions sont lourdes : 75 000 € d'amende pour une personne physique, 375 000 € pour une personne morale. En cas d'abus de faiblesse (cibler une personne âgée, isolée ou vulnérable), les peines montent à 500 000 € d'amende et cinq ans d'emprisonnement.
Et à partir du 11 août 2026, une deuxième couche de protection s'ajoute : tout démarchage téléphonique commercial sera interdit par défaut, sauf consentement explicite préalable du consommateur. Le service Bloctel disparaîtra ce jour-là, remplacé par un principe d'opt-in généralisé.
L'interdiction couvre l'offre de prestations de services, la vente d'équipements ou la réalisation de travaux en vue de réaliser des économies d'énergie ou de produire de l'énergie renouvelable, comme le détaille service-public.gouv.fr. Proposer une pompe à chaleur, des panneaux solaires ou de l'isolation par téléphone est donc illégal, quel que soit le ton employé.
La conséquence directe est redoutable pour l'escroc comme pour le vendeur qui l'emploie : tout contrat signé à la suite d'un tel appel est nul de plein droit. Vous pouvez en demander l'annulation à tout moment dans les délais légaux.
Les sanctions sont lourdes : 75 000 € d'amende pour une personne physique, 375 000 € pour une personne morale. En cas d'abus de faiblesse (cibler une personne âgée, isolée ou vulnérable), les peines montent à 500 000 € d'amende et cinq ans d'emprisonnement.
Et à partir du 11 août 2026, une deuxième couche de protection s'ajoute : tout démarchage téléphonique commercial sera interdit par défaut, sauf consentement explicite préalable du consommateur. Le service Bloctel disparaîtra ce jour-là, remplacé par un principe d'opt-in généralisé.
La voix synthétique plus crédible que l'escroc lui-même
Les voix synthétiques utilisées dans ces appels ne sont pas des enregistrements grossiers. Ce sont des agents conversationnels pilotés par intelligence artificielle, capables de répondre à vos questions, de rebondir sur vos objections et de maintenir un échange qui semble parfaitement humain.
Comme l'a documenté la radio ICI (France Bleu), le robot est programmé pour poursuivre la discussion et adapte son discours en fonction de vos réponses. C'est un saut qualitatif par rapport au spam vocal classique.
L'ancien modèle (message préenregistré, appui sur une touche) laissait le temps de raccrocher. Le nouveau vous piège dans une mécanique de conversation où votre interlocuteur fait référence à un rendez-vous manqué et cite votre compteur.
Le simple fait de rester en ligne quelques secondes suffit à confirmer que votre numéro est actif. Nous l'avions documenté ici : trois secondes de votre voix suffisent désormais à une IA pour la reproduire et usurper votre identité.
Comme l'a documenté la radio ICI (France Bleu), le robot est programmé pour poursuivre la discussion et adapte son discours en fonction de vos réponses. C'est un saut qualitatif par rapport au spam vocal classique.
L'ancien modèle (message préenregistré, appui sur une touche) laissait le temps de raccrocher. Le nouveau vous piège dans une mécanique de conversation où votre interlocuteur fait référence à un rendez-vous manqué et cite votre compteur.
Le simple fait de rester en ligne quelques secondes suffit à confirmer que votre numéro est actif. Nous l'avions documenté ici : trois secondes de votre voix suffisent désormais à une IA pour la reproduire et usurper votre identité.
Trois réflexes pour couper court sans hésiter
Le premier réflexe est le plus simple : aucun organisme officiel ne vous appellera pour vous proposer de réduire votre facture d'électricité. Si votre interlocuteur ne cite jamais le nom de l'organisme pour lequel il travaille, raccrochez.
Deuxième réflexe : ne répondez même pas par un « allô ». Plus vous restez en ligne, plus votre numéro prend de la valeur dans les fichiers revendus à d'autres plateformes de démarchage.
Troisième réflexe : signalez l'appel sur signal.conso.gouv.fr ou par SMS au 33700. Et si vous avez déjà signé un contrat après un tel appel, sachez qu'il est annulable : la nullité de plein droit prévue par la loi s'applique dans les délais légaux.
Deuxième réflexe : ne répondez même pas par un « allô ». Plus vous restez en ligne, plus votre numéro prend de la valeur dans les fichiers revendus à d'autres plateformes de démarchage.
Troisième réflexe : signalez l'appel sur signal.conso.gouv.fr ou par SMS au 33700. Et si vous avez déjà signé un contrat après un tel appel, sachez qu'il est annulable : la nullité de plein droit prévue par la loi s'applique dans les délais légaux.



