Le téléphone d'un senior affiche le virement reçu proposé par la simulation de la banque - Illustration générée par IA
Ce que 300 000 euros vous versent réellement chaque mois
Le point de départ tient en trois lignes. Placés à 2 %, 300 000 euros produisent 6 000 euros par an. À 4 %, 12 000 euros. À 6 %, 18 000 euros, soit 1 500 euros par mois. Ces trois montants sont exacts, et ce sont eux que rendent la plupart des simulateurs en ligne.
Sauf qu'il s'agit de rendements bruts. Ils décrivent ce que le placement fabrique, pas ce qui atterrit sur votre compte. Entre les deux se glissent l'impôt et les prélèvements sociaux, dont le taux a changé au 1er janvier.
Sauf qu'il s'agit de rendements bruts. Ils décrivent ce que le placement fabrique, pas ce qui atterrit sur votre compte. Entre les deux se glissent l'impôt et les prélèvements sociaux, dont le taux a changé au 1er janvier.
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Depuis janvier, le prélèvement forfaitaire est passé à 31,4 %
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, promulguée le 30 décembre 2025, a relevé de 1,4 point la CSG appliquée à une large part des revenus du capital, par la création d'une contribution destinée à la branche autonomie. Le taux passe de 9,2 % à 10,6 %. Additionnés à la CRDS et au prélèvement de solidarité, les prélèvements sociaux grimpent donc de 17,2 % à 18,6 %.
Le prélèvement forfaitaire unique suit mécaniquement. Cette « flat tax » de 30 % installée en 2018 vaut désormais 31,4 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu, 18,6 % de prélèvements sociaux. Elle s'applique depuis le 1er janvier 2026 aux dividendes, aux intérêts des livrets bancaires ordinaires et aux plus-values de cession de titres.
Reprenons alors le scénario du milieu, celui à 4 %. Sur les 12 000 euros produits dans l'année, 3 768 euros partent en impôt et en prélèvements sociaux. Il reste 8 232 euros, soit 686 euros par mois au lieu des 1 000 annoncés. Le calcul est le nôtre, appliqué au taux en vigueur : l'écart avec la promesse de départ atteint 314 euros chaque mois.
La hausse de janvier, à elle seule, coûte 168 euros par an sur ce scénario et 252 euros sur celui à 6 %. Or tous les supports n'y sont pas soumis. L'article L. 136-8 du code de la sécurité sociale conserve l'ancien taux de 9,2 % de CSG, donc 17,2 % au total, pour une liste fermée d'enveloppes : l'assurance vie et les contrats de capitalisation, les plans et comptes épargne logement ouverts jusqu'au 31 décembre 2017, les plans d'épargne populaire. Les revenus fonciers et les plus-values immobilières échappent eux aussi à la hausse.
Cette frontière se chiffre facilement. Sur 12 000 euros de gains, un compte-titres supporte 2 232 euros de prélèvements sociaux quand un contrat d'assurance vie en supporte 2 064. Cent soixante-huit euros d'écart par an, pour un rendement identique, uniquement parce que l'argent ne dort pas dans la même enveloppe.
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Reprenons alors le scénario du milieu, celui à 4 %. Sur les 12 000 euros produits dans l'année, 3 768 euros partent en impôt et en prélèvements sociaux. Il reste 8 232 euros, soit 686 euros par mois au lieu des 1 000 annoncés. Le calcul est le nôtre, appliqué au taux en vigueur : l'écart avec la promesse de départ atteint 314 euros chaque mois.
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Vos livrets n'accueillent que 44 950 euros sur les 300 000
D'ailleurs, le premier réflexe après une vente ou une succession consiste souvent à tout garer sur les livrets, le temps de réfléchir. L'opération bute sur les plafonds. Le Livret A accepte 22 950 euros de versements, le LDDS 12 000 euros, le LEP 10 000 euros pour les foyers dont le revenu fiscal de référence reste sous le seuil. Un épargnant éligible aux trois loge ainsi 44 950 euros, soit 15 % de son capital.
Ce que cette poche rapporte se calcule en quelques secondes. Depuis le 1er août 2026, le Livret A et le LDDS servent 1,7 % et le LEP 2,5 %, des taux fixés par arrêté et détaillés par Service Public. Sur une année pleine à ces taux, un Livret A au plafond verse 390 euros, le LDDS 204 euros, le LEP 250 euros. Total : 844 euros, soit 70 euros par mois selon notre calcul, nets d'impôt comme de prélèvements sociaux.
Restent 255 050 euros à loger ailleurs, avec une fiscalité à la clé. Le fonds en euros de l'assurance vie a servi 2,63 % en moyenne en 2025 sur les contrats individuels, un chiffre publié par l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution en juin 2026 ; les prélèvements sociaux y sont ponctionnés chaque année, à 17,2 %. Du côté de la pierre-papier, l'ASPIM relevait en février un taux de distribution moyen de 4,91 % pour 2025 pour les SCPI, avec une réserve de taille : le prix des parts bouge, et la performance globale du marché tombe à 1,46 % une fois cette variation intégrée.
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Le capital qu'il faudrait pour toucher 1 000 euros nets
Prenons le problème par l'autre bout. Pour toucher 1 000 euros nets chaque mois avec un placement à 4 % soumis au prélèvement forfaitaire, il faut produire 17 493 euros bruts dans l'année, donc disposer d'environ 437 000 euros. Selon notre calcul, la barre a bougé de 137 000 euros par rapport au chiffre rond dont tout le monde parle, et elle ne tient compte ni de l'inflation, ni des frais de gestion.
Trois vérifications valent le détour avant d'arbitrer quoi que ce soit. La date d'ouverture de votre contrat d'assurance vie, d'abord : passé huit ans, 4 600 euros de gains échappent chaque année à l'impôt sur le revenu pour une personne seule, 9 200 euros pour un couple, les prélèvements sociaux restant dus. Le taux applicable ensuite, 7,5 % pour la fraction des produits correspondant aux versements inférieurs à 150 000 euros, 12,8 % au-delà. Votre revenu fiscal de référence enfin, qui ouvre ou ferme la porte du LEP et se lit sur votre dernier avis d'imposition.
Un mot sur ce que ces moyennes ne racontent pas. Le fonds en euros garantit le capital, pas les SCPI ni les actions, dont la valeur peut reculer d'une année sur l'autre. Retirer une somme fixe pendant une baisse oblige à vendre des parts au plus bas, et ce mécanisme fait fondre un capital bien plus vite qu'un tableau de rendement ne le laisse imaginer.
Nous touchons là ce que les simulateurs ne disent jamais. Un capital ne devient une rente qu'après le passage de l'impôt, et la ligne de partage n'est plus celle de 2025 : elle sépare désormais les enveloppes restées à 17,2 % de celles qui sont passées à 18,6 %. Entre un contrat ouvert il y a dix ans et un compte-titres ouvert le mois dernier, la différence ne se joue pas sur le rendement affiché, mais sur la part que chacun laisse en route.
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