Argent et patrimoine

Hausse CSG 2026 : votre PER va perdre jusqu'à 4 000 € quand l'assurance-vie y échappe

Depuis le 1er janvier 2026, la CSG sur les Plans d'Épargne Retraite passe de 9,2 % à 10,6 %, portant les prélèvements sociaux à 18,6 %. Une hausse qui va amputer le capital de 12 millions d'épargnants, tandis que l'assurance-vie, elle, est épargnée. Voici l'impact concret sur votre épargne et les solutions pour limiter la casse.


Par | Publié le 15/01/2026 à 19:40
Un couple senior un peu dépité examine des documents d'épargne retraite © SeniorActu
Un couple senior un peu dépité examine des documents d'épargne retraite © SeniorActu

Une hausse ciblée qui frappe tous les PER

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, adoptée définitivement le 16 décembre 2025 et publiée au Journal officiel le 31 décembre, a créé une contribution financière pour l'autonomie (CFA) qui se traduit par une hausse de 1,4 point de la CSG sur certains revenus du capital.

Le taux de CSG passe ainsi de 9,2 % à 10,6 % au 1er janvier 2026. Cette augmentation fait grimper les prélèvements sociaux totaux de 17,2 % à 18,6 %. Pour les placements soumis à la flat tax, le prélèvement forfaitaire unique atteint désormais 31,4 % (au lieu de 30 %).

Le piège ? Tous les Plans d'Épargne Retraite sont concernés, qu'ils soient bancaires ou assurantiels. L'amendement n°1104 déposé lors du vote du texte a bien exclu l'assurance-vie, les revenus fonciers, les PEL et CEL de cette hausse. Mais le PER n'apparaît nulle part dans la liste des exclusions.

La Direction générale des Finances publiques a tranché cette question début janvier 2026 : les gains réalisés sur un PER, lors d'une sortie en capital ou en rente, supportent bien le nouveau taux de 18,6 % de prélèvements sociaux. Une clarification qui met fin aux espoirs de certains épargnants qui pensaient que les PER assurantiels seraient traités comme l'assurance-vie.

Qui est concerné par cette hausse ?

Environ 12 millions de Français détiennent un Plan d'Épargne Retraite, avec un encours global de 125 milliards d'euros. Vous êtes concerné si :
 
  • Vous détenez un PER individuel (PERIN), ouvert de votre propre initiative
  • Vous avez souscrit un PER collectif (PERCOL) ou obligatoire (PERCAT) dans votre entreprise
  • Vous avez transféré un ancien PERP, contrat Madelin ou PERCO vers un PER
  • Vous prévoyez de débloquer votre PER dans les prochaines années


La hausse s'applique aux sorties effectuées à partir du 1er janvier 2026, quelle que soit la date de vos versements. Si vous avez alimenté votre PER avant 2026, les gains générés supporteront quand même le nouveau taux de prélèvements sociaux au moment du rachat.

En revanche, si vous détenez une assurance-vie, vos contrats restent soumis à l'ancien taux de 17,2 %. Cette différence de traitement crée une asymétrie fiscale majeure entre les deux principaux produits d'épargne longue des Français.

L'impact sur votre capital : jusqu'à 4 000 € de perte

Concrètement, combien allez-vous perdre ? Tout dépend du montant de vos gains accumulés dans le PER.

Exemple 1 : Capital de 100 000 € dont 30 000 € de gains
Avec les prélèvements sociaux à 17,2 % (avant 2026) : 5 160 € de prélèvements
Avec les prélèvements sociaux à 18,6 % (depuis 2026) : 5 580 € de prélèvements
Perte nette : 420 €

Exemple 2 : Capital de 200 000 € dont 80 000 € de gains
Avec les prélèvements sociaux à 17,2 % : 13 760 € de prélèvements
Avec les prélèvements sociaux à 18,6 % : 14 880 € de prélèvements
Perte nette : 1 120 €

Exemple 3 : Capital au plafond (300 000 €) dont 100 000 € de gains
Avec les prélèvements sociaux à 17,2 % : 17 200 € de prélèvements
Avec les prélèvements sociaux à 18,6 % : 18 600 € de prélèvements
Perte nette : 1 400 €

Pour un couple ayant constitué un PER de 400 000 € avec 150 000 € de gains cumulés, la différence atteint 2 100 € de prélèvements supplémentaires. Sur plusieurs rachats échelonnés, la facture peut facilement dépasser 4 000 €.

À titre de comparaison, une assurance-vie avec le même encours de gains ne subirait aucune hausse. La différence fiscale entre les deux produits devient donc un critère majeur pour optimiser votre stratégie d'épargne retraite.

Ce que vous pouvez faire pour limiter l'impact

1. Vérifier votre situation fiscale sur impots.gouv.fr
Connectez-vous à votre espace personnel pour consulter vos avis d'imposition et estimer l'impact de la hausse selon votre tranche marginale d'imposition. Le simulateur vous permet d'anticiper le coût fiscal de votre future sortie en capital.

2. Rééquilibrer entre PER et assurance-vie
Si vous n'avez pas encore atteint le plafond de déduction fiscale de votre PER, continuez à l'alimenter pour profiter de l'avantage à l'entrée. Mais pour la partie de votre épargne qui ne bénéficie plus de déduction, privilégiez désormais l'assurance-vie, qui reste à 17,2 % de prélèvements sociaux.

3. Anticiper la sortie en rente si possible
En cas de sortie en rente viagère, seule une fraction de chaque versement est soumise aux prélèvements sociaux (selon votre âge à la liquidation). Cette option peut atténuer l'impact de la hausse, notamment si vous optez pour une rente longue. Demandez une simulation à votre assureur.

4. Ne pas paniquer sur les versements en cours
Malgré la hausse, le PER conserve son principal atout : la déduction fiscale à l'entrée. Pour un contribuable dans la tranche à 41 % ou 45 %, l'économie d'impôt immédiate reste largement supérieure au surcoût des prélèvements sociaux à la sortie.

5. Consulter un conseiller en gestion de patrimoine
Si votre encours PER dépasse 200 000 €, une analyse personnalisée peut vous permettre d'optimiser votre stratégie de sortie (rachat partiel progressif, arbitrage entre capital et rente, coordination avec d'autres revenus). Vous pouvez obtenir des informations complémentaires sur service-public.fr.

L'essentiel à retenir : la hausse de CSG sur le PER ne remet pas en cause l'intérêt du produit, mais elle renforce la complémentarité avec l'assurance-vie pour diversifier votre épargne longue.

Sources
- Loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, Journal officiel, 31 décembre 2025
- Amendement n°1104, Assemblée nationale, 4 décembre 2025
- Direction générale des Finances publiques, janvier 2026

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