La maltraitance en Établissement d'Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD) — autrement dit en maison de retraite médicalisée — ne se limite pas aux coups. Elle prend des formes multiples, souvent invisibles, qui s'installent dans le quotidien du résident sans que les proches en aient conscience.
Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS),
près d'une personne âgée sur six dans le monde est victime d'une forme de maltraitance. En France, le numéro national
3977 reçoit chaque année des dizaines de milliers d'appels. Après le scandale Orpea en 2022, les signalements ont bondi de
40 %. Le plan de contrôle lancé la même année a révélé que
11 % des 7 500 EHPAD inspectés étaient en situation dégradée, avec
40 signalements transmis au procureur de la République. Le statut juridique de l'établissement — public, associatif ou privé — influe sur les moyens humains et financiers disponibles. Consultez notre article sur les
différences entre EHPAD public, associatif et privé pour mieux comprendre ces enjeux.
Cinq types de maltraitance sont officiellement reconnus. La maltraitance
physique : coups, soins brutaux, contentions — c'est-à-dire immobilisations physiques — injustifiées. La maltraitance
psychologique : humiliations, infantilisation, menaces, isolement forcé. La maltraitance
financière : vols, procurations abusives, facturations indues. La
négligence : hygiène insuffisante, repas inadaptés, sonnettes laissées sans réponse. Et la maltraitance
médicamenteuse : sédatifs administrés sans consentement pour calmer un résident.
La Défenseure des droits qualifie cette maltraitance de
« systémique » : elle résulte souvent de carences organisationnelles — manque de personnel, épuisement des soignants — plus que d'actes individuels. Selon la Fédération 3977,
environ trois quarts des maltraitances signalées concernent le domicile et
un quart les établissements. Pour mieux comprendre le fonctionnement de ces structures, consultez notre
guide complet de l'EHPAD.