Quand une personne âgée n'a pas les moyens de payer son EHPAD, elle peut demander l'
Aide Sociale à l'Hébergement — l'ASH, c'est-à-dire l'aide financière que le département peut accorder pour couvrir le reste à charge (consultez notre
guide complet de l'aide sociale à l'hébergement). Mais avant d'accorder cette aide, le département vérifie si les obligés alimentaires peuvent contribuer. L'obligation alimentaire et l'ASH sont donc
directement liées.
Si aucun obligé alimentaire ne peut payer la totalité du reste à charge, le département accorde l'ASH et prend en charge la différence. Mais attention : l'ASH est
récupérable sur la succession du bénéficiaire, dès le premier euro d'actif net. Les sommes versées par le département peuvent donc être réclamées aux héritiers après le décès.
La loi « Bien vieillir » du
8 avril 2024 a apporté un changement majeur : dans le cadre de l'ASH,
les petits-enfants ne peuvent plus être sollicités par le département. Cette dispense est automatique et ne nécessite aucune démarche. Les enfants et les beaux-enfants restent en revanche des obligés alimentaires dans ce cadre. À noter : cette dispense ne concerne que l'ASH. Hors demande d'aide sociale, les petits-enfants restent des obligés alimentaires au sens du Code civil.
👉
Point fiscal à ne pas négliger : les sommes versées au titre de l'obligation alimentaire sont
déductibles de l'impôt sur le revenu. Elles doivent être déclarées comme « pension alimentaire versée à un ascendant » sur la déclaration de revenus. Le parent bénéficiaire, s'il dispose de très faibles ressources, n'est pas imposé sur ces sommes.
👉 Si la facture EHPAD de votre parent menace d'être trop lourde, commencez par consulter le
règlement départemental d'aide sociale de votre département : il précise les critères de calcul et les montants attendus. Adressez-vous au
CCAS (le Centre Communal d'Action Sociale, en mairie) ou aux services sociaux du département pour étudier vos droits à l'ASH. En cas de conflit familial sur la répartition, le
Juge aux Affaires Familiales reste le recours pour fixer équitablement la part de chacun.