Actualité Médicale

Un antidouleur, un décontractant musculaire, un fluidifiant pour les bronches : votre kiné peut désormais les prescrire à la fin de votre séance

Sur la table de soins, votre kiné vient de libérer votre épaule, et la douleur revient dès le trajet du retour. Depuis le 17 septembre, il peut prescrire lui-même un antidouleur à la fin de la séance, au lieu de vous renvoyer vers un médecin. La nouvelle liste qui l'y autorise compte 58 lignes, avec des limites que peu de patients connaissent.

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Par | Publié le 18 Septembre 2026 à 08:43 | mis à jour le 18 Septembre 2026 à 08:43
Une kinésithérapeute tend une ordonnance à sa patiente - Illustration générée par IA
Une kinésithérapeute tend une ordonnance à sa patiente - Illustration générée par IA

Votre kiné peut désormais écrire un médicament sur l'ordonnance

Jusqu'ici, la scène se répétait dans tous les cabinets. Le kinésithérapeute constatait une douleur qui ne passait pas, puis il vous conseillait d'en parler à votre médecin traitant, faute de pouvoir écrire lui-même le moindre médicament. Ce détour vient de disparaître pour une partie des traitements du quotidien.

Un arrêté du 14 septembre 2026, paru au Journal officiel du 16 septembre, fixe la nouvelle liste des produits de santé que votre kiné a le droit de prescrire. Il remplace celui du 9 janvier 2006, qui ne contenait que du matériel. Pour la première fois, des antidouleurs figurent sur l'ordonnance d'un kiné, à côté des béquilles et des attelles.
 
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Cinq familles de médicaments, chacune avec ses limites

Le volet matériel s'élargit tout autant. L'ancienne liste de 2006 tenait en 16 lignes, la nouvelle en aligne 58, médicaments compris, soit 42 de plus (le calcul est le nôtre). Les cannes, les fauteuils roulants et les ceintures lombaires, déjà prescriptibles sous le texte de 2006, y restent inscrits.

D'après le détail publié par JeChange, votre kiné peut aussi prescrire des orthèses sur mesure, des bas et collants de contention de série, ou la location d'un appareil de neurostimulation contre la douleur. Les fauteuils roulants restent limités à une location de moins de trois mois. S'y ajoutent des appareils d'auto-mesure, comme le tensiomètre ou le saturomètre, utiles à qui reprend l'effort après une opération ou une maladie respiratoire.
 

Béquilles, contention, tensiomètre : la liste passe de 16 à 58 lignes

Le volet matériel s'élargit tout autant. L'ancienne liste de 2006 tenait en 16 lignes, la nouvelle en aligne 58, médicaments compris, soit 42 de plus (le calcul est le nôtre). Les cannes, les fauteuils roulants et les ceintures lombaires y sont désormais clairement inscrits, selon le Syndicat national des masseurs-kinésithérapeutes rééducateurs.

D'après le détail publié par JeChange, votre kiné peut aussi prescrire des orthèses sur mesure, des bas et collants de contention de série, ou la location d'un appareil de neurostimulation contre la douleur. Les fauteuils roulants restent limités à une location de moins de trois mois. S'y ajoutent des appareils d'auto-mesure, comme le tensiomètre ou le saturomètre, utiles à qui reprend l'effort après une opération ou une maladie respiratoire.
 

Votre médecin garde-t-il le dernier mot ?

Pour autant, votre médecin ne perd pas la main. L'autorisation ne vaut que « sauf indication contraire du médecin », une réserve déjà présente dans le texte de 2006 : s'il a indiqué le contraire, votre kiné ne peut pas passer outre. Le texte exclut aussi les produits et le matériel utilisés pendant la séance, que votre kiné ne peut pas vous faire acheter sur ordonnance. Avant d'être signée, la liste est d'ailleurs passée entre les mains des caisses : la MSA a rendu son avis le 13 août, le conseil de la Cnam et celui de l'Uncam le 8 septembre.
 

Avant de quitter la séance avec l'ordonnance de votre kiné

Au moment de repartir avec cette ordonnance, un réflexe vous protège : dites à votre kiné quels médicaments vous prenez déjà. Il ne dispose pas forcément de votre dossier, et un antidouleur de plus peut s'ajouter sans bruit à celui que votre médecin vous a prescrit. Le paracétamol, présent dans de nombreuses spécialités, se retrouve ainsi facilement en double.

Si l'ordonnance porte sur un anti-inflammatoire, la prudence s'impose encore davantage. L'Assurance maladie rappelle que ces médicaments ne s'emploient que sur une courte durée, en raison de leurs effets indésirables, surtout chez les personnes âgées. Un traitement anticoagulant, une fragilité des reins ou de l'estomac justifient d'en parler d'abord avec votre médecin traitant, voire avec votre pharmacien au comptoir.

Côté remboursement, le droit de prescrire change, pas les règles de prise en charge. Une attelle ou un bas de contention prescrit par un kiné est remboursé par l'Assurance maladie sur la base des tarifs de la liste des produits et prestations, comme s'il venait d'un médecin. Votre reste à charge dépend donc toujours de votre complémentaire santé.

Le gain, je le vois surtout en jours plutôt qu'en euros. Pascale Mathieu, présidente de l'Ordre, y voit une avancée pour les patients, et le texte a reçu l'avis de l'Académie nationale de médecine dès le 30 janvier 2026. Pour nous, patients, cela se traduit par une démarche en moins quand un rendez-vous chez le médecin se fait attendre... à condition que votre kiné sache ce que contient déjà votre pilulier.

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