Une journée sans ascenseur, pour quoi faire ?
Le défi tient en une phrase : pendant toute la journée du 17 septembre, prendre l'escalier plutôt que l'ascenseur ou l'escalator. La Fondation Arthrose, présidée par le Pr Yves Henrotin, de l'Université de Liège, lance cette « journée sans ascenseur » pour la dixième édition de la Journée mondiale de l'arthrose. Entreprises, administrations, hôpitaux, universités et écoles sont invités à jouer le jeu, d'après le communiqué relayé par le site médical belge Medi-Sphere.
Le parrain de l'opération est Pierre Kroll, le dessinateur de presse belge, et il ne parle pas de loin. Il reconnaît que l'arthrose commence à le toucher, et dit avoir compris que le mouvement était son meilleur traitement. Alors il marche, il pédale, il monte les marches. « Quelques marches aujourd'hui peuvent devenir un étage demain », résume-t-il dans la dépêche reprise par La Libre.
Pourquoi une telle campagne maintenant ? Parce que la maladie progresse vite. La Fondation Arthrose compte plus de 650 millions de personnes atteintes dans le monde et en prévoit près d'un milliard en 2050. Rapporté au chiffre actuel, cela ferait jusqu'à 350 millions de malades de plus d'ici là, le calcul est le nôtre.
Le parrain de l'opération est Pierre Kroll, le dessinateur de presse belge, et il ne parle pas de loin. Il reconnaît que l'arthrose commence à le toucher, et dit avoir compris que le mouvement était son meilleur traitement. Alors il marche, il pédale, il monte les marches. « Quelques marches aujourd'hui peuvent devenir un étage demain », résume-t-il dans la dépêche reprise par La Libre.
Pourquoi une telle campagne maintenant ? Parce que la maladie progresse vite. La Fondation Arthrose compte plus de 650 millions de personnes atteintes dans le monde et en prévoit près d'un milliard en 2050. Rapporté au chiffre actuel, cela ferait jusqu'à 350 millions de malades de plus d'ici là, le calcul est le nôtre.
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Ce que l'escalier fait pour vos genoux
Pour le Pr Henrotin, monter un escalier n'a rien d'un danger pour une articulation arthrosique. Cette activité de tous les jours renforce les muscles qui protègent les articulations, entretient la mobilité, freine le déclin fonctionnel et aide à rester autonome. À ses yeux, c'est l'inactivité qui fait le plus de dégâts dans l'arthrose, bien davantage que le mouvement lui-même.
Le mécanisme se comprend en regardant ce qui arrive à celui qui cesse de bouger. Interrogé sur la RTBF, le spécialiste décrit un cercle vicieux : moins de mobilité, c'est davantage d'hypertension, de surpoids et de risque cardiovasculaire, mais aussi d'anxiété et de repli sur soi. Chacun de ces effets aggrave à son tour la maladie. Or l'arthrose ne se résume pas à une usure du cartilage, puisqu'elle atteint l'ensemble de l'articulation par une réaction inflammatoire.
Chez les plus âgés s'ajoute la fonte des muscles liée à l'âge, que les médecins appellent « sarcopénie ». Des muscles moins volumineux protègent moins bien votre genou. Chaque étage monté à pied travaille donc contre ce déclin, à votre rythme, sans matériel ni abonnement.
Le mécanisme se comprend en regardant ce qui arrive à celui qui cesse de bouger. Interrogé sur la RTBF, le spécialiste décrit un cercle vicieux : moins de mobilité, c'est davantage d'hypertension, de surpoids et de risque cardiovasculaire, mais aussi d'anxiété et de repli sur soi. Chacun de ces effets aggrave à son tour la maladie. Or l'arthrose ne se résume pas à une usure du cartilage, puisqu'elle atteint l'ensemble de l'articulation par une réaction inflammatoire.
Chez les plus âgés s'ajoute la fonte des muscles liée à l'âge, que les médecins appellent « sarcopénie ». Des muscles moins volumineux protègent moins bien votre genou. Chaque étage monté à pied travaille donc contre ce déclin, à votre rythme, sans matériel ni abonnement.
Dix millions de Français concernés
En France, l'Inserm estime à environ 10 millions le nombre de personnes atteintes d'arthrose. La Fondation pour la recherche médicale, qui reprend ces données, précise que la maladie touche 65 % des plus de 65 ans et 80 % des plus de 80 ans. Ce sont ainsi des millions de genoux douloureux qui gravissent chaque jour l'escalier d'un immeuble ou d'une maison, et beaucoup ont pris l'habitude de l'éviter dès qu'un ascenseur se présente. Le défi du 17 septembre s'adresse à eux en premier.
Le jour où votre escalier doit attendre
En France, le message de la Fondation rejoint celui des autorités sanitaires. Sur sa page consacrée au traitement de l'arthrose du genou, l'Assurance maladie écrit noir sur blanc que l'activité physique fait partie du traitement. Elle précise que cette activité agit contre la douleur et réduit la gêne dans les gestes du quotidien, et cite parmi ses sources la fiche de la Haute Autorité de santé sur la prescription d'activité physique dans les arthroses, datée de 2022.
Sauf que la même page pose une exception que la campagne belge ne met pas en avant. Pendant une « poussée congestive », c'est-à-dire une crise inflammatoire de l'arthrose, toute activité physique doit être interrompue temporairement. L'articulation est alors mise au repos relatif : moins de station debout prolongée, moins de tâches ménagères, pas de charges lourdes... et moins d'escaliers.
Comment savoir que vous traversez une poussée ? Pour le genou, l'Assurance maladie décrit de fortes douleurs en fin de nuit, une articulation enflée et une raideur qui impose plus de 15 minutes de dérouillage le matin. Le même repère vaut pour la hanche. Dans ce cas, votre médecin traitant passe avant le défi du jour.
Pendant la crise, le traitement vise d'abord la douleur. Le paracétamol reste prescrit en première intention, et les anti-inflammatoires non stéroïdiens ne s'emploient que sur une courte durée, 5 jours au maximum, en raison de leurs effets indésirables, surtout chez les personnes âgées. L'activité physique reprend une fois l'épisode douloureux terminé. Je le dis sans détour : une journée sans ascenseur ne vaut pas une semaine de genou enflé.
Sauf que la même page pose une exception que la campagne belge ne met pas en avant. Pendant une « poussée congestive », c'est-à-dire une crise inflammatoire de l'arthrose, toute activité physique doit être interrompue temporairement. L'articulation est alors mise au repos relatif : moins de station debout prolongée, moins de tâches ménagères, pas de charges lourdes... et moins d'escaliers.
Comment savoir que vous traversez une poussée ? Pour le genou, l'Assurance maladie décrit de fortes douleurs en fin de nuit, une articulation enflée et une raideur qui impose plus de 15 minutes de dérouillage le matin. Le même repère vaut pour la hanche. Dans ce cas, votre médecin traitant passe avant le défi du jour.
Pendant la crise, le traitement vise d'abord la douleur. Le paracétamol reste prescrit en première intention, et les anti-inflammatoires non stéroïdiens ne s'emploient que sur une courte durée, 5 jours au maximum, en raison de leurs effets indésirables, surtout chez les personnes âgées. L'activité physique reprend une fois l'épisode douloureux terminé. Je le dis sans détour : une journée sans ascenseur ne vaut pas une semaine de genou enflé.
Par où commencer quand vous avez mal aux genoux
Hors poussée, l'Assurance maladie conseille de privilégier la marche au quotidien. Votre médecin peut vous orienter vers un kinésithérapeute, qui établit un programme personnalisé (type d'exercices, fréquence, intensité) que vous poursuivez ensuite seul à domicile. Pour une hanche douloureuse, elle recommande aussi une canne, tenue du côté opposé à l'articulation malade.
D'ailleurs, le Pr Henrotin ne s'arrête pas aux marches. Il insiste sur l'assiette, avec moins de plats ultratransformés et davantage d'aliments de type méditerranéen, un régime qui, selon lui, peut influer sur la douleur. Il pointe aussi la part psychologique, longtemps négligée, qui amplifie la douleur chronique. Le poids compte enfin : l'Assurance maladie rappelle que le surpoids aggrave l'arthrose du genou et qu'une perte de poids, quand elle est nécessaire, est toujours bénéfique.
En revanche, inutile de dépenser pour les anti-arthrosiques d'action lente comme la chondroïtine ou la glucosamine. Pour l'arthrose du genou, l'Assurance maladie estime qu'ils n'ont pas d'intérêt, et ils ne sont pas remboursés.
Nous ne vous demandons pas de gravir dix étages ce jeudi, et le parrain de la journée ne le demande pas davantage : ce qui compte, c'est de bouger, pas de battre un record. Commençons par une volée de marches, et gardons l'ascenseur pour les jours où votre genou réclame vraiment du repos.
D'ailleurs, le Pr Henrotin ne s'arrête pas aux marches. Il insiste sur l'assiette, avec moins de plats ultratransformés et davantage d'aliments de type méditerranéen, un régime qui, selon lui, peut influer sur la douleur. Il pointe aussi la part psychologique, longtemps négligée, qui amplifie la douleur chronique. Le poids compte enfin : l'Assurance maladie rappelle que le surpoids aggrave l'arthrose du genou et qu'une perte de poids, quand elle est nécessaire, est toujours bénéfique.
En revanche, inutile de dépenser pour les anti-arthrosiques d'action lente comme la chondroïtine ou la glucosamine. Pour l'arthrose du genou, l'Assurance maladie estime qu'ils n'ont pas d'intérêt, et ils ne sont pas remboursés.
Nous ne vous demandons pas de gravir dix étages ce jeudi, et le parrain de la journée ne le demande pas davantage : ce qui compte, c'est de bouger, pas de battre un record. Commençons par une volée de marches, et gardons l'ascenseur pour les jours où votre genou réclame vraiment du repos.



