Ce qu'il faut retenir
- Deux essais cliniques rigoureux distinguent clairement l'effet des chaussures selon que l'arthrose touche le genou ou la hanche — les résultats sont opposés
- Un critère simple, accessible à tous, permet de choisir la bonne paire sans consultation spécialisée
- Près de 10 millions de Français sont concernés, dont 65 % des plus de 65 ans — et la majorité porte des chaussures inadaptées sans le savoir
- Les recommandations concrètes et les erreurs à éviter absolument sont détaillées plus bas
10 millions de Français touchés, et un réflexe chaussure souvent à contre-emploi
L'arthrose est la maladie articulaire la plus répandue en France. Selon l'INSERM, elle concerne près de 10 millions de personnes, soit 8 à 15 % de la population. Le constat est saisissant : seulement 3 % des moins de 45 ans sont touchés, contre 65 % des plus de 65 ans et 80 % des plus de 80 ans.
Les articulations les plus fréquemment atteintes sont le rachis (45 à 50 % des cas), les mains (35 à 45 %), les genoux — on parle de gonarthrose — (30 %) et les hanches — la coxarthrose — (10 %). Pour les genoux et les hanches, chaque pas compte. La chaussure devient alors un paramètre biomécanique de premier ordre, capable d'aggraver ou de soulager la pression exercée sur le cartilage usé.
Pourtant, la plupart des patients choisissent leurs chaussures sur des critères de confort immédiat ou d'esthétique, sans savoir qu'un simple critère de structure — la rigidité de la semelle et du contrefort — peut modifier significativement la charge articulaire à chaque foulée.
Moins de 45 ans Faible prévalence
Taux d'arthrose
3 %
Plus de 65 ans Prévalence élevée
Taux d'arthrose
65 %
Plus de 80 ans Prévalence très élevée
Taux d'arthrose
80 %
Les articulations les plus fréquemment atteintes sont le rachis (45 à 50 % des cas), les mains (35 à 45 %), les genoux — on parle de gonarthrose — (30 %) et les hanches — la coxarthrose — (10 %). Pour les genoux et les hanches, chaque pas compte. La chaussure devient alors un paramètre biomécanique de premier ordre, capable d'aggraver ou de soulager la pression exercée sur le cartilage usé.
Pourtant, la plupart des patients choisissent leurs chaussures sur des critères de confort immédiat ou d'esthétique, sans savoir qu'un simple critère de structure — la rigidité de la semelle et du contrefort — peut modifier significativement la charge articulaire à chaque foulée.
L'essai clinique qui tranche : chaussures souples contre chaussures structurées
Deux essais cliniques publiés dans les Annals of Internal Medicine, l'une des revues médicales les plus rigoureuses au monde, ont comparé deux types de chaussures chez des patients souffrant d'arthrose :
Le premier essai a porté sur 164 patients souffrant d'arthrose du genou. Le résultat est sans appel : les chaussures stables et soutenues sont associées à une réduction de la douleur lors de la marche supérieure de 63 % à celle observée avec les modèles plats et souples.
Ce chiffre est considérable. Pour un patient qui note sa douleur à 7 sur 10 en marchant avec des chaussures souples, passer à des chaussures structurées pourrait être associé à un soulagement nettement plus marqué — sans médicament, sans infiltration, sans chirurgie.
« La différence entre les deux groupes était cliniquement significative dès les premières semaines de port quotidien », rapportent les auteurs de l'étude.
Type 1 Chaussures souples
Caractéristiques
Semelle flexible, peu de maintien latéral, type chaussure minimaliste
Type 2 Chaussures structurées
Caractéristiques
Semelle rigide, contrefort renforcé au talon, bon maintien de la voûte plantaire
Le premier essai a porté sur 164 patients souffrant d'arthrose du genou. Le résultat est sans appel : les chaussures stables et soutenues sont associées à une réduction de la douleur lors de la marche supérieure de 63 % à celle observée avec les modèles plats et souples.
Ce chiffre est considérable. Pour un patient qui note sa douleur à 7 sur 10 en marchant avec des chaussures souples, passer à des chaussures structurées pourrait être associé à un soulagement nettement plus marqué — sans médicament, sans infiltration, sans chirurgie.
« La différence entre les deux groupes était cliniquement significative dès les premières semaines de port quotidien », rapportent les auteurs de l'étude.
Genou ou hanche : la distinction que personne ne fait — et qui change tout
Voici le point crucial que la plupart des articles grand public passent sous silence : ces résultats ne s'appliquent qu'à l'arthrose du genou.
Le second essai, mené sur 120 patients souffrant d'arthrose de la hanche pendant six mois, n'a observé aucune différence significative entre les chaussures plates/souples et les chaussures stables/structurées sur le critère de la douleur.
Autrement dit, pour la hanche, le type de chaussure ne semble pas jouer un rôle déterminant dans le soulagement de la douleur — du moins pas avec les modèles testés dans cet essai.
Cette distinction est fondamentale. Un patient souffrant de coxarthrose qui investirait dans des chaussures rigides spécifiquement pour soulager sa hanche ne devrait pas en attendre le même bénéfice qu'un patient atteint de gonarthrose.
Le second essai, mené sur 120 patients souffrant d'arthrose de la hanche pendant six mois, n'a observé aucune différence significative entre les chaussures plates/souples et les chaussures stables/structurées sur le critère de la douleur.
Autrement dit, pour la hanche, le type de chaussure ne semble pas jouer un rôle déterminant dans le soulagement de la douleur — du moins pas avec les modèles testés dans cet essai.
Genou Chaussures structurées efficaces
Résultat observé
Réduction de douleur supérieure de 63 % vs chaussures souples
Participants
164 patients
Hanche Pas de différence observée
Résultat observé
Aucune différence significative entre les deux types
Participants
120 patients suivis 6 mois
Cette distinction est fondamentale. Un patient souffrant de coxarthrose qui investirait dans des chaussures rigides spécifiquement pour soulager sa hanche ne devrait pas en attendre le même bénéfice qu'un patient atteint de gonarthrose.
Pourquoi la rigidité de la semelle agit sur le genou : l'explication biomécanique
Pour comprendre ce résultat, il faut s'intéresser à ce que les spécialistes appellent le moment d'adduction du genou — la force qui pousse le genou vers l'intérieur à chaque pas. Ce moment est directement lié à l'usure du cartilage dans le compartiment interne du genou, le plus souvent touché par l'arthrose.
Une chaussure structurée, avec un contrefort rigide et un bon maintien latéral, limite les mouvements parasites du pied et de la cheville. Résultat : le genou est mieux aligné, la charge se répartit plus uniformément, et la pression sur le cartilage abîmé diminue.
Des travaux antérieurs, notamment ceux de Bennell et coll. publiés dans Arthritis and Rheumatism en 2013, avaient déjà montré que des chaussures modifiées pouvaient diminuer ce moment d'adduction chez les sujets en surpoids ou souffrant de gonarthrose. L'essai des Annals of Internal Medicine confirme cette piste avec un bénéfice directement mesurable sur la douleur ressentie.
À l'inverse, une chaussure trop souple laisse le pied se déformer librement, ce qui peut accentuer les contraintes mécaniques sur un genou déjà fragilisé. C'est l'une des raisons pour lesquelles les tongs, les ballerines fines et certaines chaussures minimalistes sont associées à davantage de gêne chez les patients gonarthrosiques.
Une chaussure structurée, avec un contrefort rigide et un bon maintien latéral, limite les mouvements parasites du pied et de la cheville. Résultat : le genou est mieux aligné, la charge se répartit plus uniformément, et la pression sur le cartilage abîmé diminue.
Des travaux antérieurs, notamment ceux de Bennell et coll. publiés dans Arthritis and Rheumatism en 2013, avaient déjà montré que des chaussures modifiées pouvaient diminuer ce moment d'adduction chez les sujets en surpoids ou souffrant de gonarthrose. L'essai des Annals of Internal Medicine confirme cette piste avec un bénéfice directement mesurable sur la douleur ressentie.
À l'inverse, une chaussure trop souple laisse le pied se déformer librement, ce qui peut accentuer les contraintes mécaniques sur un genou déjà fragilisé. C'est l'une des raisons pour lesquelles les tongs, les ballerines fines et certaines chaussures minimalistes sont associées à davantage de gêne chez les patients gonarthrosiques.
Les 5 critères concrets pour bien choisir ses chaussures quand on souffre d'arthrose du genou
Les résultats de ces essais permettent de formuler des critères pratiques, applicables dès la prochaine paire de chaussures :
Ces critères correspondent globalement aux chaussures de marche de qualité, à certaines sneakers structurées et aux chaussures de confort type Mephisto, New Balance ou ASICS dans leurs gammes stabilisées. Il ne s'agit pas nécessairement de chaussures orthopédiques sur mesure — simplement de modèles bien conçus.
Critère 1 Semelle
Caractéristique
Ferme mais flexible, résiste à la pliure sans être inflexible
Critère 2 Contrefort
Caractéristique
Renforcé au talon, ne s'écrase pas latéralement sous pression
Critère 3 Voûte plantaire
Caractéristique
Soutien avec léger galbe intérieur pour éviter l'affaissement
Critère 4 Talon
Caractéristique
2 à 3 cm maximum pour limiter les contraintes biomécaniques
Critère 5 Avant-pied
Caractéristique
Largeur suffisante pour éviter compression et compensations
Ces critères correspondent globalement aux chaussures de marche de qualité, à certaines sneakers structurées et aux chaussures de confort type Mephisto, New Balance ou ASICS dans leurs gammes stabilisées. Il ne s'agit pas nécessairement de chaussures orthopédiques sur mesure — simplement de modèles bien conçus.
Les erreurs qui aggravent l'arthrose du genou sans qu'on le sache
Certaines habitudes de chaussage, très répandues, sont associées à une aggravation des douleurs arthrosiques du genou :
- Porter des chaussures usées : une semelle déformée par l'usure modifie l'alignement du pied et augmente les contraintes sur le genou. Il est recommandé de remplacer ses chaussures de marche tous les 800 à 1 000 km d'utilisation
- Marcher en chaussettes ou pieds nus sur sol dur : sans amorti ni maintien, chaque impact se transmet directement au genou
- Alterner entre chaussures très différentes : passer d'une chaussure structurée à une tong dans la même journée oblige le genou à s'adapter en permanence, ce qui peut augmenter l'inflammation
- Choisir une pointure trop petite : un pied comprimé compense en modifiant la foulée, avec des répercussions en chaîne sur le genou et la hanche
Arthrose de la hanche : que faire si les chaussures ne suffisent pas ?
Pour les patients souffrant de coxarthrose, les résultats de l'essai clinique sur 120 patients invitent à ne pas miser uniquement sur le type de chaussures. D'autres approches ont montré des bénéfices :
Dans tous les cas — genou ou hanche — les chaussures mal ajustées restent un facteur de risque de chutes, première cause de mortalité accidentelle chez les plus de 65 ans. Choisir ses chaussures avec soin n'est pas un détail cosmétique : c'est un geste de prévention à part entière.
- L'activité physique adaptée : la marche modérée, le vélo, la natation et le renforcement musculaire ciblé des muscles fessiers et quadriceps restent les interventions les mieux documentées pour soulager l'arthrose de la hanche
- Le maintien d'un poids de forme : chaque kilo supplémentaire augmente la charge sur la hanche. Une perte de poids même modeste est associée à une réduction des douleurs
- Les semelles orthopédiques sur mesure : contrairement aux chaussures du commerce, les orthèses plantaires prescrites par un podologue peuvent corriger des déséquilibres spécifiques. Elles sont partiellement remboursées par l'Assurance maladie
Dans tous les cas — genou ou hanche — les chaussures mal ajustées restent un facteur de risque de chutes, première cause de mortalité accidentelle chez les plus de 65 ans. Choisir ses chaussures avec soin n'est pas un détail cosmétique : c'est un geste de prévention à part entière.
Sources :
- INSERM, dossier Arthrose, mars 2026
- Annals of Internal Medicine, essais cliniques sur chaussures et arthrose du genou (164 patients) et de la hanche (120 patients)
- Bennell KL et coll., Effects of a modified shoe on knee load in people with and those without knee osteoarthritis, Arthritis and Rheumatism, 2013
- Ameli.fr, parcours de soins arthrose, mars 2026
- INSERM, dossier Arthrose, mars 2026
- Annals of Internal Medicine, essais cliniques sur chaussures et arthrose du genou (164 patients) et de la hanche (120 patients)
- Bennell KL et coll., Effects of a modified shoe on knee load in people with and those without knee osteoarthritis, Arthritis and Rheumatism, 2013
- Ameli.fr, parcours de soins arthrose, mars 2026


