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Une saisine prévisible, un calendrier qui se précise
Le bras de fer du PLFSS 2026 n'est pas terminé. Devant la commission des Affaires sociales, mardi, la ministre de la Santé a confirmé avoir saisi la Haute Autorité de santé sur l'efficacité des cures thermales.
La HAS doit livrer cet été sa méthodologie d'évaluation. Et derrière ce mot technique, se joue un dossier autrement plus concret pour près d'un demi-million de curistes français accueillis chaque année, dont une écrasante majorité de retraités.
La ministre, elle-même rhumatologue de formation, le sait mieux que personne. C'est ce qui rend sa décision si lourde de sens.
La HAS doit livrer cet été sa méthodologie d'évaluation. Et derrière ce mot technique, se joue un dossier autrement plus concret pour près d'un demi-million de curistes français accueillis chaque année, dont une écrasante majorité de retraités.
La ministre, elle-même rhumatologue de formation, le sait mieux que personne. C'est ce qui rend sa décision si lourde de sens.
Le déremboursement n'est pas mort, il a juste changé de chemin
L'engagement de saisir la HAS, Stéphanie Rist l'avait pris à l'automne, en pleine bronca parlementaire. Le projet initial visait à aligner le forfait thermal des patients en ALD sur le droit commun, soit 65 % au lieu de 100 %.
Économies attendues : 25 millions d'euros, sur une dépense thermalisme totale d'environ 240 millions pour l'Assurance maladie. Une goutte d'eau dans le déficit de la Sécu, mais un signal politique de bascule.
Devant la levée de boucliers des députés, la mesure n'a finalement pas été retenue dans le texte adopté à la mi-décembre. Sauf que la ministre n'a pas renoncé pour autant.
Elle a simplement déplacé le débat sur un terrain qu'aucun élu ne peut contester de front : celui de la preuve scientifique.
Économies attendues : 25 millions d'euros, sur une dépense thermalisme totale d'environ 240 millions pour l'Assurance maladie. Une goutte d'eau dans le déficit de la Sécu, mais un signal politique de bascule.
Devant la levée de boucliers des députés, la mesure n'a finalement pas été retenue dans le texte adopté à la mi-décembre. Sauf que la ministre n'a pas renoncé pour autant.
Elle a simplement déplacé le débat sur un terrain qu'aucun élu ne peut contester de front : celui de la preuve scientifique.
Pourquoi ce sujet nous concerne tous
Si vous suivez ce dossier depuis l'automne, vous savez à quel point la profession s'est mobilisée. La raison de cette mobilisation tient en quelques chiffres.
65 % des curistes ont plus de 60 ans, et 35 % ont plus de 70 ans, selon les données de la filière thermale. 78 % des cures relèvent de la rhumatologie, principalement de l'arthrose et des rhumatismes inflammatoires.
Ce sont précisément les pathologies qui se traitent mal en ville, faute de kinésithérapeutes disponibles et de séances suffisamment longues.
65 % des curistes ont plus de 60 ans, et 35 % ont plus de 70 ans, selon les données de la filière thermale. 78 % des cures relèvent de la rhumatologie, principalement de l'arthrose et des rhumatismes inflammatoires.
Ce sont précisément les pathologies qui se traitent mal en ville, faute de kinésithérapeutes disponibles et de séances suffisamment longues.
L'argument scientifique que la ministre va opposer
C'est l'argument principal que la ministre va opposer à la HAS. La France est l'un des derniers pays de l'OCDE à prendre en charge le thermalisme sans que son service médical n'ait été formellement démontré, comme l'a pointé la Cour des comptes en avril 2025.
La méthode d'évaluation classique, fondée sur les essais randomisés en double aveugle, fonctionne pour les médicaments. Elle se prête mal à une cure de trois semaines mêlant bains, massages et kinésithérapie en piscine.
Comment, en effet, faire un placebo crédible d'un bain chaud aux sels minéraux ? La HAS doit donc d'abord inventer son propre cadre méthodologique, avant même de pouvoir trancher sur l'efficacité.
La méthode d'évaluation classique, fondée sur les essais randomisés en double aveugle, fonctionne pour les médicaments. Elle se prête mal à une cure de trois semaines mêlant bains, massages et kinésithérapie en piscine.
Comment, en effet, faire un placebo crédible d'un bain chaud aux sels minéraux ? La HAS doit donc d'abord inventer son propre cadre méthodologique, avant même de pouvoir trancher sur l'efficacité.
Combien de retraités directement menacés
Pour mesurer l'ampleur réelle de la menace, il faut regarder comment se distribue cette population de curistes.
Sur les 471 613 curistes accueillis en 2024 par les 109 établissements thermaux français, environ 306 000 ont plus de 60 ans. Et parmi eux, autour de 100 000 relèvent d'une affection de longue durée et bénéficient d'une prise en charge intégrale.
Ce sont ces 100 000 retraités qui verraient mécaniquement leur reste à charge passer de zéro à 35 % du forfait thermal en cas d'alignement sur le droit commun. Soit plusieurs centaines d'euros supplémentaires par cure, hors transport et hébergement.
Comptez en moyenne 1 000 à 1 500 euros pour une cure de 18 jours, hors hébergement, selon les données de la filière médecine thermale.
Sur les 471 613 curistes accueillis en 2024 par les 109 établissements thermaux français, environ 306 000 ont plus de 60 ans. Et parmi eux, autour de 100 000 relèvent d'une affection de longue durée et bénéficient d'une prise en charge intégrale.
Ce sont ces 100 000 retraités qui verraient mécaniquement leur reste à charge passer de zéro à 35 % du forfait thermal en cas d'alignement sur le droit commun. Soit plusieurs centaines d'euros supplémentaires par cure, hors transport et hébergement.
Comptez en moyenne 1 000 à 1 500 euros pour une cure de 18 jours, hors hébergement, selon les données de la filière médecine thermale.
Le précédent qui inquiète la filière
Vous l'aviez peut-être déjà constaté avec la réforme du 1er février 2026 : 171 médicaments classés en service médical rendu faible ont vu leur prise en charge passer de 100 % à 15 % pour les patients en ALD. Si la HAS conclut à un service médical insuffisant pour les cures, le même schéma s'applique mécaniquement.
Et la mécanique ne s'arrête pas là. Quasiment aucune mutuelle senior ne couvre aujourd'hui les soins déclassés en ALD.
Le reste à charge tomberait donc, pour beaucoup, sur le seul budget familial.
Et la mécanique ne s'arrête pas là. Quasiment aucune mutuelle senior ne couvre aujourd'hui les soins déclassés en ALD.
Le reste à charge tomberait donc, pour beaucoup, sur le seul budget familial.
Ce qui change pour vous, et le calendrier à surveiller
La filière thermale, qui a gagné la première manche en décembre, ne se laissera pas faire. Elle déposera auprès de la HAS le portefeuille d'études financées depuis vingt ans par l'Association française pour la recherche thermale, soit une vingtaine de grands essais cliniques cumulés sur la période, dont onze publiés dans des revues internationales.
Pour l'heure, la saison 2026 se déroule normalement. Si vous avez prévu une cure cet été ou cet automne, le remboursement à 100 % pour les patients en ALD reste applicable jusqu'à nouvel ordre, comme l'a rappelé la HAS dans son cadrage de l'évaluation du service médical rendu.
Reste que la méthodologie attendue cet été ouvrira la voie à l'avis scientifique proprement dit, qui pourrait, lui, tomber dans le courant de 2026 ou en 2027. C'est cet avis qui servira de base au prochain arbitrage budgétaire, dans le cadre du PLFSS 2027 déjà annoncé comme l'occasion d'un nouveau tour de vis sur les dépenses de santé.
Pour l'heure, la saison 2026 se déroule normalement. Si vous avez prévu une cure cet été ou cet automne, le remboursement à 100 % pour les patients en ALD reste applicable jusqu'à nouvel ordre, comme l'a rappelé la HAS dans son cadrage de l'évaluation du service médical rendu.
Scénario favorable ✅ Statu quo
Position HAS
Service médical rendu jugé suffisant
Pour vous en ALD
Remboursement à 100 % maintenu
Scénario intermédiaire ⚠️ Alignement partiel
Position HAS
SMR insuffisant sur certaines pathologies
Pour vous en ALD
Forfait thermal aligné sur 65 %
Scénario défavorable ⚠️ Déremboursement
Position HAS
SMR globalement insuffisant
Pour vous en ALD
Prise en charge ramenée à 15 %
Reste que la méthodologie attendue cet été ouvrira la voie à l'avis scientifique proprement dit, qui pourrait, lui, tomber dans le courant de 2026 ou en 2027. C'est cet avis qui servira de base au prochain arbitrage budgétaire, dans le cadre du PLFSS 2027 déjà annoncé comme l'occasion d'un nouveau tour de vis sur les dépenses de santé.
Sources :
- Audition de Stéphanie Rist devant la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale, mardi 28 avril 2026
- Egora, "Efficacité des cures thermales : Stéphanie Rist a saisi la HAS", 29 avril 2026
- Compte rendu de la séance de l'Assemblée nationale du 8 novembre 2025, examen du PLFSS 2026
- Cour des comptes, rapport sur la médecine thermale, avril 2025
- Conseil National des Établissements Thermaux (CNETh), bilan 2024 du thermalisme français
- Audition de Stéphanie Rist devant la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale, mardi 28 avril 2026
- Egora, "Efficacité des cures thermales : Stéphanie Rist a saisi la HAS", 29 avril 2026
- Compte rendu de la séance de l'Assemblée nationale du 8 novembre 2025, examen du PLFSS 2026
- Cour des comptes, rapport sur la médecine thermale, avril 2025
- Conseil National des Établissements Thermaux (CNETh), bilan 2024 du thermalisme français

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