Actualité Médicale

On pensait la vaccination contre la grippe repartie en France : près d'un senior sur deux s'en passe alors que l'Assurance Maladie paie votre vaccin

La campagne de vaccination n'a pas encore ouvert, et le bilan de la précédente vient de tomber. Un peu plus d'un senior sur deux s'est fait vacciner contre la grippe lors de la saison 2024-2025, et la vaccination contre la grippe recule d'année en année depuis le Covid. Votre vaccin, lui, ne vous coûte toujours rien. Reste à savoir qui, autour de vous, fait le même geste.

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Par | Publié le 15 Septembre 2026 à 08:20 | mis à jour le 15 Septembre 2026 à 08:58
Une pharmacienne vaccine une senior assise dans l'espace de confidentialité - Illustration générée par IA
Une pharmacienne vaccine une senior assise dans l'espace de confidentialité - Illustration générée par IA

Ce que le bulletin du 15 septembre dit des seniors

La campagne 2026-2027 n'a pas encore ouvert ses portes, et le bilan de la précédente vient déjà de tomber. Le paradoxe tient en une phrase : la tranche d'âge qui paie le plus lourd tribut à la grippe est aussi celle que la vaccination atteint le moins. Neuf décès grippaux sur dix concernent des personnes de 65 ans et plus, et principalement des personnes de 75 ans et plus, rappelle la Haute Autorité de santé.

Santé publique France a publié mardi 15 septembre, dans son bulletin épidémiologique hebdomadaire, un bilan des couvertures vaccinales contre la grippe depuis 2007. Chez les 65 ans et plus, 53,7 % des personnes ont été vaccinées au cours de la saison 2024-2025. Chez les moins de 65 ans à risque, le taux tombe à 25,3 %. L'objectif inscrit dans la loi de santé publique de 2004 est de 75 % : l'écart dépasse vingt points et ne se referme pas.

Or ce taux recule. Lors de la saison 2020-2021, près de 60 % des 65 ans et plus s'étaient fait vacciner ; la courbe redescend depuis, et les 53,7 % de 2024-2025 en sont le point le plus bas. Santé publique France documente par ailleurs que la vaccination augmente avec le niveau d'études et de revenu, et qu'elle reste plus faible dans les outre-mer et le quart sud-est du pays.

Reste à savoir ce que ces pourcentages représentent en nombre de personnes.
 
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Six millions de personnes sans vaccin, notre calcul

L'Assurance Maladie invite chaque automne près de 13 millions de personnes de 65 ans et plus affiliées au régime général. Appliqué à la population que la caisse invite, ce taux de 53,7 % laisse un peu plus de six millions de personnes sans vaccination contre la grippe. Ce calcul est le nôtre : il rapporte un taux mesuré tous régimes confondus à l'effectif du régime général. Pour atteindre les 75 %, il faudrait convaincre 2,8 millions de personnes de plus.
 

Pourquoi votre vaccin ne fait pas tout le travail

Parlons maintenant de ce que votre vaccin fait, et de ce qu'il ne fait pas. Avec l'âge, la capacité de réponse immunitaire diminue : les médecins parlent d'immunosénescence, c'est-à-dire d'un système de défense qui réagit plus lentement et produit moins d'anticorps. Le vaccin reste la protection la mieux documentée contre les formes graves de la grippe, mais il travaille sur un terrain moins réactif qu'à cinquante ans.

La Haute Autorité de santé a chiffré cet écart dans son avis du 20 juillet 2026 sur l'obligation vaccinale. En établissement, le vaccin protège moins bien les résidents que les soignants, et la différence d'efficacité peut aller, selon les années, de vingt à quarante points.

Sauf que cette nuance a une conséquence très concrète. La HAS observe que la couverture vaccinale élevée des résidents d'Ehpad, 82,7 % en 2024-2025, ne suffit pas à empêcher la survenue régulière d'épisodes grippaux groupés dans les établissements. Quand un de ces épisodes se déclare, le risque de décès est de 6 % chez les résidents, contre 0,1 % chez les soignants. Même virus, même bâtiment, deux issues sans rapport.
  Nous touchons là au point que les articles de rentrée laissent de côté : votre protection ne tient pas qu'à votre bras. Elle tient aussi à celui de la personne qui vous aide à la toilette, de l'infirmière qui passe le matin, du kinésithérapeute qui vient le mardi. La HAS le dit sans détour en rappelant que la vaccination des professionnels contribue à protéger les résidents, en réduisant les infections respiratoires et la mortalité dans les établissements.
 

Un professionnel d'Ehpad sur quatre est vacciné

Venons-en à ceux qui vous soignent. Santé publique France suit la couverture vaccinale des professionnels d'Ehpad depuis 2007, et la tendance y est plus marquée encore que chez les résidents : toutes catégories confondues, elle est passée de 31,9 % en 2017-2018 à 24,2 % en 2024-2025. Les infirmiers sont à 34,2 %, les aides-soignants à 19,3 %, soit moins d'un sur cinq. La HAS, sur sa propre enquête en établissements, retient 21 % pour la même saison. L'agence note que ce taux progresse là où l'établissement s'en occupe vraiment : vaccination gratuite sur place, référent désigné, direction impliquée.

C'est sur ce constat que la Haute Autorité de santé s'est prononcée cet été. Elle recommande de rendre la vaccination contre la grippe obligatoire pour l'ensemble des professionnels de santé et pour les autres personnels des établissements qui hébergent des personnes âgées, avec un déploiement prioritaire en Ehpad et en unités de soins de longue durée. Pour les personnes de 65 ans et plus vivant en collectivité, elle a au contraire écarté l'obligation et maintenu la simple recommandation.
  Reste que rien de tout cela ne s'applique à la saison qui arrive. Le gouvernement travaille aux modalités, et la HAS prévoit elle-même un déploiement progressif sur deux ans, renouvelables un an, en dehors des Ehpad. L'hiver qui vient se joue donc encore sur le volontariat, y compris dans la chambre de votre mère ou de votre voisin.
 

Votre bon arrive, voilà ce qu'il vous ouvre

Concrètement, qu'est-ce qui change pour vous d'ici à l'automne ? D'après l'Assurance Maladie, l'invitation et le bon de prise en charge partent entre septembre et octobre en métropole, en Guadeloupe, en Martinique et en Guyane, dès la fin août à Mayotte et fin avril à La Réunion. Dès que ce bon arrive, vous pouvez prendre rendez-vous : le vaccin ne perd rien à être fait tôt dans la saison.

Le vaccin est pris en charge à 100 % à partir de 65 ans, et vous pouvez vous le faire administrer par votre médecin, votre pharmacien, votre infirmier ou votre sage-femme. Si vous n'avez pas reçu votre bon, ou si vous l'avez égaré, l'un de ces professionnels peut vous en éditer un. Lors de la dernière campagne, deux vaccins étaient réservés aux 65 ans et plus, et le vaccin contre le Covid pouvait être administré le même jour, sur l'autre bras.

Et si un de vos proches vit en établissement, la question à poser tient en une ligne : combien de soignants sont vaccinés ici cette année ? Je l'écris franchement, peu de familles la posent à la direction, alors qu'elle porte exactement sur le chiffre qui recule. La date d'ouverture de la campagne 2026-2027 n'était pas encore publiée à la rentrée ; elle tombe habituellement à la mi-octobre. Votre bras, lui, est disponible dès l'arrivée du courrier.

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