Actualité Médicale

Journée mondiale Alzheimer : une prise de sang aide désormais au diagnostic de vos trous de mémoire, mais pas sur ordonnance de votre médecin traitant

Vous cherchez un mot qui ne vient pas, vous posez deux fois la même question, et la peur d'Alzheimer s'installe. Lundi 21 septembre, la Journée mondiale consacrée à la maladie remettra le diagnostic précoce au premier plan, alors qu'un malade sur trois seulement est diagnostiqué. Un examen récent change la façon d'explorer vos trous de mémoire, à une condition qu'il vaut mieux connaître avant de réclamer une ordonnance.

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Par | Publié le 17 Septembre 2026 à 10:23 | mis à jour le 17 Septembre 2026 à 10:23
Un homme se fait prélever du sang dans un laboratoire - Illustration générée par IA
Un homme se fait prélever du sang dans un laboratoire - Illustration générée par IA

Alzheimer, une maladie redoutée que beaucoup ne font pas vérifier

La Journée mondiale de la maladie d'Alzheimer aura lieu lundi 21 septembre. Selon la Fondation Recherche Alzheimer, la France compte 225 000 nouveaux cas par an, pour 1,4 million de personnes qui vivent avec la maladie ou une maladie apparentée. Réparti sur l'année, ce total représente environ 616 nouveaux cas par jour, soit un toutes les deux minutes et vingt secondes. Le calcul est le nôtre.

Or, selon une étude menée en 2025 par BVA pour la même fondation, seul un tiers des personnes touchées par Alzheimer ou une maladie apparentée sont diagnostiquées. Nous redoutons tous cette maladie, et c'est aussi celle que nous faisons le moins vérifier, souvent par peur de la réponse. Je le comprends. Attendre revient pourtant à se priver de ce qu'un diagnostic posé tôt permet déjà d'organiser.
 
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Les trous de mémoire qui doivent vous alerter

Tout le monde oublie un prénom ou l'endroit où il a posé ses clés. L'Assurance maladie décrit autre chose : des trous de mémoire qui apparaissent puis reviennent, et qui touchent surtout les événements récents. La personne fait répéter plusieurs fois la même information, s'appuie sur des listes et un calendrier pour se repérer, ne sait plus si elle a payé ses factures.

Vous pouvez aussi avoir du mal à trouver vos mots, ou en employer un à la place d'un autre. Une recette cuisinée cent fois devient compliquée, tout comme rendre la monnaie ou se servir de son téléphone.

Ce qui déroute les familles, c'est que la mémoire ancienne tient plus longtemps. Votre père peut raconter son service militaire avec précision et oublier le repas de la veille. Ce décalage ne rassure en rien : ce qui alerte, c'est la persistance de ces troubles pendant plusieurs mois et leur poids sur votre quotidien.
 

Votre médecin traitant, premier interlocuteur

Face à ces signes, la porte d'entrée n'est pas le laboratoire. Sur sa page consacrée aux symptômes et au diagnostic de la maladie d'Alzheimer, l'Assurance maladie place le médecin traitant en première ligne. Il interroge la personne et son entourage, puis s'appuie sur des tests simples comme le MMSE, un questionnaire d'environ 15 minutes, le test des cinq mots ou celui de l'horloge.

Ces tests ne suffisent pas à poser un diagnostic. Ils aident aussi à écarter d'autres causes, que France Alzheimer énumère : la dépression, une anxiété importante, une carence en vitamines, un trouble de la thyroïde ou les effets indésirables de certains médicaments, toutes accessibles à un traitement.

Vous avez entre 60 et 65 ans, ou entre 70 et 75 ans ? Le rendez-vous « Mon bilan prévention » prévu à ces âges est l'occasion de parler de vos craintes, comme l'y invite l'Assurance maladie. Si le doute persiste, votre médecin vous adresse à une consultation mémoire, à l'hôpital ou en ville, avec bilan sanguin et IRM.
 

La prise de sang qui aide au diagnostic précoce

Depuis la fin de 2025, une prise de sang permet de doser une protéine appelée « pTau217 », un marqueur associé aux plaques amyloïdes présentes dans le cerveau des malades. Selon la Fondation Recherche Alzheimer, des laboratoires privés la proposent en ville, en plus de certains centres mémoire et services hospitaliers.

Jusqu'ici, confirmer la maladie dans les cas difficiles passait par une ponction lombaire ou une imagerie appelée TEP. Dans son article, rédigé avec le neurologue Vincent Planche, la fondation indique que pour beaucoup de spécialistes, la prise de sang peut remplacer ces examens dans environ 80 % des cas, quand le bilan de mémoire oriente déjà fortement vers Alzheimer. Pour les autres, le résultat tombe dans une zone grise et ces examens restent nécessaires.

Attention toutefois, cette prise de sang n'a rien d'un test de dépistage. Selon la fondation, elle est réservée aux personnes de plus de 50 ans déjà atteintes de troubles cognitifs et engagées dans un parcours de diagnostic. Sans symptôme, elle donne beaucoup de faux positifs, des résultats alarmants à tort.

Sa prescription est strictement encadrée : elle ne doit être demandée que par un médecin de consultation mémoire, ou par un neurologue, un gériatre ou un psychiatre formé aux troubles cognitifs. L'examen n'étant pas recommandé en médecine générale, votre médecin traitant vous adressera au spécialiste. Côté tarif, Roche Diagnostics, qui commercialise l'un de ces tests, indique au site Medscape des prix constatés entre 150 et 190 euros dans certains laboratoires, avec un reste à charge variable selon le lieu de l'examen.
 

Ce que le diagnostic vous ouvre

Une fois le diagnostic confirmé par le spécialiste, la maladie peut être reconnue comme affection de longue durée. Les examens et les soins qui s'y rapportent sont alors pris en charge à 100 %, dans la limite des tarifs de l'Assurance maladie. Le spécialiste propose aussi un programme personnalisé de soins, avec un suivi généralement prévu tous les six mois la première année, selon les recommandations de la Haute Autorité de santé relayées par France Alzheimer.
 

Les nouveaux traitements, refusés au remboursement en France

Et les médicaments dont la presse parle tant ? Deux anticorps, le lécanémab (Leqembi) et le donanémab (Kisunla), s'attaquent aux plaques amyloïdes chez les malades à un stade précoce. L'Union européenne les a autorisés, mais la Haute Autorité de santé a rendu un avis défavorable à leur remboursement, en octobre 2025 pour le premier et en mai 2026 pour le second.

Les associations de malades contestent vivement ces décisions. Pour le donanémab, la Fondation Vaincre Alzheimer rappelle que l'essai principal a montré un ralentissement du déclin cognitif de 22 % en 18 mois. La HAS a jugé en revanche ce bénéfice modeste au regard des risques, dont des œdèmes et saignements cérébraux repérés à l'IRM.
  Un diagnostic posé tôt garde donc toute son utilité, même sans ces traitements : il permet d'écarter une autre cause qui se soigne, de demander la prise en charge à 100 % et de prendre le temps d'organiser la suite avec vos proches. D'ailleurs, autour du 21 septembre, hôpitaux et associations tiennent des stands d'information dans de nombreuses villes, l'occasion de poser vos questions sur vos trous de mémoire.

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