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Traitement hormonal de la ménopause : ce bilan gratuit que votre médecin ne vous a pas encore proposé

Par | Publié le 26/06/2026 à 09:11

Le traitement hormonal de la ménopause revient. Après vingt ans de recul, près de 500 000 Françaises y ont de nouveau accès. Ce que les chiffres publiés hier ne disent pas d'emblée : celles qui en bénéficient ne ressemblent pas à celles qui en auraient le plus besoin.

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Une patiente mesure sa tension lors d'un bilan ménopause
Une patiente mesure sa tension lors d'un bilan ménopause

La courbe qui s'inverse

Le traitement hormonal de la ménopause a été quasiment banni des cabinets français pendant vingt ans après l'étude américaine WHI (2002), qui l'avait lié à un risque accru de cancer du sein. La proportion de femmes de 45 à 60 ans sous traitement est tombée de 6,6 % en 2012 à 3,6 % en 2022, selon le rapport publié hier par le groupement EPI-PHARE.

La tendance vient de s'inverser. La question n'est plus de savoir si les femmes peuvent se soigner, mais lesquelles.

Un traitement qui ne revient pas pour toutes

En 2025, 496 245 femmes étaient sous traitement hormonal en France, soit 4,4 % des femmes de 45 à 60 ans. C'est encore loin du pic de 6,6 % mesuré en 2012, mais la courbe a changé de sens après dix ans de recul ininterrompu.

Les nouvelles utilisatrices, celles qui commencent le traitement pour la première fois, ont retrouvé leur niveau de 2012 avec 107 949 initiations dans l'année. Nous ne parlons pas d'un frémissement statistique.

Le problème est dans le profil de ces femmes. EPI-PHARE le formule sans ambiguïté : les nouvelles utilisatrices sont socialement plus favorisées que celles qui ne sont pas traitées.

Elles consultent davantage, participent plus aux dépistages des cancers, et présentent moins d'antécédents cardio-métaboliques et de cancers que les non-utilisatrices. Celles qui accèdent au traitement sont déjà les mieux suivies médicalement.

La géographie confirme cette fracture. Les taux d'initiation sont plus élevés dans le Sud, en Île-de-France et dans le Nord que dans le centre de la France, l'Ouest et les outre-mer.

51 % des initiations passent par un gynécologue libéral, 25 % par un généraliste. Quand vous vivez dans un département où le gynécologue de ville a disparu, la conversation sur le traitement hormonal n'a tout simplement pas lieu.

La ménopause touche 17 millions de Françaises, et 500 000 nouvelles femmes y entrent chaque année. Nous sommes toutes et tous concernés, directement ou par l'entourage, et la frontière entre celles qui se soignent et celles qui endurent en silence tient souvent à un seul facteur : avoir pu en parler à un professionnel qui connaît le sujet.

Des prescriptions qui ont changé de visage

Le rebond ne se résume pas à davantage de femmes traitées. Les pratiques de prescription se sont profondément transformées en dix ans.

La voie transdermique (patchs, gels) représente désormais 87 % des prescriptions d'estradiol, contre une majorité de comprimés oraux il y a encore peu. L'utilisation de la progestérone micronisée a bondi de 40 %, quand les progestatifs de synthèse reculaient de 60 %.

Ce basculement est décisif. L'étude américaine de 2002 portait sur des hormones orales d'origine équine, un protocole que la France n'a jamais privilégié.

Les études françaises, menées notamment à partir de la cohorte E3N, ont montré que l'association estradiol transdermique et progestérone micronisée présente un profil de risque nettement plus favorable. La HAS l'a officiellement reconnu en octobre 2025, en confirmant la place du traitement hormonal dans la prise en charge des troubles modérés à sévères du climatère et dans la prévention de l'ostéoporose chez les femmes à risque fracturaire.

Un signal d'alerte persiste. Parmi les femmes qui utilisent des estrogènes seuls, 60 % devraient y associer un progestatif pour se protéger du risque de cancer de l'endomètre, selon les recommandations en vigueur.

Ce décalage entre la prescription réelle et la prescription recommandée mérite d'être abordé avec votre médecin si vous êtes dans ce cas.

Cette consultation que vous ne connaissez probablement pas

Depuis le 1er avril 2026, toutes les femmes de 45 à 65 ans ont droit à une consultation longue de 45 minutes, entièrement prise en charge par l'Assurance maladie, spécifiquement dédiée à la ménopause. Pas de dépassement d'honoraires, pas d'avance de frais.
 

Ce dispositif ne dépend pas de la présence d'un gynécologue dans votre département : votre médecin traitant ou une sage-femme peuvent assurer ce rendez-vous. On y fait le point sur les bouffées de chaleur, les troubles du sommeil, le risque d'ostéoporose et les antécédents cardiovasculaires, et on évalue si un traitement hormonal est pertinent pour vous.

Je n'ai pas trouvé mieux comme outil de décision médicale gratuit et complet.

Les données EPI-PHARE s'arrêtent à 2025, avant la mise en place de cette consultation. L'effet de cette mesure sur les inégalités d'accès n'est donc pas encore mesurable, et c'est précisément ce qui la rend décisive : elle est en place, elle est gratuite, et personne ne vous en a parlé.

La marche à suivre tient en une phrase : préciser le motif « consultation ménopause » auprès de votre médecin traitant. C'est la seule condition pour activer le remboursement intégral.

Ce rendez-vous est unique : vous ne pouvez en bénéficier qu'une seule fois dans la tranche 45-65 ans. Autant ne pas laisser passer la fenêtre, car rien dans le parcours de soins habituel ne vous en informera automatiquement.

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