À Lyon Croix-Rousse, la première résidence inclusive pour seniors LGBT+ de France (image d'illustration générée par IA)
Un immeuble en chanvre dans une rue tranquille
Au 65 rue de Belfort, un ancien bâtiment cédé par le Centre Communal d'Action Sociale a laissé place à un immeuble neuf de 680 mètres carrés habitables. Le lieu compte quinze appartements T1 et T2 et un logement étudiant pour le lien intergénérationnel.
L'inauguration officielle s'est tenue le 9 octobre 2025, en présence du maire Grégory Doucet et du président de la Métropole Bruno Bernard. Croix-Rouge habitat est propriétaire via un bail à construction de 65 ans.
Budget : trois millions d'euros, financés par la Ville, la Métropole, le CCAS et plusieurs fondations. Sept logements sont sociaux, neuf à loyer intermédiaire, soit 15 à 20 % sous le marché privé lyonnais.
L'inauguration officielle s'est tenue le 9 octobre 2025, en présence du maire Grégory Doucet et du président de la Métropole Bruno Bernard. Croix-Rouge habitat est propriétaire via un bail à construction de 65 ans.
Budget : trois millions d'euros, financés par la Ville, la Métropole, le CCAS et plusieurs fondations. Sept logements sont sociaux, neuf à loyer intermédiaire, soit 15 à 20 % sous le marché privé lyonnais.
La vraie raison d'exister de la Maison de la diversité
Un chiffre à lui seul sépare les articles édulcorés des autres, et il est terrible : chez les hommes homosexuels de plus de 60 ans, le taux de suicide est sept fois supérieur à celui de leurs pairs hétérosexuels. Oui vous avez bien lu : 7 fois !
Chez les femmes, le rapport est déjà de deux à un. Un chiffre documenté par la Métropole de Lyon dès 2023. Il a été cité à l'inauguration et repris sur le site officiel de la Ville et jamais personne ne l'a contesté.
Les Audacieuses et les Audacieux, association fondée en décembre 2017 par Stéphane Sauvé, ancien directeur d'Ehpad, portent le projet depuis sa création. L'idée vient de Berlin, où le Lebensort Vielfalt compte environ 400 personnes en liste d'attente pour une vingtaine de logements.
Derrière le vocabulaire administratif d'habitat inclusif et participatif, il y a une phrase qu'on n'écrit pas dans les communiqués : sans ce type de structure, une partie des seniors LGBT+ finit par préférer mourir. La Maison de la diversité ne fabrique pas du bien-être, elle répare une hémorragie silencieuse.
Chez les femmes, le rapport est déjà de deux à un. Un chiffre documenté par la Métropole de Lyon dès 2023. Il a été cité à l'inauguration et repris sur le site officiel de la Ville et jamais personne ne l'a contesté.
Les Audacieuses et les Audacieux, association fondée en décembre 2017 par Stéphane Sauvé, ancien directeur d'Ehpad, portent le projet depuis sa création. L'idée vient de Berlin, où le Lebensort Vielfalt compte environ 400 personnes en liste d'attente pour une vingtaine de logements.
Derrière le vocabulaire administratif d'habitat inclusif et participatif, il y a une phrase qu'on n'écrit pas dans les communiqués : sans ce type de structure, une partie des seniors LGBT+ finit par préférer mourir. La Maison de la diversité ne fabrique pas du bien-être, elle répare une hémorragie silencieuse.
Quinze places, un million de candidats potentiels
À l'ouverture, les quinze appartements étaient tous attribués. La moyenne d'âge est de 65 ans, avec quatre résidents ayant dépassé les 70 ans.
On y trouve une ancienne aide-soignante, un danseur à la retraite, une ex-cheffe de publicité, une assistante sociale retraitée. Certains sont homosexuels, d'autres transgenres, d'autres gay friendly, soutiens historiques de la cause.
Les critères d'entrée sont peu nombreux mais précis :
Les candidats ont participé à des week-ends communs et à un voyage collectif à Berlin. De fait, on n'emménage pas ici comme on signe un bail ordinaire.
On intègre un groupe qui s'est constitué pendant plusieurs années. C'est la différence structurelle avec une résidence seniors classique ou un habitat partagé comme Domani, qui fonctionne sur un modèle plus commercial.
Face à ce dispositif ultra-ciblé, la France compte environ un million de seniors LGBT+. Quatre-vingt-dix pour cent d'entre eux n'ont pas d'enfant et soixante-cinq pour cent vivent seuls.
La Maison de la diversité offre aujourd'hui quinze places.
On y trouve une ancienne aide-soignante, un danseur à la retraite, une ex-cheffe de publicité, une assistante sociale retraitée. Certains sont homosexuels, d'autres transgenres, d'autres gay friendly, soutiens historiques de la cause.
Les critères d'entrée sont peu nombreux mais précis :
Qui peut candidater ✅ Les 4 conditions
Âge minimum
55 ans révolus
Autonomie
Autonome ou légèrement fragilisé
Charge familiale
Sans enfant ni adolescent à charge
Engagement associatif
Adhésion à l'association Les Audacieuses et les Audacieux
Les candidats ont participé à des week-ends communs et à un voyage collectif à Berlin. De fait, on n'emménage pas ici comme on signe un bail ordinaire.
On intègre un groupe qui s'est constitué pendant plusieurs années. C'est la différence structurelle avec une résidence seniors classique ou un habitat partagé comme Domani, qui fonctionne sur un modèle plus commercial.
Face à ce dispositif ultra-ciblé, la France compte environ un million de seniors LGBT+. Quatre-vingt-dix pour cent d'entre eux n'ont pas d'enfant et soixante-cinq pour cent vivent seuls.
La Maison de la diversité offre aujourd'hui quinze places.
Pourquoi l'Ehpad classique reste impossible
Dans les statistiques officielles des Ehpad, les résidents LGBT+ n'existent pas. Quand on demande aux Ehpad s'ils ont des LGBT chez eux, ils nous disent toujours que non, relève Christophe Dercamp, co-porteur du projet.
Le constat n'est pas anodin puisque entre 10 et 12 % de la population se déclare LGBT+. Ces personnes ne disparaissent pas passé 75 ans.
Ce qu'elles font, c'est se taire. Le phénomène porte un nom dans la littérature gérontologique : le retour au placard.
Des seniors qui ont vécu ouvertement leur orientation pendant des décennies la cachent à nouveau à l'entrée en Ehpad. Par crainte du personnel, du regard des autres résidents, des conversations au déjeuner.
Les conséquences sont documentées : moindre recours aux soins, partenaire survivant non mentionné dans les dossiers, famille de cœur tenue à distance. Au bout, une surmortalité par suicide dont le chiffre sept fois supérieur n'est que la face émergée.
Le constat n'est pas anodin puisque entre 10 et 12 % de la population se déclare LGBT+. Ces personnes ne disparaissent pas passé 75 ans.
Ce qu'elles font, c'est se taire. Le phénomène porte un nom dans la littérature gérontologique : le retour au placard.
Des seniors qui ont vécu ouvertement leur orientation pendant des décennies la cachent à nouveau à l'entrée en Ehpad. Par crainte du personnel, du regard des autres résidents, des conversations au déjeuner.
Les conséquences sont documentées : moindre recours aux soins, partenaire survivant non mentionné dans les dossiers, famille de cœur tenue à distance. Au bout, une surmortalité par suicide dont le chiffre sept fois supérieur n'est que la face émergée.
Strasbourg, Toulouse, Vence : la liste des villes dans la file d'attente
L'association vise dix maisons en dix ans. Trois fonciers sont identifiés : Strasbourg (le plus avancé), Toulouse et Vence dans les Alpes-Maritimes.
Des discussions plus exploratoires avancent avec Paris, Marseille, Nice, Montpellier, Bordeaux, Nantes, Lille, Dunkerque, Dijon, Montreuil, Romainville et Saint-Denis.
Croix-Rouge habitat porte la maîtrise d'ouvrage, une association locale porte le projet social. Aucun investisseur spéculatif.
Le chiffre de sept suicides pour un reste dans les archives du ministère de la Santé sans traduction en politique publique. Aucune campagne nationale ne le reprend.
Le Plan National d'Actions anti-LGBT+ 2023-2026 mentionne le vieillissement, sans objectif quantifié ni calendrier.
Le modèle allemand a mis huit ans à faire école hors de Berlin. Le modèle lyonnais en est à six mois. La route promet d'être longue...
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Le modèle allemand a mis huit ans à faire école hors de Berlin. Le modèle lyonnais en est à six mois. La route promet d'être longue...
Ce qu'il faut retenir
- La Maison de la diversité de Lyon Croix-Rousse, inaugurée le 9 octobre 2025, est la première résidence participative dédiée aux seniors LGBT+ en France : 15 logements, 3 millions d'euros, complet à l'ouverture.
- Le chiffre qui justifie son existence : les hommes homosexuels de plus de 60 ans se suicident 7 fois plus que leurs pairs hétérosexuels, les femmes lesbiennes 2 fois plus (source Les Audacieuses et les Audacieux, Métropole de Lyon).
- Environ 1 million de seniors LGBT+ vivent en France. 90 % sont sans enfant, 65 % vivent seuls. Le "retour au placard" en Ehpad reste documenté mais non pris en charge par la politique publique.
- Trois fonciers déjà identifiés : Strasbourg (le plus proche d'ouvrir), Toulouse, Vence. Une dizaine d'autres villes en discussion. Candidatures via adhésion à l'association Les Audacieuses et les Audacieux (fondée en décembre 2017).
Sources :
- Ville de Lyon, dossier de presse et communiqué de lancement de la construction, 9 juin 2023
- Métropole de Lyon, Une maison pour vieillir ensemble et sans jugement, 8 octobre 2025
- Mairie du 4e arrondissement de Lyon, communiqué d'inauguration, 9 octobre 2025
- Association Les Audacieuses et les Audacieux, site audacieusement.org
- Schwulenberatung Berlin, site schwulenberatungberlin.de (données Lebensort Vielfalt)
- Ville de Lyon, dossier de presse et communiqué de lancement de la construction, 9 juin 2023
- Métropole de Lyon, Une maison pour vieillir ensemble et sans jugement, 8 octobre 2025
- Mairie du 4e arrondissement de Lyon, communiqué d'inauguration, 9 octobre 2025
- Association Les Audacieuses et les Audacieux, site audacieusement.org
- Schwulenberatung Berlin, site schwulenberatungberlin.de (données Lebensort Vielfalt)
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