Réseaux sociaux et seniors : le chiffre CRÉDOC qui renverse le cliché de la fracture numérique générationnelle
Un cliché générationnel qui ne résiste pas aux chiffres
Vous les connaissez, ces phrases lâchées à table : "elle ne sait même pas envoyer une photo, mdr", "il n'est pas sur Insta, c'est pas pour lui". Pendant ce temps, le Baromètre du numérique 2026 (enquête de référence pilotée par l'Arcep, l'Arcom, le CGE et l'ANCT, réalisée par le CRÉDOC auprès de 4 145 Français en 2025) dit tout autre chose.
Parmi les 60 ans et plus présents sur les réseaux sociaux, seuls 17 % se contentent de lire en silence sans jamais rien publier ni commenter. Autrement dit, plus de huit utilisateurs seniors sur dix participent activement, d'une manière ou d'une autre, à la vie des plateformes.
Parmi les 60 ans et plus présents sur les réseaux sociaux, seuls 17 % se contentent de lire en silence sans jamais rien publier ni commenter. Autrement dit, plus de huit utilisateurs seniors sur dix participent activement, d'une manière ou d'une autre, à la vie des plateformes.
Le vrai chiffre choc concerne les 70 ans et plus
C'est ici que la bascule s'opère pour de bon.
Dans l'édition précédente du même Baromètre, publiée en mars 2025, une donnée mérite d'être relue : 45 % des 70 ans et plus publient du contenu personnel sur les réseaux sociaux, que ce soit tous les jours ou plus occasionnellement.
Pour comparer, 76 % des 12-17 ans en font autant. L'écart existe, il est réel, mais il n'a rien du gouffre abyssal que le discours dominant prétend.
Un senior sur deux publie. Pendant que ses petits-enfants sont persuadés qu'il n'y a "que sa fille pour l'aider à ouvrir WhatsApp".
Dans l'édition précédente du même Baromètre, publiée en mars 2025, une donnée mérite d'être relue : 45 % des 70 ans et plus publient du contenu personnel sur les réseaux sociaux, que ce soit tous les jours ou plus occasionnellement.
Pour comparer, 76 % des 12-17 ans en font autant. L'écart existe, il est réel, mais il n'a rien du gouffre abyssal que le discours dominant prétend.
Un senior sur deux publie. Pendant que ses petits-enfants sont persuadés qu'il n'y a "que sa fille pour l'aider à ouvrir WhatsApp".
12-17 ans 📈 Plus actifs
Publient du contenu personnel
76 %
Publient ou commentent chaque jour (tous âges)
33 % en moyenne
40-69 ans ℹ️ Usage épisodique
Participent moins d'une fois par jour
54 %
70 ans et plus ✅ Contre-cliché
Publient du contenu personnel
45 %
Exclusivement lecteurs (60+)
17 %
Mais que publient-ils, au juste ?
C'est la vraie question, et c'est aussi celle que vos enfants ne vous posent jamais.
Les chercheurs du CRÉDOC observent un schéma clair. Le senior actif sur les réseaux privilégie le partage "doux", à savoir les photos de famille, de jardin, d'un plat cuisiné, les commentaires affectueux sous les publications des proches, les photos de voyage à la retraite, les vidéos de petits-enfants publiées dans des groupes privés.
Mais pas seulement. Les commentaires sous les articles d'actualité, les prises de position dans les groupes thématiques, les débats dans les espaces modérés montrent chaque jour une génération qui s'exprime, argumente et tient sa juste place dans la conversation publique.
Un tiers des utilisateurs publie ou commente tous les jours, les moins de 40 ans figurant parmi les plus actifs, là où la plupart des 60 ans et plus choisissent des participations plus rares mais plus choisies.
Le résultat est paradoxal : un grand-père de 72 ans peut parfaitement tenir un compte Facebook actif, commenter les photos de ses anciens collègues, liker les publications de sa fille, et pourtant donner l'impression à toute la famille qu'il "ne fait rien sur internet".
Les chercheurs du CRÉDOC observent un schéma clair. Le senior actif sur les réseaux privilégie le partage "doux", à savoir les photos de famille, de jardin, d'un plat cuisiné, les commentaires affectueux sous les publications des proches, les photos de voyage à la retraite, les vidéos de petits-enfants publiées dans des groupes privés.
Mais pas seulement. Les commentaires sous les articles d'actualité, les prises de position dans les groupes thématiques, les débats dans les espaces modérés montrent chaque jour une génération qui s'exprime, argumente et tient sa juste place dans la conversation publique.
Un tiers des utilisateurs publie ou commente tous les jours, les moins de 40 ans figurant parmi les plus actifs, là où la plupart des 60 ans et plus choisissent des participations plus rares mais plus choisies.
Le résultat est paradoxal : un grand-père de 72 ans peut parfaitement tenir un compte Facebook actif, commenter les photos de ses anciens collègues, liker les publications de sa fille, et pourtant donner l'impression à toute la famille qu'il "ne fait rien sur internet".
L'angle mort : ce que nous faisons sans le dire
Voilà pourquoi les petits-enfants se trompent si massivement : ce n'est pas que nous sommes inactifs, c'est juste que notre présence numérique ressemble très peu à la leur.
Eux diffusent, nous correspondons. Eux mettent en scène, nous entretenons le lien. Eux cherchent de la visibilité, nous préservons une intimité.
Cela explique d'ailleurs pourquoi nous partageons souvent dans des groupes fermés, des conversations privées, ou avec un cercle restreint d'amis validés un par un.
Le Baromètre 2026 relève aussi, et c'est important, que 70 % des 70 ans et plus déclarent ne pas bien comprendre le fonctionnement des algorithmes de recommandation.
Voilà qui mérite d'être dit honnêtement : nous publions, oui, mais sans toujours savoir qui voit nos publications, ni pourquoi telle photo remonte devant les yeux de tel cousin éloigné. Une précaution s'impose donc pour tout ce qui touche à la famille, aux enfants, aux petits-enfants.
Eux diffusent, nous correspondons. Eux mettent en scène, nous entretenons le lien. Eux cherchent de la visibilité, nous préservons une intimité.
Cela explique d'ailleurs pourquoi nous partageons souvent dans des groupes fermés, des conversations privées, ou avec un cercle restreint d'amis validés un par un.
Le Baromètre 2026 relève aussi, et c'est important, que 70 % des 70 ans et plus déclarent ne pas bien comprendre le fonctionnement des algorithmes de recommandation.
Voilà qui mérite d'être dit honnêtement : nous publions, oui, mais sans toujours savoir qui voit nos publications, ni pourquoi telle photo remonte devant les yeux de tel cousin éloigné. Une précaution s'impose donc pour tout ce qui touche à la famille, aux enfants, aux petits-enfants.
Ce que cela change pour vous
D'abord, il est temps de cesser de s'excuser. Si vous publiez, même une fois par mois, vous êtes dans la moyenne de votre génération, pas en retard.
Ensuite, il peut être utile de parler de ce que vous faites en ligne avec vos proches. Non pas pour vous justifier, mais pour corriger une perception familiale qui reste bloquée sur l'image du senior "débordé par la technologie", une image que la réalité chiffrée ne soutient plus.
Enfin, pour celles et ceux qui veulent reprendre la main sur leurs publications, les réglages de confidentialité de Facebook, d'Instagram ou de WhatsApp permettent en quelques minutes de choisir qui voit quoi. C'est probablement le geste le plus utile à apprendre, et le seul qui vaille vraiment le déplacement chez l'espace France Services le plus proche si l'on préfère un accompagnement humain plutôt qu'un tutoriel en ligne.
Ensuite, il peut être utile de parler de ce que vous faites en ligne avec vos proches. Non pas pour vous justifier, mais pour corriger une perception familiale qui reste bloquée sur l'image du senior "débordé par la technologie", une image que la réalité chiffrée ne soutient plus.
Enfin, pour celles et ceux qui veulent reprendre la main sur leurs publications, les réglages de confidentialité de Facebook, d'Instagram ou de WhatsApp permettent en quelques minutes de choisir qui voit quoi. C'est probablement le geste le plus utile à apprendre, et le seul qui vaille vraiment le déplacement chez l'espace France Services le plus proche si l'on préfère un accompagnement humain plutôt qu'un tutoriel en ligne.
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De plus en plus de seniors sur les réseaux sociaux
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Un portrait qui bouge, une enquête qui reste à suivre
Le CRÉDOC publie son Baromètre chaque année. L'édition 2026 vient d'être présentée en février devant la ministre déléguée au numérique ; la prochaine est attendue au printemps 2027.
Ce que cette photographie 2025 nous enseigne, c'est que la fracture numérique générationnelle n'est pas celle qu'on croit.
Elle n'oppose pas les seniors "exclus" aux jeunes "connectés". Elle sépare des manières différentes d'habiter les réseaux sociaux, et celle des 70 ans et plus, à la fois plus discrète, plus ciblée, plus relationnelle, mérite mieux qu'un cliché de dîner de famille.
Ce que cette photographie 2025 nous enseigne, c'est que la fracture numérique générationnelle n'est pas celle qu'on croit.
Elle n'oppose pas les seniors "exclus" aux jeunes "connectés". Elle sépare des manières différentes d'habiter les réseaux sociaux, et celle des 70 ans et plus, à la fois plus discrète, plus ciblée, plus relationnelle, mérite mieux qu'un cliché de dîner de famille.
Ce qu'il faut retenir
- 45 % des 70 ans et plus publient du contenu personnel sur les réseaux sociaux (CRÉDOC 2025), contre 76 % des 12-17 ans : l'écart existe mais n'a rien d'un gouffre.
- Seuls 17 % des 60 ans et plus se limitent à la lecture passive. Plus de huit utilisateurs seniors sur dix participent activement aux plateformes.
- Les seniors privilégient un usage relationnel et privé (photos de famille, cercles fermés) plutôt qu'une mise en scène publique, ce qui explique la perception familiale d'une inactivité numérique.
- 70 % des 70 ans et plus déclarent mal comprendre les algorithmes : un réglage des paramètres de confidentialité s'impose, accessible dans chaque application en quelques clics.
Sources :
- Arcep, Arcom, CGE, ANCT, Baromètre du numérique, édition 2026, rapport réalisé par le CRÉDOC, février 2026
- Arcep, Arcom, CGE, ANCT, Baromètre du numérique, édition 2025, rapport réalisé par le CRÉDOC, mars 2025
- Arcep, Arcom, CGE, ANCT, Baromètre du numérique, édition 2026, rapport réalisé par le CRÉDOC, février 2026
- Arcep, Arcom, CGE, ANCT, Baromètre du numérique, édition 2025, rapport réalisé par le CRÉDOC, mars 2025
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