Droits et aides sociales

On annonce un 1er septembre fait de gaz et de retraites : votre pharmacien cesse d'avancer les frais si vous refusez l'équivalent de vos médicaments

Le comptoir de votre pharmacie applique une règle de plus à partir du 1er septembre. Refuser le biosimilaire proposé à la place de votre médicament habituel vous fait perdre le tiers payant, et parfois une partie du remboursement. Sur la liste des changements qui tombent ce jour-là, c'est celui dont on parle le moins, et c'est celui qui revient tous les mois dans vos médicaments.

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Article rédigé par | Publié le 26 Août 2026 à 11:12 | mis à jour le 26 Août 2026 à 11:12
Une cliente tend sa carte bancaire au comptoir d'une pharmacie - Illustration générée par IA
Une cliente tend sa carte bancaire au comptoir d'une pharmacie - Illustration générée par IA

Neuf changements, et le tri que personne ne fait

Neuf mesures entrent en vigueur mardi prochain, et les récapitulatifs publiés un peu partout les alignent dans le même ordre : le gaz, les retraites, le chômage, la rénovation, la voiture électrique. Or cette liste est écrite pour tout le monde, donc pour personne en particulier. Un salarié de quarante ans et un retraité de soixante-douze ans n'y lisent pas les mêmes lignes. Trois de ces mesures touchent en effet plus particulièrement votre budget, et la plus coûteuse est aussi celle qui passe inaperçue.
 
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Au comptoir, votre carte Vitale ne suffit plus

Commençons par le comptoir de la pharmacie, le seul endroit de cette liste où vous passez douze fois par an.

Jusqu'au 31 août, votre carte Vitale vous dispensait d'avancer la part remboursée par l'Assurance maladie, sans que le choix de la boîte compte. À partir du 1er septembre, ce n'est plus tout à fait vrai : si votre pharmacien vous propose un équivalent moins cher de votre traitement habituel et que vous refusez sans justification médicale, le tiers payant saute, vous réglez la totalité au comptoir et vous vous faites rembourser ensuite.

Le premier réflexe est de traduire par « générique », et c'est là que la mesure se perd. Refuser un générique vous prive déjà du tiers payant, cette règle-là n'a rien de neuf. Ce qui change mardi, c'est son extension à deux autres familles que la Sécurité sociale distingue soigneusement : les hybrides et les biosimilaires.

Un hybride contient le même principe actif que votre traitement, avec une différence de forme, de dosage ou de voie d'administration : une solution buvable plutôt qu'un comprimé, quand la déglutition pose problème. Un biosimilaire, lui, est l'équivalent d'un médicament biologique, fabriqué à partir d'une cellule vivante — les insulines entrent dans cette catégorie. Autant dire des traitements pris au long cours, et non des boîtes achetées une fois l'an.

La perte du tiers payant n'est pourtant pas la seule conséquence, et la seconde est plus discrète. Service Public précise que dans certains cas, le remboursement se calculera non sur le prix de la boîte achetée, mais sur celui de l'équivalent le plus cher de son groupe. L'administration donne un exemple : un traitement de référence à 20 euros, son équivalent à 18. Vous repartez avec la boîte à 20 euros, vous êtes remboursé sur une base de 18.

Poussons ce calcul jusqu'au bout, puisque l'exemple s'arrête là où votre porte-monnaie commence. Sur cette base de 18 euros, l'Assurance maladie verse 11,70 euros au taux courant de 65 %, dont elle retranche l'euro de franchise qu'elle prélève sur chaque boîte, et votre complémentaire prend le ticket modérateur, 6,30 euros. Votre relevé affichera donc 17 euros remboursés, que vous ayez accepté ou refusé. Sauf qu'en acceptant, il vous reste l'euro de franchise, et qu'en refusant il vous en reste trois. L'écart tient à ces 2 euros, exactement la différence de prix entre les deux boîtes.

Refaites l'opération à 30 %, à 15 % ou même à 100 % en affection de longue durée : cet écart de deux euros ne bouge pas d'un centime, et aucune mutuelle ne le rattrape, puisqu'elle rembourse elle aussi sur la base retenue par la Sécurité sociale. Sur un traitement renouvelé chaque mois, cela fait 24 euros dans l'année pour cet exemple-là, plus l'avance de 20 euros à sortir à chaque passage.

Reste la porte de sortie, et elle existe : votre pharmacien n'a pas le droit de substituer un médicament spécifique par un autre si votre médecin a exclu cette possibilité au regard de votre situation médicale, en l'écrivant sur l'ordonnance. Cela se joue dans son cabinet, pas au comptoir de la pharmacie, et c'est une simple phrase à lui demander avant votre prochain renouvellement.

Votre facture de gaz repart à la hausse le même jour

Deuxième ligne qui vous concerne, le chauffage, et elle arrive avant les premiers froids. La Commission de régulation de l'énergie a annoncé le 10 août que le prix repère de vente du gaz passerait à 172,05 euros TTC le mégawattheure en septembre, contre 162,89 euros en août, soit 5,6 % d'un mois sur l'autre. Ce prix repère n'est pas un tarif réglementé, mais une partie des offres du marché y sont indexées.

Rapportée à une consommation de 11 200 kilowattheures, courante pour une maison chauffée au gaz, la différence de 9,16 euros par mégawattheure représente environ 103 euros sur douze mois. Le calcul est le nôtre, l'écart des prix repères est celui de la CRE. D'ailleurs le mouvement n'a rien de linéaire : juillet avait pris 7,4 %, août avait rendu 0,8 %, septembre reprend tout et davantage.

Le médiateur national de l'énergie tient un comparateur d'offres indépendant et un numéro vert gratuit, le 0 800 112 212.

Votre pension se recalcule si elle prend effet après le 31 août

Troisième ligne, la retraite, et elle ne vous concerne que si votre pension prend effet après le 31 août.

Deux décrets du 29 juillet, publiés au Journal officiel en application de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, modifient le calcul du salaire annuel moyen des assurés qui détiennent des trimestres accordés au titre de leurs enfants. Le nombre d'années retenues descend de 25 à 24 pour un enfant, et à 23 à partir de deux. Concrètement, une ou deux de vos années les plus creuses sortent de la moyenne, et la pension monte d'autant.

Ces mêmes textes font entrer les trimestres liés aux enfants dans la durée réputée cotisée exigée pour un départ anticipé en carrière longue. Mais tout dépend de la date d'effet de la pension, jamais de celle du dépôt ni de la seule année de naissance : une pension calée au 1er août obéit à l'ancienne règle, la même calée au 1er septembre à la nouvelle.
 

Ce qui ne vous concerne pas, et la case restée ouverte

Reste le tri, celui que les récapitulatifs ne font jamais.

Le plafonnement des arrêts de travail à 31 jours vise les salariés, pas les pensionnés, et la facturation électronique vise les entreprises.

La réduction de l'indemnisation chômage après rupture conventionnelle mérite en revanche un arrêt si vous travaillez encore : à 57 ans et plus, la durée maximale tombe de 27 à 20,5 mois, et c'est la date de fin effective du contrat qui décide, pas celle de la signature.

Deux dernières lignes, l'une automatique, l'autre volontaire : votre nouveau taux de prélèvement à la source s'applique aux revenus de septembre, pension comprise : il figure sur l'avis d'impôt reçu cet été, et une modulation reste possible si votre situation a changé. Le ministère chargé de l'Autonomie a par ailleurs ouvert sur la plateforme Agora, jusqu'au 20 septembre, une consultation citoyenne sur le vieillissement.
 
Nous avons pris l'habitude de lire ces listes de rentrée comme un bulletin météo, en espérant que le gros de l'averse tombe ailleurs. Sauf que celle du 1er septembre a une particularité : sa mesure la plus chère pour vous ne se règle ni en ligne ni au comptoir, mais en une simple phrase à demander à votre médecin.

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