« Recevoir un chien guide, c'est recevoir le résultat d'une immense chaîne de solidarité »
Comment avez-vous obtenu votre chien guide ?
J'ai fait une demande auprès de l'association des Chiens Guides et, après un parcours d'évaluation et de préparation qui a duré environ un an et demi, j'ai eu la chance de recevoir Sherlock gratuitement. Quand on reçoit son chien, on voit surtout le chien qui est devant soi. Mais derrière lui, il y a les familles d'accueil, les éducateurs, les bénévoles, les donateurs et les personnes qui ont choisi de faire un legs.
Saviez-vous qui avait contribué à financer son éducation ?
Je ne connais pas toutes les personnes qui ont rendu cela possible, et c'est justement ce qui me touche. J'ai tout de même rencontré une personne ayant choisi de soutenir l'association à travers un legs. On comprend alors que derrière un legs, il n'y a pas simplement une somme d'argent mais une volonté d'aider et, au bout de la chaîne, une personne qui va vivre plus librement. C’est assez impressionnant de se dire qu’un don ou un legs, parfois fait par quelqu’un que l’on ne rencontrera jamais, peut finalement avoir des conséquences très concrètes sur la vie d’une personne. Dans mon cas, cette générosité a pris la forme d’un compagnon qui m’accompagne aujourd’hui dans mes études, mes déplacements et dans ma vie quotidienne.
« Aujourd’hui, je peux me concentrer sur mes projets plutôt que sur mes difficultés de déplacement »
Concrètement, qu'est-ce que votre chien guide a changé dans votre vie ?
Avant d’avoir mon chien guide, je pouvais évidemment faire beaucoup de choses, mais les déplacements avec la cane demandaient davantage de préparation et d’attention et ils étaient anxiogènes. Je suis étudiant en kinésithérapie à Paris, avec des cours, des stages, des déplacements et des journées qui peuvent être assez charges. Sherlock a complètement changé ma façon de me déplacer et d'organiser mon quotidien. Je peux aujourd'hui me déplacer de manière beaucoup plus autonome et avec davantage de sérénité. Les transports en commun, les trajets jusqu’à mon établissement ou jusqu’à un lieu de stage sont beaucoup plus simples. Il y a aussi quelque chose de très important : je ne suis plus uniquement en train de réfléchir à mon handicap lorsque je me déplace. Mon chien me permet de penser davantage à ma journée, à mes études, et à mes projets. Mon handicap est toujours là, mais il prend moins de place dans ma tête.
Comment décrirais-tu votre relation ?
Mon chien est un partenaire de tous les jours. Nous avons appris à fonctionner ensemble et à nous comprendre. Il y a le travail lorsqu’il me guide, bien sûr, mais il y a aussi tous les moments de la vie quotidienne où il est simplement mon chien : les moments de détente, les petites habitudes, les moments où il me fait rire et ceux où il me rappelle qu’une journée peut aussi être simplement une journée de chien, avec ses envies et sa personnalité ! Cette relation m’apporte beaucoup de confiance. Je sais que je peux compter sur lui, et lui sait qu’il peut compter sur moi !
« À toutes les personnes qui envisagent un legs, j’aimerais simplement dire merci »
Quel message souhaiteriez-vous adresser aux personnes qui envisagent de faire un legs ?
J'aimerais leur dire merci. Derrière leur générosité, il y a des personnes, des parcours et des vies qui continuent d'avancer. C’est assez émouvant de penser qu’une personne peut contribuer à changer la vie de quelqu’un qu’elle ne connaît pas.
Grâce à cette solidarité, des personnes aveugles ou malvoyantes gagnent en autonomie, en confiance et en liberté.
Un dernier mot ?
Un chien guide, ce n'est pas simplement un chien. Derrière lui, il y a une véritable chaîne de solidarité composée de bénévoles, de familles d'accueil, d'éducateurs, de donateurs et de testateurs. Si je devais résumer ce que Sherlock m'a apporté : plus de liberté, plus d'autonomie et beaucoup de beaux moments.





