- La mortalité par chute a augmenté bien au-delà de ce que le vieillissement démographique laissait prévoir
- Après 85 ans, le risque de mourir d'une chute est 29 fois plus élevé que chez les 65-74 ans
- Un plan national lancé en 2022 visait à inverser la courbe — les derniers chiffres montrent qu'il a échoué
Un bilan que personne n'attendait à ce niveau
En 2024, 20 148 personnes de 65 ans et plus sont décédées en lien avec une chute en France. Ce chiffre vient d'être publié par Santé publique France dans un bulletin épidémiologique daté du 12 mars 2026. C'est un record.
À titre de comparaison, un peu plus de 3 000 personnes sont mortes sur les routes françaises en 2024. La chute tue donc près de 6 fois plus que la route parmi les seniors. Et pourtant, ce phénomène reste largement méconnu du grand public.
À titre de comparaison, un peu plus de 3 000 personnes sont mortes sur les routes françaises en 2024. La chute tue donc près de 6 fois plus que la route parmi les seniors. Et pourtant, ce phénomène reste largement méconnu du grand public.
Pourquoi la courbe continue de monter
Le vieillissement de la population n'explique pas tout. Santé publique France le souligne clairement : la hausse des taux de mortalité par chute entre 2020 et 2024 est « plus importante que ce qui était attendu » d'après les projections fondées sur la période 2015-2019.
Autrement dit, les seniors ne sont pas simplement plus nombreux à tomber parce qu'ils sont plus nombreux. Ils sont proportionnellement plus vulnérables qu'il y a cinq ans. Plusieurs facteurs se cumulent : la sédentarité croissante, la perte de masse musculaire liée à l'inactivité physique, et les séquelles durables du Covid-19. Pendant la pandémie, les confinements successifs ont accéléré le déclin physique de millions de seniors, notamment les plus fragiles.
Autrement dit, les seniors ne sont pas simplement plus nombreux à tomber parce qu'ils sont plus nombreux. Ils sont proportionnellement plus vulnérables qu'il y a cinq ans. Plusieurs facteurs se cumulent : la sédentarité croissante, la perte de masse musculaire liée à l'inactivité physique, et les séquelles durables du Covid-19. Pendant la pandémie, les confinements successifs ont accéléré le déclin physique de millions de seniors, notamment les plus fragiles.
Après 85 ans, chaque chute peut devenir fatale
Le rapport de Santé publique France révèle des écarts vertigineux selon l'âge. Chez les plus de 85 ans, le taux d'hospitalisation après une chute est 8,6 fois plus élevé que chez les 65-74 ans. Quant au taux de mortalité, il est 29 fois plus élevé.
Autre constat : les femmes sont plus souvent hospitalisées après une chute, mais ce sont les hommes qui en meurent davantage. Les raisons ne sont pas encore clairement établies. La fragilité osseuse plus marquée chez les femmes explique une partie des fractures. Chez les hommes, la gravité des traumatismes et les comorbidités associées semblent aggraver le pronostic.
Quatre régions concentrent les taux les plus élevés : Grand Est, Normandie, Bretagne et Auvergne-Rhône-Alpes. Des territoires où le vieillissement est plus avancé et où les programmes de prévention sont inégalement déployés.
Autre constat : les femmes sont plus souvent hospitalisées après une chute, mais ce sont les hommes qui en meurent davantage. Les raisons ne sont pas encore clairement établies. La fragilité osseuse plus marquée chez les femmes explique une partie des fractures. Chez les hommes, la gravité des traumatismes et les comorbidités associées semblent aggraver le pronostic.
Quatre régions concentrent les taux les plus élevés : Grand Est, Normandie, Bretagne et Auvergne-Rhône-Alpes. Des territoires où le vieillissement est plus avancé et où les programmes de prévention sont inégalement déployés.
Les chiffres qui mesurent l'ampleur du problème
Voici l'évolution entre 2019 et 2024, telle que documentée par Santé publique France :
Corrigée de l'effet du vieillissement démographique, la hausse du taux de mortalité standardisé reste de 18 %. Celle du taux d'hospitalisation standardisé atteint 20,5 %. Ces chiffres signifient que les seniors sont proportionnellement plus vulnérables — et pas seulement plus nombreux.
En moyenne, cela représente 480 hospitalisations par jour et 55 décès quotidiens. Le coût pour la collectivité est estimé à près de 2 milliards d'euros par an, dont 1,5 milliard à la charge de l'Assurance maladie. Mais au-delà des chiffres, chaque chute grave peut entraîner une perte d'autonomie irréversible et une entrée non choisie en établissement.
2019 Référence
Hospitalisations liées à une chute (65+)
135 182
Décès liés à une chute (65+)
15 952
2024 Dernier bilan
Hospitalisations liées à une chute (65+)
174 824 (+29,3 %)
Décès liés à une chute (65+)
20 148 (+26,3 %)
Corrigée de l'effet du vieillissement démographique, la hausse du taux de mortalité standardisé reste de 18 %. Celle du taux d'hospitalisation standardisé atteint 20,5 %. Ces chiffres signifient que les seniors sont proportionnellement plus vulnérables — et pas seulement plus nombreux.
En moyenne, cela représente 480 hospitalisations par jour et 55 décès quotidiens. Le coût pour la collectivité est estimé à près de 2 milliards d'euros par an, dont 1,5 milliard à la charge de l'Assurance maladie. Mais au-delà des chiffres, chaque chute grave peut entraîner une perte d'autonomie irréversible et une entrée non choisie en établissement.
Ce que vous pouvez faire dès maintenant
La prévention reste le levier le plus efficace. Trois actions concrètes réduisent significativement le risque de chute :
- Maintenir une activité physique régulière : marche, tai-chi, gym douce. L'exercice préserve la masse musculaire et l'équilibre, même après 80 ans.
- Adapter son logement : barres d'appui dans la salle de bain, éclairage suffisant la nuit, suppression des tapis glissants. Le portail pour-les-personnes-agees.gouv.fr recense les aides financières disponibles, dont MaPrimeAdapt'.
- Revoir ses traitements médicamenteux avec son médecin : somnifères, anxiolytiques et certains antihypertenseurs augmentent le risque de chute.
Le plan national a raté sa cible
En 2022, le gouvernement avait lancé le plan antichute des personnes âgées (PAPA) avec un objectif ambitieux : réduire de 20 % les chutes mortelles ou nécessitant une hospitalisation d'ici fin 2024. Les chiffres publiés cette semaine prouvent que cet objectif n'a pas été atteint.
Santé publique France nuance toutefois : les données disponibles ne permettent pas encore de conclure à l'échec définitif du plan. L'amélioration du repérage et de la remontée des données pourrait mécaniquement gonfler les statistiques récentes.
Reste une certitude : tant que la prévention ne sera pas systématiquement intégrée au parcours de soins des seniors — et que les logements resteront inadaptés — la courbe ne s'inversera pas. Selon l'Insee, les plus de 65 ans représenteront 26 % de la population française en 2040. Le problème ne fera que s'amplifier.
Santé publique France nuance toutefois : les données disponibles ne permettent pas encore de conclure à l'échec définitif du plan. L'amélioration du repérage et de la remontée des données pourrait mécaniquement gonfler les statistiques récentes.
Reste une certitude : tant que la prévention ne sera pas systématiquement intégrée au parcours de soins des seniors — et que les logements resteront inadaptés — la courbe ne s'inversera pas. Selon l'Insee, les plus de 65 ans représenteront 26 % de la population française en 2040. Le problème ne fera que s'amplifier.
Ce qu'il faut retenir
- En 2024, 20 148 personnes de 65 ans et plus sont décédées après une chute en France — un record.
- Les hospitalisations ont bondi de 29,3 % en 5 ans, les décès de 26,3 %. Même corrigée du vieillissement, la hausse du taux de mortalité reste de 18 %.
- Les plus de 85 ans sont les plus vulnérables : risque de décès 29 fois supérieur aux 65-74 ans.
- Activité physique, adaptation du logement et révision des traitements sont les trois leviers de prévention.
- Le plan national antichute n'a pas atteint son objectif de -20 % à fin 2024.
Sources :
- Santé publique France, « Hospitalisations et mortalité en lien avec une chute chez les personnes de 65 ans et plus en France. Données 2015-2024 », bulletin national, 12 mars 2026
- Cour des comptes, estimation du coût des chutes des personnes âgées, 2022
- Insee, projections démographiques 2040
- Santé publique France, « Hospitalisations et mortalité en lien avec une chute chez les personnes de 65 ans et plus en France. Données 2015-2024 », bulletin national, 12 mars 2026
- Cour des comptes, estimation du coût des chutes des personnes âgées, 2022
- Insee, projections démographiques 2040


