Ce qu'il faut retenir
- Plus d'un senior sur cinq se voit prescrire des somnifères ou anxiolytiques de la famille des benzodiazépines — souvent pendant des années
- La France est le 2e pays le plus consommateur en Europe, et 1 patient sur 3 ignore les risques associés à ces médicaments
- Certaines régions sont nettement plus touchées que d'autres
- Des alternatives existent pour décrocher progressivement — à condition de savoir comment s'y prendre
Des millions de comprimés avalés chaque soir : un piège silencieux
En France, plus d'un senior sur cinq (23 %) se voit prescrire des « benzodiazépines » — ces médicaments utilisés comme somnifères ou comme anxiolytiques (contre l'anxiété) — selon une étude de l'Institut de recherche et documentation en économie de la santé (IRDES) publiée en janvier 2026. C'est l'un des taux les plus élevés d'Europe.
Le problème n'est pas la prescription ponctuelle. C'est la durée. Ces médicaments sont conçus pour des traitements courts : quelques jours à trois semaines pour les troubles du sommeil, douze semaines maximum pour l'anxiété. Or, 40 % des ordonnances dépassent ces durées, selon l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Des mois, des années, parfois des décennies de prise quotidienne — sans que la question de l'arrêt ne soit jamais posée.
Résultat : 13 % des plus de 65 ans — soit environ 1,9 million de personnes — reçoivent chaque année une prescription jugée « potentiellement inappropriée » par les chercheurs. En clair : un traitement trop long ou un médicament dont les effets persistent trop longtemps dans un organisme vieillissant.
Le problème n'est pas la prescription ponctuelle. C'est la durée. Ces médicaments sont conçus pour des traitements courts : quelques jours à trois semaines pour les troubles du sommeil, douze semaines maximum pour l'anxiété. Or, 40 % des ordonnances dépassent ces durées, selon l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Des mois, des années, parfois des décennies de prise quotidienne — sans que la question de l'arrêt ne soit jamais posée.
Insomnie Somnifères
Durée maximale recommandée
Quelques jours à 3 semaines
Anxiété Anxiolytiques
Durée maximale recommandée
12 semaines maximum
Réalité ⚠️ Constat ANSM
Ordonnances non conformes (durée trop longue)
40 %
Résultat : 13 % des plus de 65 ans — soit environ 1,9 million de personnes — reçoivent chaque année une prescription jugée « potentiellement inappropriée » par les chercheurs. En clair : un traitement trop long ou un médicament dont les effets persistent trop longtemps dans un organisme vieillissant.
Qui est le plus exposé — et pourquoi certaines régions sont en alerte
Les benzodiazépines ne frappent pas au hasard. L'étude de l'IRDES, qui a analysé dix ans de données du Système national des données de santé (2012-2022), pointe des profils et des territoires nettement plus touchés.
Les personnes souffrant de troubles psychiques sont les plus exposées : 53 % des patients atteints de névroses ou de troubles de l'humeur reçoivent des prescriptions inadaptées. Chez les personnes vivant avec la maladie d'Alzheimer, le taux atteint 30 % — alors même que ces médicaments sont associés à une aggravation des troubles cognitifs.
Géographiquement, la Bretagne, le Nord, le Limousin, la Champagne-Ardenne et la Gironde affichent les taux de prescriptions inadaptées les plus élevés du pays.
Autre donnée notable : les prescriptions inappropriées sont davantage observées chez les patients suivis par des médecins hommes plus âgés. Les femmes médecins ont, elles, davantage réduit leurs prescriptions entre 2015 et 2022.
Les personnes souffrant de troubles psychiques sont les plus exposées : 53 % des patients atteints de névroses ou de troubles de l'humeur reçoivent des prescriptions inadaptées. Chez les personnes vivant avec la maladie d'Alzheimer, le taux atteint 30 % — alors même que ces médicaments sont associés à une aggravation des troubles cognitifs.
Géographiquement, la Bretagne, le Nord, le Limousin, la Champagne-Ardenne et la Gironde affichent les taux de prescriptions inadaptées les plus élevés du pays.
Autre donnée notable : les prescriptions inappropriées sont davantage observées chez les patients suivis par des médecins hommes plus âgés. Les femmes médecins ont, elles, davantage réduit leurs prescriptions entre 2015 et 2022.
Chutes, fractures du col, trous de mémoire : les risques que personne n'explique
Le vrai piège des benzodiazépines, c'est qu'elles cessent de faire effet au bout de quelques semaines — mais leurs effets indésirables, eux, s'accumulent. Et chez les personnes de plus de 65 ans, le corps élimine ces substances beaucoup plus lentement qu'à 40 ans.
Les risques sont documentés depuis des années par la Haute Autorité de santé (HAS) :
Pourtant, 1 patient sur 3 qui prend ou a pris des benzodiazépines considère qu'il ne prend aucun risque, selon une enquête de l'ANSM publiée en 2025. L'agence a d'ailleurs lancé en avril 2025 une campagne nationale de sensibilisation, rappelant que ces médicaments sont « une aide temporaire, pas une solution permanente ».
Les risques sont documentés depuis des années par la Haute Autorité de santé (HAS) :
- Chutes et fractures : les benzodiazépines sont associées à un risque accru de chutes, première cause de fracture du col du fémur et d'hospitalisation chez les seniors
- Troubles de la mémoire et de l'attention : la prise prolongée est associée à des difficultés cognitives qui peuvent être confondues avec les premiers signes d'Alzheimer
- Somnolence diurne : avec des conséquences sur la conduite et les activités quotidiennes
- Dépendance physique et psychique : l'arrêt brutal peut provoquer un syndrome de sevrage grave (sueurs, palpitations, crises convulsives)
Comment savoir si vous êtes concerné — et que faire pour décrocher
Si vous prenez un somnifère ou un anxiolytique depuis plus de trois mois, vous êtes potentiellement concerné. Voici les noms des molécules les plus prescrites en France : alprazolam, oxazépam, zolpidem, bromazépam, lorazépam, zopiclone, prazépam, diazépam. Vérifiez votre ordonnance ou demandez à votre pharmacien.
L'arrêt ne doit JAMAIS se faire brutalement. Il doit être progressif, sur plusieurs semaines à plusieurs mois, sous surveillance médicale. L'objectif est de diminuer les doses par paliers pour éviter un syndrome de sevrage.
Les étapes à suivre : Pour en savoir plus sur les effets de ces médicaments et les stratégies d'arrêt, le site officiel pour-les-personnes-agees.gouv.fr propose un guide complet et accessible.
L'arrêt ne doit JAMAIS se faire brutalement. Il doit être progressif, sur plusieurs semaines à plusieurs mois, sous surveillance médicale. L'objectif est de diminuer les doses par paliers pour éviter un syndrome de sevrage.
Les étapes à suivre :
Étape 1 Consultation
Parlez-en à votre médecin traitant
C'est lui qui établira un protocole de réduction progressive des doses, sur plusieurs semaines à plusieurs mois
Étape 2 Diagnostic
Identifiez la cause de l'insomnie ou de l'anxiété
Dépression, douleur chronique, apnée du sommeil : des causes traitables autrement
Étape 3 Alternatives
Explorez les solutions non médicamenteuses
Relaxation, activité physique, psychothérapie, hygiène du sommeil (pas de sieste après 16h, chambre à moins de 18°C)
Étape 4 Réduction
Si l'arrêt total est difficile
Même une réduction de dose diminue les risques de chute et de troubles cognitifs
Sources :
- IRDES, « Les prescriptions potentiellement inappropriées de benzodiazépines chez les séniors restent élevées », Questions d'économie de la santé n°304, janvier 2026
- ANSM, « Campagne de sensibilisation au bon usage des benzodiazépines », avril 2025
- Pour-les-personnes-agees.gouv.fr, « Somnifères, anxiolytiques : attention aux effets secondaires des benzodiazépines », mis à jour juillet 2022
- INSEE, Bilan démographique 2024, janvier 2025
- IRDES, « Les prescriptions potentiellement inappropriées de benzodiazépines chez les séniors restent élevées », Questions d'économie de la santé n°304, janvier 2026
- ANSM, « Campagne de sensibilisation au bon usage des benzodiazépines », avril 2025
- Pour-les-personnes-agees.gouv.fr, « Somnifères, anxiolytiques : attention aux effets secondaires des benzodiazépines », mis à jour juillet 2022
- INSEE, Bilan démographique 2024, janvier 2025

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